Meurtre de Soobhawtee Jugessur à Petit-Raffray : un Bangladais en situation irrégulière coffré
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Le Dimanche /L' Hebdo
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Le prénom « Rana », prononcé quelques secondes avant sa mort, a orienté les enquêteurs vers le principal suspect. Une semaine après le meurtre de Soobhawtee Jugessur, 63 ans, les enquêteurs de la Divisional Crime Intelligence Unit (DCIU) de la Northern Division et de la Major Crime Investigation Team (MCIT) ont interpellé Mehedy Hassan Rana. Ce ressortissant bangladais, âgé de 32 ans, se trouvait en situation irrégulière à Maurice depuis environ deux ans.
Il a comparu devant la Week-End Court, samedi, sous une accusation provisoire de meurtre. Les enquêteurs attendent désormais la présence d’un interprète pour poursuivre son interrogatoire. De son côté, le fils de la victime, rentré en urgence d’Irlande, pleure une mère dévouée dont le seul tort, selon lui, a été d’ouvrir sa porte à son présumé bourreau.
Le soir du 19 juin, Soobhawtee Jugessur rentre seule à son domicile de Petit-Raffray. Quelques secondes plus tard, un homme se présente à sa porte. Les images de vidéosurveillance captent alors la sexagénaire prononçant un prénom : « Rana ». Cet élément, enregistré par la caméra installée devant la maison, s’avérera déterminant pour les enquêteurs. L’homme n’était pas un inconnu. Il travaillait avec la victime à l’usine Denim de l’Île Ltd, située à Riviere-du-Rempart.
Selon l’enquête, il se serait présenté sous prétexte de lui vendre des graines de plantes et de légumes. Fidèle à sa réputation de femme généreuse, Soobhawtee Jugessur l’aurait invité à entrer et lui aurait offert à boire et à manger. Elle serait même allée jusqu’à l’appeler affectueusement « mon garçon ». Près d’une heure plus tard, elle aurait été étranglée. L’autopsie a conclu à une mort par asphyxie.
À partir des images de vidéosurveillance, les enquêteurs de la DCIU et de la MCIT reconstituent les déplacements du suspect, aperçu à proximité de la maison avant et après les faits.
Vendredi, leurs investigations les conduisent jusqu’à un dortoir situé à Cottage, où Mehedy Hassan Rana est interpellé. Lors de cette opération, trois autres personnes, dont une ressortissante srilankaise, ont également été interpellées pour les besoins de l’enquête.
L’émotion était palpable, samedi matin, dans les couloirs du tribunal. Sanju et sa sœur Deeya, les enfants de la victime, ont assisté à la comparution du suspect. Installé en Irlande depuis une vingtaine d’années, Sanju peine à contenir sa douleur : « J’avais l’habitude de l’appeler chaque dimanche. Aujourd’hui, qui vais-je appeler ? Avec qui vais-je parler ? Cet homme a ôté la vie d’une mère. »
Depuis le décès de son père, Sanju avait un seul objectif : offrir un meilleur cadre de vie à sa mère. Il lui envoyait régulièrement de l’argent et faisait construire une nouvelle maison à D’Épinay. « Je lui avais demandé de patienter encore un mois pour qu’elle puisse s’y installer. Je voulais tellement qu’elle quitte cette maison », dit-il, la voix brisée par l’émotion.