Interview

Min Lee, Chief Executive Officer de Red Dot : «Dans l’économie du savoir, le maître mot est l’innovation»

Min Lee

Min Lee, Chief Executive Officer de Red Dot, juge important de restructurer l’industrie locale en misant sur l’innovation pour que Maurice soit plus compétitive à l’exportation. Entretien avec cette Singapourienne.

Quelles sont vos réalisations dans le monde de l’entrepreneuriat ?
Nous avons par exemple développé les premières applications préinstallées sur l’iphone, conçu les premiers programmes d’engagement numérique du millénaire pour les banques et créé le premier écosystème de données volumineuses autour des patients atteints de cancer. Nous avons constitué des équipes, repoussé les limites de la technologie et vendu des entreprises.

Les entrepreneurs mauriciens ont-ils aisément accès aux plans d’aide destinés aux PME ?
Maurice est naturellement très entrepreneurial. Il y a une bonne volonté de la part du gouvernement pour aider les entrepreneurs, par exemple avec la création de SME Mauritius et des plans de financement pour les microentreprises. La prochaine étape consiste à savoir comment l’utiliser pour une innovation de grande valeur, afin d’accroître réellement la valeur de l’innovation. À mon avis, les entreprises mauriciennes sont plutôt ‘human-intensive’.

Quelles sont les difficultés auxquelles les entrepreneurs font face en ce moment ?
Une des difficultés majeures rencontrées par les nouveaux entrepreneurs est que ces derniers ont du mal à commercialiser leurs produits au démarrage de leur compagnie. Trop peu d’entreprises et d’entrepreneurs mauriciens choisissent des stratégies qui mettent l’accent sur l’innovation. Je les conseille d’innover régulièrement leurs produits. Chaque entreprise doit être attentive à de nouvelles occasions d’affaires à l’expansion du business. Du coup, le retard dans la croissance de la productivité est dû à un degré insuffisant d’innovation. L’innovation est faible ici, non parce que les personnes sont incapables d’innover mais plutôt parce que l’on n’encourage pas l’esprit d’entreprise.

Que pensez-vous de la Fin Tech ?
Je note l’émergence de la Fin Tech et le projet de faire de Maurice un ‘hub’ pour l’Afrique. Les technologies pour améliorer les activités financières sont pour la plupart déjà disponibles à Maurice. Les start-ups doivent utiliser les technologies du numérique, du mobile, de l’intelligence artificielle afin de fournir des services financiers de façon plus efficace et moins chère.

Vous parlez de l’innovation, quelle est son importance au sein d’une compagnie ?
Un entrepreneur doit se démarquer pour survivre. Le seul moyen de le faire c’est par l’innovation. L’innovation est un facteur déterminant de la compétitivité et de la rentabilité des entreprises à Maurice. L’innovation peut lui donner des avantages, en améliorant sa productivité, sa croissance et sa rentabilité. L’innovation aide aussi à anticiper plus rapidement les changements du marché pour en tirer profit.

Quels sont vos projets ?
Maurice peut certainement devenir la porte d’entrée de l’Afrique. Je pense que c’est une bonne vision à avoir, mais nous devons être très intelligents dans notre façon de procéder. On est à Maurice pour former les entreprises sur l’innovation. La prochaine étape consiste à trouver un équilibre entre le leadership et l’innovation ascendante.