Misley Mandarin depuis Peros Banhos : «Je mourrai pour mon pays»
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Depuis l’atoll de Peros Banhos, dans l’archipel des Chagos, Misley Mandarin, qui se présente comme le First Minister des Chagos, a effectué un direct, mercredi, grâce à une connexion établie via le réseau satellitaire Starlink. Il s’y trouve depuis lundi, après avoir accosté illégalement en compagnie de plusieurs personnes, dont trois Chagossiens — parmi lesquels son père Michel, âgé de 72 ans — ainsi que l’ex-député britannique Adam Holloway, membre du parti d’extrême droite britannique Reform UK.
Au cours de cette intervention en ligne, Misley Mandarin est revenu sur la visite d’une patrouille du British Indian Ocean Territory (BIOT) dans la journée. « Aujourd’hui a été une journée très, très intéressante », a-t-il déclaré en introduction. Il a ajouté : « Comme vous le savez probablement si vous nous suivez, nous avons reçu aujourd’hui la visite d’une patrouille du BIOT qui est venue nous remettre un ordre d’évacuation… »
Brandissant le document face caméra, Misley Mandarin a poursuivi : « En gros, ce morceau de papier ne signifie rien pour moi parce que nous sommes les habitants et les propriétaires de ces îles. Le BIOT n’a pas le droit de nous exiler ou de nous retirer une seconde fois. Nous allons rester et n’irons nulle part. Nous avons des avocats qui nous conseillent sur la légalité. »
Il a affirmé qu’il n’y aurait « aucune illégalité » quant à leur présence : « Ils ne peuvent pas retirer des Chagossiens de leur terre natale. » Reprenant une étude commandée sous le gouvernement de coalition de David Cameron et Nick Clegg, il a précisé : « Le gouvernement de coalition a mandaté KPMG en 2000, si je ne me trompe pas, en 2012 ou 2014. L’étude indiquait clairement qu’aucun obstacle légal n’empêche les Chagossiens de rester sur leur île. »
Insistant sur sa détermination, Misley Mandarin a ajouté : « Je suis sur mon île maintenant et je n’irai nulle part. » « Mon père, qui a 72 ans, Antoine, 67 ans, Pascal et moi, un peu plus jeune. Nous faisons cela pour notre peuple. »
Rappelant une déclaration précédente, Misley Mandarin a assuré : « Dans l’une de mes premières interviews à la télévision, j’ai dit que je mourrai pour mon pays. Je le pense vraiment. Ils me retireront d’ici mort. Je n’irai nulle part. » Selon lui, l’enjeu dépasse la simple présence : il s’agit de dignité et de reconnaissance pour les Chagossiens. « Il est très important de comprendre pourquoi nous nous battons. Nous nous battons pour notre dignité, pour notre peuple et pour le respect. Il est temps de respecter les Chagossiens. »
Il a également dénoncé ce qu’il qualifie de « capitulation » : « Nous travaillons dur pour arrêter cet accord de capitulation dans lequel les Chagossiens ne sont pas consultés. Nous allons mettre fin à cette injustice que les Chagossiens subissent depuis plus d’un demi-siècle. » Misley Mandarin a conclu en adressant un message de soutien à la communauté : « Respect à vous, Chagossiens, qui nous suivez pendant que nous faisons cela pour vous et pour vos générations futures. Et nous allons gagner. »
Se présentant comme le First Minister des îles Chagos, il a affirmé disposer d’un soutien juridique : « Nous avons beaucoup d’avocats qui nous aident. J’ai même un avocat qui veut être Attorney General au sein de mon gouvernement. Les choses vont dans la bonne direction. »