Publicité

Mobilité des capitaux : Maurice veut séduire les grandes fortunes et les professionnels de la finance

Par Leena Gooraya-Poligadoo
Publié le: 18 avril 2026 à 09:25
Image
port-louis

Maurice affine sa stratégie pour renforcer l’attractivité de son centre financier international. Un atelier de haut niveau, réunissant acteurs publics et privés ce jeudi 16 avril, vise à définir des mesures concrètes pour positionner le pays comme une juridiction stable, compétitive et tournée vers l’avenir.

Dans un contexte international marqué par des incertitudes géopolitiques et une mobilité accrue des capitaux, le ministère des Services financiers et de la Planification économique a réuni l’ensemble de l’écosystème financier mauricien. L'objectif est clair : renforcer le positionnement du Mauritius International Financial Centre (MIFC) comme juridiction de référence pour les investisseurs internationaux.

Cet atelier de travail, organisé le 16 avril, s’inscrit dans le prolongement des orientations stratégiques validées par le Conseil des ministres. Il vise à identifier des mécanismes concrets, tant réglementaires qu’opérationnels, pour accroître l’attractivité du pays auprès d’une clientèle diversifiée : gestionnaires de fonds, grandes fortunes (HNWI), entreprises internationales et professionnels des services financiers.

Un pilotage de haut niveau pour des réformes rapides

À l’issue des discussions, un mécanisme de suivi de haut niveau sera mis en place sous la présidence de la ministre de tutelle, Jyoti Jeetun. Cette instance aura pour mission de piloter la mise en œuvre des mesures identifiées, d’assurer la coordination entre les différentes institutions et de lever les éventuels obstacles opérationnels. L’objectif est de garantir une exécution rapide et cohérente des réformes, dans une logique proactive.

Lors de son intervention, la ministre a souligné que les périodes d’incertitude mondiale incitent les investisseurs à revoir leurs stratégies d’implantation. « Ces derniers recherchent désormais bien plus qu’un simple avantage fiscal : ils privilégient des juridictions offrant stabilité, transparence, prévisibilité et qualité de vie », a-t-elle affirmé. Dans cette optique, Maurice entend se positionner comme une alternative crédible, capable d’accueillir aussi bien des individus que des structures d'envergure, telles que des sièges régionaux ou des centres de services partagés.

50e place mondiale dans le Global Financial Centres Index 2026

Les données internationales confirment cette tendance. En 2025, environ 142 000 millionnaires ont changé de pays de résidence, illustrant un mouvement global de relocalisation des richesses. Certains centres financiers ont su tirer parti de cette dynamique, à l’image de Singapour, qui a enregistré une progression notable du nombre de grandes fortunes sur son territoire.

Selon la ministre, Maurice dispose d’atouts structurels majeurs : stabilité politique, cadre réglementaire aligné sur les standards internationaux, réseau de conventions fiscales avec 45 pays partenaires et une offre complète de services (banque, assurance, gestion d’actifs et services fiduciaires). Ces éléments ont contribué à l’ascension du MIFC, désormais classé à la 50e place mondiale dans le Global Financial Centres Index 2026.

Quatre segments prioritaires identifiés

Les travaux de l’atelier, appuyés par les recommandations du Financial Services Consultative Council, ont permis de cibler quatre segments prioritaires :
1.    Les sièges régionaux et centres de services partagés.
2.    Les gestionnaires de fonds.
3.    Les grandes fortunes internationales.
4.    Les professionnels des services financiers.

Parmi les participants figuraient des représentants clés du secteur, notamment la Mauritius Bankers Association, Mauritius Finance, l’Economic Development Board, la Financial Services Commission et la Banque de Maurice, ainsi que des acteurs privés issus de banques, de sociétés de gestion et de cabinets de conseil.

L’ambition affichée est de rendre l’offre mauricienne plus compétitive à court terme, grâce à des procédures simplifiées, des dispositifs accélérés et une coordination institutionnelle optimisée.

 

Quelle est votre réaction ?
0
Publicité
À LA UNE