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Milieu carcéral : les nouvelles mesures sous la loupe

Les détenus seront soumis à un nouveau régime. La cigarette et l’argent de poche reçus des proches seront bientôt de l’histoire ancienne. Il y aura également une révision du nombre de visites accordées à la famille et aux hommes de loi. De plus, le nombre de produits disponibles à la supérette de la prison a été drastiquement réduit. Ces mesures sont diversement acueillies...

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La cigarette sera interdite en milieu carcéral, à partir du 1er novembre. Le Commissaire des prisons l’a annoncé à la presse le jeudi 23 août. Le but, selon Vinod Appadoo est de rendre les prisons eco-friendly. Dominique Chan Low, coordinator au sein de l’association Kinouété estime que cela devrait se faire « graduellement et non brusquement ». Selon le travailleur social, cette mesure pourrait créer une certaine « frustration au sein de la population carcérale ».

Un avis que partage un détenu qui a témoigné sous le couvert de l’anonymat. « En prison, un détenu irait jusqu’à vendre son corps pou enn bout sigaret. Pour certains, fumer est un moyen de s’évader. Je dis cela sans jeu de mot. Cette interdiction aura des conséquences fâcheuses », dit-il.

Fini l’argent de poche

Auparavant, chaque semaine, un détenu pouvait recevoir un maximum de Rs 1 000 de ses proches. Ce sera bientôt de l’histoire ancienne. Dominique Chan Low accueille bien cette mesure. Selon lui, ce montant était « exorbitant ». « D’autant que cet argent était au cœur de plusieurs trafics, comme souligné dans le rapport Lam Shang Leen », dit-il. Désormais, les prisonniers devront travailler dans les divers ateliers des prisons afin de toucher leur argent de poche, indique-t-on  au niveau du département Welfare de la prison.

40 produits sur les étals

L’administration pénitentiaire a ramené à 40 le nombre de produits disponibles à la supérette de la prison. Selon Dominique Chan Law, de toute manière avec moins d’argent, les prisonniers acheteront moins de produits.
Du côté des détenus, on estime que cette mesure est un retour en arrière.  « La cantine n’existait pas au sein de la prison. C’est une initiative de l’ancien commissaire des prisons, Jean Bruneau. C’était une très bonne idée. Cela a grandement amélioré le quotidien des détenus », confie un détenu.

« La cantine de la prison est à la fois un luxe et une nécessité », résume, pour sa part, Eshan Dotip, un ex-détenu, intérrogé par Le Dimanche/L’Hebdo.

Moins de visites

Le nombre de visites sera également revu. Qu’il s’agisse des proches ou des hommes de loi. « Dans la pratique, les détenus (es) on remand bénéficieront de deux visites par mois tandis que les condamnés ne seront autorisés à recevoir qu’une seule visite », explique un officier du département Welfare. Et de préciser que si ces derniers font preuve de bonne conduite, il auront droit à deux visites par mois. « Nous sommes encore dans le flou concernant la réduction du nombre de visites », souligne Dominique Chan Low.

La Commission des droits de l’homme veillera au grain. Ses membres interviendront si le droit des visites accordé aux proches des détenus n’est pas respecté. « D’ailleurs, nous effectuerons des visites surprises et routinières à la demande des détenus », précise-t-on.

Vinod Appadoo  : « La prison est avant tout un lieu d’incarcération »


Selon le commissaire des prisons, Vinod Appadoo, « le département pénitentiaire ne peut accorder toutes les facilités aux détenus ». « Il ne faut pas oublier pas que la prison est avant tout un lieu d’incarcération », dit-il.

 

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