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Mirella, la mère de Ketiana : «Tou le zour inpe pli difisil ki lavey»

Une relation fusionelle avec sa maman Mirella.
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La petite est tombée du 2e étage.
La petite est tombée du 2e étage.

Ketiana, du haut de ses huit ans, était une petite fille attachante, amusante, joviale, qui apportait du bonheur à tous ceux qui la côtoyaient. Ses parents, Mirella et Tony, étaient fiers de leur petite princesse. À son âge, elle avait tout d’une grande. Elle aidait les autres enfants à travers le travail social. Intelligente et appliquée à l’école, elle voulait être banquière ou professeur de mathématiques. Mais en l’espace de quelques secondes, ses rêves et ambitions se sont envolés et toute cette joie de vivre s’est estompée.

Le lundi 13 mars, alors que la petite était sur le balcon de son appartement à la NHDC de Palma au deuxième étage, elle a fait une chute. Grièvement blessée, l’enfant n’a pas survécu. Sa disparition soudaine et tragique laisse un immense vide auprès de sa famille. Chaque jour qui passe sans elle est un véritable supplice.

«  Tou le zour pli diffisil pou mwa ki la vey », lâche le cœur lourd Mirella, la maman de Ketiana. La petite était la prunelle de ses yeux. Issue d’une fratrie de quatre enfants, Ketiana était la benjamine. Elle était entourée de ses trois sœurs. Mirella s’occupe d’une école maternelle et est également engagée dans le travail social auprès des enfants de la localité. « Depuis qu'elle est dans mon ventre, je fais du travail social. Quand elle est née, elle est venue avec moi. Elle m'a aidé avec les autres enfants. Le samedi, nous allons au MIE pour donner des cours gratuits d'anglais et de français aux enfants. Ketiana venait avec moi, elle aidait aussi les autres », confie Mirella.

Son engagement dans cette activité extrascolaire l'a aidée à se développer. « Elle était mature pour son âge. Li ti enn leader », dit sa mère avec fierté. Elle se rappelle que lorsque le pays avait été frappé par la COVID-19 en 2020, « elle était venue avec nous pour faire des dons », se souvient-elle.

La petite fréquentait l'école St Enfant Jésus, RCA, à Rose-Hill. « Sa maîtresse l'aimait beaucoup », et pour cause, la petite était intelligente, rigoureuse et appliquée quand il s'agissait de ses études. « Tous les jours, elle appelait son oncle sur WhatsApp. Ce dernier l’aidait à faire ses devoirs. Ma fille aimait lire. Elle empruntait des livres à la médiathèque de l'Institut Français de Maurice », nous explique la mère. Mais la matière de prédilection de Ketiana était les maths.

Sa matière préférée était les maths 

Le lundi 13 mars, alors que je l'emmenais à l'école, ma fille m'a dit : « Mama to kone, mo  pli kontan fer matematik. Mo pou travay dan labank ou mo pou fer profeser matematik ». La petite avait même trouvé des cobayes pour commencer son apprentissage. « Nou ena kat zwazo et Ketiana ti kontan fer miss ek zot  », ajoute-t-elle.

Un petit ange parti trop tôt.
Un petit ange parti trop tôt.

Attachante et amusante, elle a su toucher le cœur de tous ceux qui la connaissaient ou qu'elle a croisés. « Tout le monde la connaissait dans le quartier. Elle ne manquait jamais une occasion de saluer petits et grands, même ceux qu'elle ne connaissait pas. Li ti kontan partaze ek li konn met lord kan ena lager  », explique Mirella. Et cette anecdote que cette dernière n'oubliera jamais : « Pour la Saint-Valentin, Ketiana a reçu un bandeau avec un petit mot : ‘Pou mo tiser, bonn fet’. Ma fille a porté le bandeau pour l'indépendance », dit-elle avec peine.

Ketiana était un veritable  boule d'energie.
Ketiana était un veritable boule d'energie.

La petite se réveillait tôt le matin. « Avec sa sœur, elles aimaient aller acheter le pain dans un commerce situé à quelques mètres de la maison. C’était un genre de rituel. Ketiana en profitait pour acheter des friandises. Je la voyais sur le parking depuis notre appartement au deuxième étage. La dernière fois, je l'avais réprimandée. Je lui ai dit qu'elle mangeait trop de bonbons. En parcourant son portable tout dernièrement, j'ai vu qu'elle avait pris plusieurs photos avec les friandises. Elle les mettait ensuite dans le réfrigérateur et les mangeait le lendemain », se souvient Mirella.

Depuis cette disparition, cette mère meurtrie ne cesse de guetter par la fenêtre. Elle ressent encore la présence de sa fille. « Nou mem kone ki kalite soufrans nou pe pase. Mo ankor pa krwar ki linn kit nou. Sak fwa mo get dan sa parking la, koma dir mo pe trouv li vini  », confie tristement Mirella. Ils étaient nombreux à venir au domicile de la petite pour lui rendre hommage. « Des élèves, ses amis, des parents, tous sont venus la voir une dernière fois. Le lundi où je suis allée la récupérer à l'école, son institutrice lui souriait… Personne ne pouvait imaginer que c'était la dernière fois qu'elles se verraient », explique Mirella. Les habitants de la NHDC ont tenu à être présents pour soutenir la famille dans ce moment pénible. « Elle était une fille vraiment joviale. Elle était débrouillarde. C'est triste, car je l'ai vue naître et grandir… Sa mort nous bouleverse tous », confie une résidente.

Le drame après une journée mémorable

Le lundi 13 mars restera à jamais un jour mémorable pour la petite Ketiana. « Elle avait dansé pour la fête de l'Indépendance à l'école ce jour-là. Pour cela, ma fille avait fait une répétition la veille avec son père. Quand je suis passée la prendre après les heures de classe, elle était tout heureuse et m'a dit qu'elle avait bien dansé », se souvient sa maman. À la maison, la petite avait fini ses devoirs vers 16 h 45. En début de soirée, alors que sa mère s'occupait de la cage d’oiseaux à l'intérieur de la maison, le malheur est survenu. La petite, qui jouait dehors, est tombée du balcon situé au deuxième étage. « Je pensais que c'était un pot de fleurs qui était tombé. Lorsque je suis sortie, j'ai vu ma fille au sol. » Malgré l'intervention prompte des voisins pour l'aider et la transporter à l'hôpital de Candos, la petite Ketiana n'a pas survécu à cette terrible chute.
 

 

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