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Meurtre de Devianee Bheekun - Preetam : «Personne n’a le droit de juger ma femme»

Devianee Bheekun a été enlevée, droguée et tuée. Preetam Bheekun est un homme meurtri.

Deux semaines après la mort de son épouse, Preetam Bheekun arrive difficilement à faire son deuil. Ce père de famille dit être peiné par les commentaires du public sur cette affaire, surtout sur les réseaux sociaux. « De quel droit ces gens se permettent-ils de juger ma femme ? Ils ne la connaissaient pas, ils ignorent tout de sa vie », lâche-t-il à Le Dimanche/L’Hebdo. 

La tristesse se lit sur son visage, mais ses paroles sont empreintes de colère. Preetam Bheekun (46 ans) a du mal à taire son irritation face au flot de commentaires désobligeants dont fait l’objet sa défunte épouse depuis que le corps de celle-ci a été retrouvé au pied d’une falaise à Senneville, Rivière-des-Anguilles, le 4 janvier 2020. « Zot pe kritik defo mo madam… Zot pa gagn drwa fer sa. Zot pann viv so lavi », dit-il. 

Le quadragénaire digère mal que des inconnus  salissent  la mémoire de sa femme. « Ce que je vis, je ne le souhaiterait pas à mon pire ennemi. Ou kone kiete sa al idantifie lekor touni ou madam ? », lance-t-il.

Interrogé sur les difficultés que rencontrait son couple et sur le fait que son épouse, 41 ans, avait déserté le domicile conjugal pendant deux semaines, Preetam Bheekun élude la question. Il reconnaît que les mois précédant la disparition de son épouse étaient compliqués, mais refuse de s’y attarder.

Il préfère parler de l’épreuve que vit sa famille. « Mon fils de 17 ans et sa fille de 20 ans ressentent un grand vide depuis la disparition de leur mère. Ce vide ne sera jamais comblé. Ils étaient très proches de leur mère. Elle était leur confidente. Depuis que cette affaire a éclaté, ils se sont refermés sur eux-mêmes  », confie-t-il. 

Le père se souvient avec tristesse avec quelle impatience ses enfants  attendaient le retour de leur mère le vendredi 3 janvier. « Ils devaient se rendre chez leur grand-mère pour célébrer le nouvel an. Cette époque est désormais révolue, le cœur ne sera plus à la fête en cette période de l’année. Tou letan nou pou rapel sa evennman la aster ». 

La solitude le pèse. Preetam  Bheekun confie que depuis le drame, il « est seul dans son coin ». « Les jours sans Devianee sont pénibles. Elle était plus qu’une épouse. Elle était mon amie et ma confidente.  Je n’ai plus personne avec qui plaisanter… » 

Il se rappelle les jours heureux. « Avec Devianee, nous avons vécu une histoire d’amour remarquable. Je suis un grand romantique et ma femme me manque énormément ». Preetam Bheekun dit avoir particulièrement ressenti  cette absence le vendredi 17 janvier. « Sa zour la ti pou fer 21 an ki nou finn marie sivil. Nous avions prévu une sortie en famille pour marquer l’occasion  », dit-il. 

Le pressentiment de l’époux

Preetam Bheekun salue les efforts fournis par les policiers, notamment les membres de la Major Crime Investigation Team (MCIT) et l’Anti Robbery Squad, pour élucider le meurtre de son épouse. « Mo remersie ban lapolis MCIT ek lekip sergent Goodur », dit-il. 

Le quadragénaire indique avoir révélé certaines informations à la police dès le début de l’enquête.  « J’avais un pressentiment, mais je ne pouvais pas en parler. Dimoun ti pou dir mo pe fer akizasion san prev. » Selon lui, après les incidents survenus entre Devianee et le duo Ajaghen- Vilasha Vydelingum, il était difficile de ne pas faire le lien entre la disparition de la quadragénaire et ces derniers. 

«  J’étais persuadé qu’Ajaghen était impliqué dans la mort de sa femme », affirme-t-il. 

En revanche, il ne s’attendait pas à ce qu’un adolescent soit mêlé à ce crime. Pour Preetam BHeekun, le « martyr » qu’a subi son épouse avant sa mort est « inacceptable ». « Zot ti kapav evit sa atrosite la », dit-il. « Ils l’ont enlevée, droguée, tuée, dénudée avant de jeter son corps à la mer. »

Preetam Bheekun confie avoir beaucoup prié pour qu’on retrouve sa femme. « Mes prières ont été exaucées. 30 minit avan gagn lekor, mo ti pe fer laprier pou sa ». 

Il a aussi commenté l’arrestation des suspects. Il ne cache pas son étonnement devant « le nombre d’hommes de loi  se sont manifestés pour défendre les présumés meurtriers » de son épouse. Il espère simplement que ces hommes de loi agissent selon leur conscience. « Avoka bizin kone ki sa dimoun ki zot pe defann la kinn fer », soutient Preetam Bheekun. 

La police s’intéresse à la substance utilisée pour droguer la victime

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Ajaghen Vydelingum et Vinasha Vydelingum.

La MCIT veut à faire la  lumière sur le produit utilisé pour droguer Devianee Bheekun lors de son enlèvement. Selon le suspect mineur arrêté le lundi 13 janvier, c’est l’épouse d’Ajagen Vydelingum, ex-amant de la victime, qui a mis au point le breuvage en question. Vinasha Vydelingum, qui est employée dans un laboratoire, a aussi été arrêtée. 

L’adolescent a raconté à la police avoir reçu Rs 2 000 pour aider le couple Vydelingum. Selon lui, ils ont rencontré la victime à Rivière-Noire et ils l’ont forcée à entrer dans la voiture. Puis, ils lui ont administré la solution. Sous l’effet de cette substance, Devianee Bheekun aurait perdu connaissance. 

Le mineur a affirmé qu’ils ont agi selon un plan bien établi. Ils ont par la suite ligoté les mains et les pieds de la quadragénaire avec de la bande adhésive. En route, ils ont effectué plusieurs arrêts avant d’arriver à Senneville, Rivière-des-Anguilles où ils ont balancé le corps dénudé de Devianee Bheekun. Le jeune suspect a expliqué qu’ils ont enlevé les vêtements de la victime afin qu’on ne décèle pas de traces ADN sur elle.    

Azagen Vydelingum est provisoirement inculpé d’assassinat, alors que son épouse et leur complice mineur sont, eux, sous le coup d’une accusation provisoire de meurtre.

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