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Meurtre de Jayce Donovan en 2022 : son père, Noël Clovis réclame les ossements pour organiser les funérailles

Par Le Défi Plus
Publié le: 11 avril 2026 à 20:00
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Jayce Donovan 28 ans tué froidement et enterré dans la cour de la maison du meurtrier. William Sanassee a écopé de la condamnation à vie au terme de ce procès le 8 avril 2026.
Jayce Donovan 28 ans tué froidement et enterré dans la cour de la maison du meurtrier. William Sanassee a écopé de la condamnation à vie au terme de ce procès le 8 avril 2026.

« Je veux dire adieu à mon fils ». C’est le cri d’un père qui souhaite offrir à Jayce Donovan des funérailles dignes de ce nom. Ce dernier a été tué puis enterré dans la cour de son meurtrier, William Sanassee, en février 2022. Ce Franco-Mauricien a été condamné à la réclusion à perpétuité par la Cour d’assises le 8 avril dernier.

Noël Clovis, 65 ans, veut voir son fils unique une dernière fois, mais il est conscient que cela n’arrivera jamais. Assis en face de la mer, à quelques mètres de sa maison à Pointe-aux-Piments, le sexagénaire scrute l’horizon. Jayce Donovan, 28 ans, a quitté le domicile le 22 février 2022 et n’a pas réapparu. Ce n’est qu’au bout de deux ans que ce père de famille a appris la terrible nouvelle. 

Certes, le meurtrier William Sanassee, 27 ans, a été condamné à passer le restant de sa vie derrière les barreaux. Toutefois, pour ce père de famille, rien ne pourra lui rendre son fils. « Mo pann resli trouv li enn dernier fwa. Mo pa pou kav fer li enn adieu », dit-il, au bord des larmes, tentant de dissimuler la peine immense qui l’inonde. 

Le sexagénaire confie s’être séparé de la mère de Donovan il y a plusieurs années, après quoi ce dernier a vécu avec elle à Grand-Baie. Il le décrit comme débrouillard, tout en précisant qu’il avait eu des démêlés avec la police et devait se présenter régulièrement au poste. Puis, en 2021, il est venu vivre avec son père. « Il m’a dit qu’il souhaitait rester avec moi et je l’ai accueilli. Il exerçait dans la maçonnerie et se débrouillait très bien », explique Noël. 

Une quête de vérité interminable

Le 22 février 2022, tout a basculé. « J’étais parti travailler ce jour-là. À mon retour, il n’était pas à la maison. J’ai tenté de le contacter, sans succès. Pensant qu’il était chez sa mère, j’ai vérifié, puis auprès d’autres proches, mais Donovan restait introuvable. J’ai finalement signalé sa disparition au poste de police de Trou-aux-Biches, tandis que sa mère a alerté celui de Grand-Baie », ajoute notre interlocuteur. 

Par la suite, Noël a appris que la dernière personne à avoir vu son fils était William Sanassee, un ami du jeune homme. « Il était venu le voir le jour de sa disparition et je me doutais qu’il avait quelque chose à voir avec ce drame. Il passait devant moi comme si de rien n’était, alors qu’il avait déjà tué mon enfant », se souvient-il.

Durant de longs mois, ce père de famille a vécu l’enfer, sans savoir où se trouvait son fils. Il se remémore qu’au cours de cette attente interminable, chaque appel lui faisait espérer des nouvelles. Animé par un profond désir de vérité, il restait constamment à l’affût du moindre indice autour de lui. « Je me souviens que, parfois, lorsque je circulais à motocyclette dans la localité et que je sentais une odeur, je m’arrêtais pour aller voir, redoutant de découvrir le cadavre de mon fils », indique Noël. Ce dernier se rappelle s’être rendu à la police pour demander où en étaient les recherches, car l’enquête piétinait.

Il a fallu attendre que les limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT), en 2023, prennent le dossier en main pour que la vérité éclate. Jayce Donovan a connu une fin atroce entre les mains de William Sanassee. Après l’avoir froidement assassiné, il l’aurait enterré dans la cour de sa maison à Morcellement Ramdhony, Pointe-aux-Biches, où les policiers ont retrouvé des restes humains. En septembre 2024, un test ADN a confirmé qu’il s’agissait bien de ceux de Jayce Donovan Clovis.

Line manz mo garson

Un élément particulièrement sordide est venu s’ajouter à cette affaire : le meurtrier a avoué avoir consommé la chair de la victime. Quand Noël a appris connaissance de ces détails abominables, il a été encore plus bouleversé. « Li bizin al ferme a vi mem. Mo’nn aprann atraver la press mem ki li’nn manz mo garson tou. Pou li’nn fer sa, li’nn deza manz ankor dimoun avan. Mo frison kan mo tann sa. Bizin ferme li pou li pa touy zanfan dimoun ankor ek pa manz personn », confie-t-il.

« Cette affaire m’a complètement bouleversé. Je n’arrivais plus à travailler et j’ai pris ma retraite », dit Noël. Il ajoute : « Je remercie la MCIT pour le travail abattu dans le meurtre de mon fils. J’ai dû enfin avoir une réponse ».  Il nous explique aussi n’avoir jamais pu faire le deuil de son garçon : « Ziska ler nou pann kav fer son fineray. Mo pankor kapav fer mo deil ». C’est pourquoi il demande aux autorités de lui restituer les ossements de son fils : « Maintenant que le jugement a été rendu, j’aimerais récupérer les ossements de mon fils pour organiser les funérailles et faire notre deuil ».


Ce qui ressort du verdict …

Dans son jugement rendu le 8 avril 2026, le juge Mehdi Manrakhan retient des faits d’une gravité exceptionnelle. La Cour souligne  que ce cas comporte des « facts of an exceptionally grave, disturbing and abhorrent nature »  Le juge insiste aussi sur « un niveau de dépravation rarement rencontré » en raison de la dissimulation, de la profanation et de la consommation des restes. Le juge écrit ainsi que « the manner in which the murder was committed shows a high degree of premeditation, brutality, and callous disregard for human life ». Ainsi, malgré le fait que l’accusé ait plaidé coupable, la Cour estime que « seule une peine de servitude pénale à vie » est justifiée.


La face cachée de Johny Michel William Sanassee  

Johny Michel William Sanassee, 28 ans est né en France. C’est à l’âge de 11 ans qu’il arrive à l’île Maurice avec ses parents et son frère. Son père est franco‑mauricien et sa mère est française. La famille s’installe dans une maison à Pointe‑aux‑Biches. Il a fréquenté le collège Père Laval à Sainte‑Croix.

En 2018, il se rend à l’île de La Réunion pour son service militaire. Blessé au genou, il rentre à l’île Maurice, où il fait de petits boulots en travaillant dans des restaurants de son quartier. Entre‑temps, ses parents et son frère sont partis vivre à l’île de La Réunion. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé à vivre seul dans la maison de Pointe‑aux‑Biches. Dans l’entourage où il a vécu, ceux qui le connaissent le décrivent comme un « garçon tranquille ».

C’est à la plage qu’il dit avoir fait la connaissance de Jean Jayce Donovan Clovis, alors âgé de 28 ans. « Il est déjà venu chez moi une fois avec le chanteur Taf‑Taf. Une autre fois, il a passé la nuit chez moi », a soutenu Johny Michel William Sanassee à la police.


Récit d’un crime troublant 

S’agissant de la disparition de son ami, le 22 février 2022, la police a interrogé Johny Michel William Sanassee sur son emploi du temps ce jour-là, puisqu’il a été aperçu en compagnie de la victime sur les caméras de vidéosurveillance le long de la route côtière de Pointe‑aux‑Biches.

Johny Michel William Sanassee raconte qu’après s’être réveillé ce jour‑là, il est parti s’acheter à manger, vu qu’il vivait seul à l’époque. Il s’est ensuite rendu à Pointe‑aux‑Piments pour voir son ami Jean Jayce Donovan Clovis, afin de lui emprunter sa planche de surf. Les deux amis sont ensuite partis surfer sur la plage en face de l’hôtel Le Récif, puis il est rentré chez lui. Il devait nier savoir ce qu’il était advenu de la victime dans un premier temps.

Le 17 novembre 2023, un des amis de Johny Michel William Sanassee raconte que ce dernier lui a avoué avoir tué Jean Jayce Donovan Clovis, car celui‑ci aurait eu un comportement indécent avec une petite fille. 

La police déterre alors des ossements dans un terrain à l’arrière de la résidence de Johny Michel William Sanassee.

Confronté aux preuves ADN, il devait finalement avouer le crime. C’est ainsi qu’il sera arrêté par la police en décembre 2023, soit 22 mois après les faits.

Dans ses aveux, Johny Michel William Sanassee relate que le jour du drame, une fois à sa résidence et alors que Jean Jayce Donovan Clovis se trouvait à table, il s’est approché par derrière et lui a tranché la gorge à l’aide d’un couteau, avant de le poignarder à la tête à plusieurs reprises. Il a ensuite enveloppé le corps dans un drap et jeté le cadavre par-dessus un mur, avant d’enterrer le corps et ses vêtements. Mais les faits ne se sont pas arrêtés là. Un mois plus tard, Johny Michel William Sanassee est revenu sur les lieux, a exhumé le corps, puis a mutilé les restes. Il a notamment fracassé le crâne et consommé une partie des restes humains.
 

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