MMM : Cooptation au détriment des élections
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Le Défi Plus
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Lundi, lors de la réunion du bureau politique du Mouvement Militant Mauricien (MMM), le leader Paul Bérenger a annoncé son intention de coopter prochainement de nouveaux membres au Comité central et au Bureau politique.
Cette annonce n’a pas vraiment surpris les dirigeants du MMM. Depuis quelque temps, plusieurs s’y attendaient, estimant que le leader ne contrôle plus pleinement ces deux instances du parti. Ce rapport de force défavorable expliquerait son hésitation autour de sa démission comme Premier ministre adjoint. À deux reprises, il avait envisagé de quitter ce poste pour siéger comme simple député de la majorité, avant de revenir sur sa décision.
De nombreux dirigeants du MMM estiment que cette décision de coopter de nouveaux membres vise avant tout à reconstituer une majorité autour du leader au sein des instances du parti.
Ces dirigeants parlent de « manœuvre » car, selon eux, la cooptation ne se justifie pas dans le contexte actuel. Ils estiment que les élections internes auraient dû être organisées. « A-t-on encore la légitimité de dire que le MMM est un parti démocratique alors que les élections du Comité central n’ont pas été organisées depuis 2018 ? Dites-vous bien, depuis des années », s’interroge un dirigeant du parti.
Comme plusieurs autres membres, il considère que le leader ne devrait pas user d’une pratique exceptionnelle, comme la cooptation, au détriment du choix des militants, qui devrait normalement s’exprimer à travers les urnes internes.
Il faut rappeler que les élections du Comité central ont, par le passé, parfois donné lieu à des situations inattendues, avec la non-élection de certains dirigeants en vue. Ces précédents expliquent-ils aujourd’hui les réticences de la direction à organiser de nouveaux scrutins internes ? L’avenir le dira.