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Meurtre à Petit-Raffray - de l'accueil chaleureux à l’horreur : les derniers instants de Soobhawtee Jugessur

Par Le Défi Plus
Publié le: 27 June 2026 à 18:00
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Soobhawtee Jugessur, une mère courage et une femme généreuse, a été tuée à son domicile. Le suspect avait eu accès à la maison de la victime quelques instants avant le meurtre.
Soobhawtee Jugessur, une mère courage et une femme généreuse, a été tuée à son domicile. Le suspect avait eu accès à la maison de la victime quelques instants avant le meurtre.
  • « Paisa naiiba, nikal » : les supplications de la sexagénaire avant d’être tuée 

Elle était de nature généreuse et ne voyait que le bien autour d’elle. Soobhawtee Jugessur, âgée de 63 ans, faisait partie de ces personnes qui donnent sans rien attendre en retour. Depuis la mort de son époux, cette mère de famille vivait seule au rez-de-chaussée de la maison familiale à Petit-Raffray, tandis qu’une nièce occupait l’étage supérieur. Son fils, Sanju, vit en Irlande et sa fille, Deeya, réside dans les Plaines-Wilhems.

Malgré son âge, Soobhawtee travaillait encore. Mais une visite, le samedi 20 juin en début de soirée, a viré au drame. Pensant être en présence d’un ami venu lui vendre des semences, elle lui a ouvert sa porte, lui permettant d’entrer dans la maison. Elle ne se doutait pas une seconde qu’elle laissait entrer son bourreau.

Une heure plus tard, l’inconnu s’est jeté sur la veuve sans défense. Malgré ses supplications, il l’a étranglée jusqu’à ce que mort s’ensuive. Le suspect a passé trois heures dans la maison avant que les proches ne découvrent le corps de la sexagénaire. Il s’est enfuit par une fenêtre cette nuit-là. Depuis, il est activement recherché. Retour sur les derniers instants de cette femme connue pour sa grande bonté.

Cela faisait plusieurs années que Soobhawtee travaillait dans une usine à Île d’Ambre, dans le nord du pays. Samedi après-midi, après le travail, comme à son habitude, elle prend le bus pour rentrer chez elle. Vêtue d’un sari bleu et portant deux sacs — l’un accroché à l’épaule, l’autre au bras — elle marche seule.

À 17 h 55, elle arrive devant son portail et l’ouvre. Elle referme derrière elle, avance jusqu’à la porte de la maison, pose un sac et tente de sortir ses clés de l’autre.

À peine quelques secondes plus tard, un individu se présente devant le portail. Les chiens du voisinage se mettent à aboyer. Il s’adresse à elle en hindi et lui demande : « Ou res isi ? » Elle s’approche du portail pour lui répondre. L’homme porte un t-shirt à rayures noires et blanches, une sorte de capuche qui lui masque le visage ainsi qu’un tissu autour du cou. Il tient un sac à la main. « Kisana twa ? », demande la sexagénaire. Il lui répond qu’il travaille « au bureau ». « Ma mère pensait qu’il s’agissait d’un collègue de l’usine ayant la même posture », explique Sanju, le fils de la victime.

« Ena lisien ? », demande ensuite l’inconnu. Rassurée, et ne se doutant de rien, elle répond par la négative et ouvre le portail pour le laisser entrer. Il est 17 h 56. Sur une caméra de surveillance située en face de la porte, le suspect apparaît brièvement. Il pose le sac bleu qu’il portait à l’épaule et prend soin de ne pas se placer face à la caméra. Il garde la tête baissée jusqu’à ce que la sexagénaire ouvre la porte. Elle entre dans la maison, allume la lumière et s’excuse presque du désordre. En deux minutes à peine, il se retrouve à l’intérieur. « To sorti travay aster-la ? »,  lui demande-t-elle. Il lui répond qu’il ne s’y est pas rendu. Soucieuse, elle l’invite à poser son sac sur la table. Il dit vendre des semences de plantes et de légumes. « Ma mère adore planter. Lorsqu’il a mentionné les graines, cela a immédiatement suscité son intérêt », raconte son fils.

Le suspect s’assoit et ouvre des sachets contenant les graines. Son hôte lui demande différentes variétés. Puis elle lui propose à boire et à manger. « Babou, beta… to le bwar, manze… ? Ma mère lui parlait comme à son propre enfant », confie Sanju.

À un moment, Soobhawtee quitte brièvement la pièce. Il est 18 h 03. Profitant de son absence, l’individu s’avance vers la porte et tente de la refermer, mais n’y parvient pas. « Sa laport la kase sa, li bizin ferme a kle ek lakle-la ti ar mo mama sa ler-la », explique son fils.

Constatant son échec, le suspect retourne s’asseoir. Lorsque la sexagénaire revient, elle lui propose de préparer des nouilles instantanées. « Mwena enn pake », lui dit-elle. Selon son fils, « il voulait à tout prix garder maman occupée ». Elle lui demande même d’ouvrir le sachet de nouilles et lui offre également du café.

Découverte macabre

À un moment, Soobhawtee sort de la maison pour une prière, laissant de l’huile à l’extérieur, avant de revenir à l’intérieur. Pendant plus d’une heure, l’individu reste dans la maison avec elle. À 19 h 06, la situation bascule. « Il lui a demandé de l’argent, mais elle a refusé », explique Sanju. La tension monte. « Naiiba… naiiba… » (pena), crie-t-elle. « Nikal ! » (sorti), lui lance-t-elle. Mais l’homme devient violent. « Paisa naiiba… nikal… » Ce sont ses dernières paroles. Malgré ses supplications, Soobhawtee est violemment agressée. L’individu l’étrangle jusqu’à ce qu’elle cesse de réagir.

À 19 h 26, le suspect parvient à mettre la main sur les clés de la maison. Il ferme la porte et la verrouille. Quelques minutes plus tard, il éteint la lumière, comme pour faire croire que la victime s’est couchée.

Vers 21 heures, la nièce de la victime s’inquiète de ne pas la voir. Elle l’appelle à plusieurs reprises, sans réponse. Intriguée, elle remarque qu’une bouteille d’huile a été laissée à l’extérieur, ce qui n’était pas dans les habitudes de la sexagénaire. Elle fait appel à un proche. Munis d’un double des clés, ils ouvrent la porte. La lumière est allumée. 

Puis c’est le choc : Soobhawtee Jugessur gît au sol, inerte, dans une pièce de la maison. Alors que les proches sont encore sur place, le suspect — resté caché tout ce temps — s’échappe en sautant par une fenêtre. En quelques secondes, il passe devant la caméra de surveillance, tandis que les chiens aboient. « Ena enn dimounn pe sove… Telefonn lapolis ! » Il est alors 21 h 05. L’alerte est immédiatement donnée. À l’arrivée des policiers, il est déjà trop tard : la sexagénaire a rendu l’âme.La brigade criminelle (CID) de Goodlands et les éléments de la Divisional Crime Investigation Unit (DCIU) North sont mobilisés. L’enquête est ensuite confiée à la Major Crime Investigation Team (MCIT).

À jeudi, trois personnes avaient été interpellées : deux ont été autorisées à repartir, tandis qu’un ressortissant bangladais, soupçonné d’être impliqué, a été placé en détention en raison de sa situation irrégulière. Il nie toutefois toute implication.

Sanju Jugessur, revenu d’Irlande, réclame justice pour sa mère. Il lance un appel à toute personne ayant aperçu le suspect le jour du drame afin de contacter la police. « Toulezour mo anvi kone kot lanket inn arive. Ce que cet homme a fait à ma maman est horrible. Il lui a cassé le nez, l’a étouffée, l’a blessée à l’œil », confie-t-il, au bord des larmes.

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