Misley Mandarin, l’homme qui défie les autorités aux Chagos
Par
Alwin Sungeelee
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Alwin Sungeelee
Une image interpelle depuis hier : celle de Misley Mandarin, en compagnie de quelques proches, accostant l’île du Coin, dans l’atoll de Peros Banhos, au sein de l’archipel des Chagos. À n’en point douter, il s’agit du dernier coup d’éclat de celui qui s’est autoproclamé Premier ministre des Chagossiens en exil. Acte de provocation ou geste légitime ? Portrait d’un homme qui défie à la fois les autorités mauriciennes, britanniques et américaines.
Ancien cuisinier dans l’armée britannique, Misley Mandarin a grandi à Maurice avant de s’installer au Royaume-Uni, où il travaillait encore récemment comme formateur de chauffeurs d’autobus à Transport for London.
Dans son périple, il est notamment accompagné de son père, Michel Mandarin, âgé de 72 ans, qui n’avait que 10 ans au moment du déracinement. Son oncle, Fernand Mandarin, a été l’un des premiers à mener bataille pour la reconnaissance des droits des Chagossiens. Misley Mandarin affirme aujourd’hui avoir repris le flambeau de ce combat.
Il y a 24 ans, il quitte Maurice pour l’Angleterre et rejoint la British Army. En 2011, lors d’un voyage dans l’archipel des Chagos, il aperçoit deux raies géantes dans le lagon. Une véritable révélation, une épiphanie, selon ses propres mots. C’est à partir de ce moment-là qu’il dit avoir décidé de se battre pour les droits de son peuple.
Mais le personnage divise, y compris au sein de la communauté chagossienne à Londres. Bertrice Pompée, autre figure de la cause, désapprouve vivement le fait qu’il se soit autoproclamé Premier ministre des Chagossiens en exil.
On se souvient qu’en 2012, Allen Vincatassin, un autre Chagossien vivant en Angleterre, avait lui aussi créé la polémique en se proclamant président des Chagos. Mais Misley Mandarin va encore plus loin. Depuis hier, il affirme vouloir s’installer durablement dans l’archipel. Grâce à une antenne Starlink, il communique avec le reste du monde via sa page Facebook.
Il affirme même avoir déjà désigné deux Chagossiennes qui, selon lui, feront office d’agentes d’immigration des Chagos, avec des vignettes de visa d’entrée et de sortie déjà imprimées.
Alwin Sungeelee