MMM : l’option d’un nouveau parti gagne du terrain dans la mouvance Bérenger
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
À mesure que s’approche l’assemblée des délégués du MMM, le samedi 11 avril, la perspective d’une recomposition politique autour de Paul Bérenger se précise, avec en toile de fond la création d’un nouveau parti.
La tenue de l’assemblée des délégués du Mouvement militant mauricien (MMM), annoncée pour le 11 avril, apparaît comme un tournant décisif dans la crise interne qui secoue actuellement la formation. Les délégués devront se prononcer sur le maintien ou non du MMM au sein du gouvernement. En amont de cette échéance, le bureau politique réuni lundi avec le groupe des quinze parlementaires favorable à un maintien au gouvernement a largement consacré ses travaux à la préparation de cette consultation. Il a demandé à ses membres de mobiliser les bases dans chaque circonscription afin de rallier le plus grand nombre de soutiens.
La mouvance emmenée par Paul Bérenger, toujours leader du MMM, ne compte pas prendre part à l’assemblée des délégués. La liste des participants est vivement contestée par Paul Bérenger, qui la qualifie de « pseudo-liste » et de « bidon ».
Lors d’une conférence de presse samedi, il a affirmé que, « dans une situation pareille, bien évidemment nous n’allons pas être présents », marquant ainsi une rupture formelle avec le processus interne en cours.
Malgré ces contestations, une action en justice visant à invalider cette liste ne semble pas envisagée à ce stade. Cette retenue judiciaire contraste avec les différentes options évoquées par Paul Bérenger lors du rassemblement militant du 28 mars au Plaza. Parmi celles-ci figuraient la possibilité de rester au parti en tant que tendance minoritaire, une tentative de renversement de majorité lors de l’assemblée des délégués, une bataille juridique pour conserver les attributs du parti et finalement la création d’une nouvelle formation politique.
Selon les informations disponibles, c’est désormais cette dernière option qui tend à s’imposer au sein de la mouvance Bérenger. Les discussions internes privilégieraient en effet la mise en place d’un nouveau parti, reléguant au second plan toute tentative de récupération du nom, de l’emblème ou de la couleur du MMM. Une telle orientation marquerait une rupture stratégique notable, en évitant un affrontement direct sur le terrain symbolique et juridique. Cette situation n’est pas sans rappeler la crise de 1993, qui avait conduit à la création du Renouveau militant mauricien (RMM). À l’époque, Paul Bérenger, minoritaire au bureau politique, mais majoritaire au comité central, contestait une ligne politique divergente, notamment sur les alliances. Deux actions judiciaires avaient alors été introduites devant le juge en chambre Vinod Boolell, aboutissant en 1994 à une décision favorable à Paul Bérenger sur la base des règles internes du parti.
Toutefois, des différences majeures distinguent les deux épisodes. En 1993, l’enjeu portait sur le contrôle des instances et des attributs du MMM, dans un contexte dans lequel Paul Bérenger conservait une assise significative au sein du comité central. Aujourd’hui, la dynamique semble inversée, avec une majorité structurée au sein du parti et une dissidence qui, plutôt que de contester juridiquement, semble s’orienter vers une recomposition externe.
À ce stade, la création d’un nouveau parti apparaît ainsi comme l’issue la plus probable pour la mouvance Bérenger. Si cette option venait à se concrétiser, elle ouvrirait une nouvelle séquence politique, redéfinissant les équilibres au sein de l’opposition comme de la majorité.