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Michael Atja, 49 ans, tué par son «grinder» : «Li ti al rod lavi, linn perdi so lavi», dit son père

Jean Joseph Michael Atja etait passionne par son metier et a droite le lieu de l'incident.

Deux ouvriers sont morts en l’espace d’une semaine après avoir été blessés par un « grinder » qu’ils manipulaient. Ces deux accidents du travail sont survenus à Triolet et à Terre-Rouge.

Jean Joseph Michael Atja, 49 ans, a toujours été un travailleur acharné et passionné. Ce soudeur domicilié à Triolet sacrifiait régulièrement week-ends et jours fériés pour arrondir ses fins de mois. Le destin s’est cependant montré cruel envers ce père de deux enfants. Lundi, alors qu’il découpait du bois avec un « grinder » chez un particulier de la localité, chez qui il effectuait des travaux de rénovation, l’impensable s’est produit. L’appareil lui a échappé des mains et l’a mortellement blessé à l’abdomen.  

Le père du disparu, George, 79 ans, est dévasté. Il n’aurait jamais pensé devoir enterrer un fils. À la rue Dispensaire, c’est la consternation. Alors que les proches s’attellent à installer une salle verte pour la veillée mortuaire, George ne peut tenir en place. Il regrette de n’avoir pu parler à son fils avant qu’il ne se rende au travail, d’autant qu’ils avaient eu une banale dispute la veille au soir alors qu’ils regardaient le Tour de France. 

Aux petits soins

Michael était le second de ses quatre enfants. Il habitait à l’étage de la maison familiale. Depuis qu’il avait eu le malheur de perdre son épouse, en 2010, Michael était aux petits soins pour lui. George a toujours été fier de ses accomplissements. N’ayant pas eu de succès dans ses études, il s’était lancé dans le monde du travail très jeune. Ayant pris goût aux travaux de soudure, il en avait fait son métier, explique George. 

Au fil des années, Michael s’est bâti une solide réputation dans ce domaine. Il était apprécié pour son dévouement et son savoir-faire. Nombreux sont ceux qui, dans la localité, ont déjà fait appel à ses services. « Zot tou vinn rod li pou travay. Li ena so lanprint kot bokou dimounn dan Triolet. Me pa zis dan landrwa isi, lot plas osi », confie George. 

Il se rappelle aussi de cette belle anecdote : une société renommée avait fait appel à lui et était venu le récupérer bien qu’il ait bu quelques verres. « Elle voulait absolument mon fils pour un travail. Ce jour-là, il était saoul. Malgré tout, on l’a récupéré et le travail avait été bien fait », raconte George. 

Le quadragénaire ne négligeait pas son fils de 14 ans et sa fille de 17 ans. « Il faisait de son mieux pour soutenir sa famille », glisse le vieil homme. 
Il se souvient des derniers moments passés avec Michael. C’était la veille de l’accident. « Li ti inpe deranze. Mo pe get Tour de France. Li pe koz ek televizion. Monn dir li Michael aret fer sa. Linn agass mwa. Lerla monn al get enn fim lor mo portab monn less li », lâche George. Il était loin d’imaginer que cela allait être leur dernière conversation et regrette de s’être fâché avec lui. 

Michael s’est réveillé tôt ce lundi pour se rendre chez un voisin, quelques mètres plus loin. Puis, cela a été le drame. « On est venu m’informer que mon fils avait été victime d’un accident. Je n’en ai pas cru mes oreilles en apprenant sa mort. Li ti al rod lavi, linn perdi so lavi. Inn gagn wit zour so kouzinn inn mor. Li pann ale, li ti pe travay… Zot inn dir mwa pa bizin mo al laba », pleure George. 

Lily Atja, la belle-sœur de Michael, qui habite la même cour, est effondrée par cette disparition. « Li ti touletan la pou ed dimounn. Ziska ler mo pa kwar linn mor koumsa », confie la jeune femme. 

Michael laisse une famille anéantie. Ses funérailles ont eu lieu mardi. Ceux présents ont tenu à lui rendre un vibrant hommage. 

 

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