Michael Sik Yuen : «En réalité, le diesel devrait se vendre à Rs 109,77 le litre»
Par
Leena Gooraya-Poligadoo
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Leena Gooraya-Poligadoo
Face à la hausse des prix des carburants, le ministre du Commerce Michael Sik Yuen explique les raisons de ces ajustements. Il évoque notamment l’épuisement du Price Stabilisation Account, les pertes de la State Trading Corporation et les tensions internationales. Il assure toutefois que des mesures sont prises pour limiter l’impact sur les consommateurs.
Les prix de l’essence et du diesel viennent d’augmenter. Quelles sont les principales raisons derrière cette décision ?
Cette hausse était inévitable. Beaucoup s’interrogeaient d’ailleurs sur le fait que le prix de l’essence n’ait pas été ajusté plus tôt. Jusqu’ici, nous avions pu amortir les fluctuations grâce à un « buffer » de Rs 500 millions au sein du Price Stabilisation Account (PSA). Or, ce fonds est aujourd’hui épuisé et nous faisons même face à un déficit d’environ Rs 7 millions.
En réalité, une hausse d’au moins 20 % aurait été nécessaire. Toutefois, nous avons respecté le plafond de 10 % afin de limiter l’impact sur les consommateurs. Actuellement, pour chaque Rs 100 perçues, la STC enregistre une perte d’environ Rs 20. Sans ce mécanisme de plafonnement, les prix auraient été bien plus élevés.
Qu’en est-il pour le diesel qui a déjà dépassé la barre de Rs 70 le litre ?
La situation du diesel est encore plus préoccupante. Nous avons hérité d’un déficit de plusieurs milliards de roupies. En réalité, le prix du litre de diesel devrait se situer autour de Rs 109,77. Aujourd’hui, pour chaque Rs 100, la STC perd environ Rs 34. Le déficit du PSA pour le diesel s’élève à environ Rs 3,1 milliards. Cela illustre clairement l’ampleur des pressions financières auxquelles nous faisons face.
Faut-il s’attendre à de nouvelles hausses dans les mois à venir ?
Tout dépendra de l’évolution du contexte international, notamment des conflits géopolitiques. Aussi longtemps que ces tensions persisteront, les prix du pétrole resteront sous pression. À titre d’exemple, notre dernier cargo a quitté le port juste avant une accalmie dans le conflit, ce qui nous a coûté environ 20 % de plus. Si la situation ne s’améliore pas, d’autres augmentations pourraient malheureusement être envisagées.
Quel sera l’impact concret de cette hausse sur l’économie et le pouvoir d’achat des ménages ?
L’impact est direct et transversal, en particulier sur les coûts de transport et de distribution, ce qui finit par se répercuter sur les prix des biens et services. Certains évoquent la suppression des taxes pour alléger la facture. À titre d’exemple, si une taxe d’environ Rs 10 avait été retirée, le diesel aurait dû être vendu à près de Rs 99 le litre. Or, nous avons maintenu le prix à Rs 71. Cela montre que l’État absorbe une partie importante des hausses. Notre objectif est justement de protéger au maximum les consommateurs en évitant de leur transférer l’intégralité du fardeau.
Le Petroleum Pricing Committee (PPC) s’est réuni à un intervalle relativement court. Faut-il s’attendre à des réunions plus fréquentes à l’avenir ?
Le PPC se réunit chaque fois que la situation l’exige. Bien que la loi prévoie une réunion tous les quatre mois, il peut se réunir plus fréquemment si nécessaire, voire avant ce délai. Par exemple, le comité s’est réuni le 5 novembre dernier, soit avant l’échéance prévue, afin de procéder à une baisse des prix de l’essence. Que ce soit pour ajuster les prix à la hausse ou à la baisse, le PPC conserve cette flexibilité pour intervenir rapidement en fonction des évolutions du marché.