Misley Mandarin souhaite des tests ADN pour recenser les «vrais» Chagossiens
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Le Défi Quotidien
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Installé depuis février sur l’atoll de Peros Banhos dans l’archipel des Chagos, Misley Mandarin, qui se présente comme le « First Minister » du gouvernement chagossien autoproclamé, a officiellement lancé un projet de base de données ADN pour identifier les « vrais » Chagossiens. Misley Mandarin a adressé, le 14 avril, une lettre officielle à la secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, au Commonwealth et au Développement, Yvette Cooper, dans ce sens. Le courrier, émanant du siège du « gouvernement chagossien » situé à Romford, Essex, au Royaume-Uni, informe de l’initiative en cours visant à établir une base de données ADN pour le peuple chagossien et sollicite une rencontre entre le Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO) et les Chagossiens du British Indian Ocean Territory (BIOT) à Maurice.
Dans ce courrier, Misley Mandarin indique que ce projet est conduit « avec des cabinets spécialisés en Suisse, aux côtés de représentants juridiques d’Imperium Chambers et du Great British PAC, et soutenu par une importante firme suisse ». L’objectif est de « combler les lacunes de longue date dans la documentation historique ». Il note que « de nombreuses personnes dotées d’un héritage chagossien authentique n’ont pas pu prouver leur lignée, tandis que des cas de mauvaise utilisation des procédures ont également été constatés ».
Le texte souligne particulièrement les préoccupations à Maurice, où « des individus cherchent à revendiquer le statut chagossien afin d’obtenir des droits associés à la citoyenneté britannique, y compris des passeports et la résidence au Royaume-Uni, sans héritage légitime, tandis que de nombreux Chagossiens authentiques continuent de rencontrer des difficultés pour prouver leurs revendications légitimes ».
La lettre cite la déclaration de l’avocate Karesha Turner, représentante des Chagossiens : « Nous allons établir une base de données ADN pour le peuple chagossien. Cela ira au-delà des lignées familiales actuellement reconnues et aidera à établir le véritable dossier historique. Pendant des décennies, il a été affirmé à tort, au niveau international et au Parlement, qu’il n’y avait pas de population permanente sur les îles Chagos. Ce travail aidera à régler cette question une fois pour toutes, et à reconnaître les Chagossiens comme un peuple distinct, malgré leur déplacement vers Maurice et les Seychelles. »
Misley Mandarin insiste sur le caractère inclusif du projet : « Cette initiative est destinée à être inclusive, transparente et dirigée par la communauté ». Il précise que « l’ADN n’est pas proposé comme seul déterminant de l’identité, mais comme un outil de soutien aux côtés des dossiers historiques, des histoires orales et de la reconnaissance communautaire ». Son but est « de renforcer l’intégrité de l’identité chagossienne, de combler les lacunes dans la documentation et de corriger le dossier historique, et non d’exclure des membres légitimes de la communauté ou de restreindre leurs droits ».
Le courrier conclut en demandant expressément que le FCDO rencontre « un groupe large et représentatif de Chagossiens du BIOT à Maurice, reflétant la pleine diversité des points de vue et des expériences, plutôt qu’un nombre limité de voix ». Misley Mandarin se dit prêt à « organiser et faciliter une telle réunion, en veillant à ce qu’une large section de la communauté puisse participer ». Il affirme que cet engagement « permettrait d’obtenir des informations précieuses sur les réalités sur le terrain et aiderait à garantir que la politique future soit informée, inclusive et crédible ».
La lettre est copiée à Stephen Doughty, ministre britannique des Territoires d’outre-mer. Aucune information n’est cependant fournie sur les modalités techniques des tests ADN ni sur le calendrier précis de mise en œuvre.