Mise à jour January 7, 2026, 11:00 am

Ménages, entreprises, État : une spirale d’endettement à surveiller

Par Christina Vilbrin
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L’endettement continue de grimper à tous les niveaux : État, ménages, entreprises. Cette tendance va-t-elle perdurer en 2026 ? Et surtout, comment inverser la courbe ? Tour d’horizon !

Dette publique : Miser sur la croissance pour inverser la tendance  

La situation actuelle : À fin septembre 2025, la dette publique brute de Maurice s’élevait à Rs 654,47 milliards, soit 89,3 % du PIB. Ce qui représente une charge d’environ Rs 525 957 par citoyen. Un niveau qui a été pointé du doigt par l’agence de notation Moody’s. « Moody’s n’est pas entièrement satisfaite des efforts réalisés pour réduire cette dette… L’agence a perçu notre détermination à réduire la dette, mais attend davantage d’efforts de notre part », avait déclaré Navin Ramgoolam à l’issue des échanges avec la mission Moody’s, présente à Maurice en décembre.  Le gouvernement s’est fixé pour objectif de ramener la dette à 75 % du PIB d’ici trois ans, avec une cible de 60 % à plus long terme. Pour y parvenir, l’État compte économiser Rs 5 milliards sur la même période, en misant sur une réduction des gaspillages et une meilleure efficacité dans la gestion des finances publiques. 

Rs 28,5 milliards

L’État prévoit de lever un total de Rs 28,5 milliards au premier semestre 2026 à travers plusieurs instruments financiers : bons du Trésor, Treasury Notes à trois ans et « Government of Mauritius Bonds ». Ce programme de financement s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à répondre à ses engagements budgétaires. Cette opération aura un impact direct sur le niveau de la dette publique, notamment sur la dette locale.

30 janvier

C’est à la fin de janvier que le ministère des Finances dévoilera les dernières données sur la dette publique.


Avis des observateurs

Imrith Ramtohul, observateur économique : 
« Je suis convaincu que le gouvernement va intensifier ses efforts pour mieux maîtriser la dette publique. Il n’a pas le choix, d’autant plus que Moody’s a été très clair sur ce sujet. La croissance économique reste la clé : plus le pays croît, plus le ratio dette/PIB diminuera naturellement. Parallèlement, il faudra également renforcer la gestion de la dette pour assurer une réduction durable. »

Tahir Wahab, observateur économique : 
« La dette publique va continuer à augmenter et dépassera probablement les 90 % du PIB, malgré les annonces faites autour de « l’année de l’économie » par le Premier ministre. En réalité, l’économie devrait être au cœur du développement du pays et doit être la priorité des priorités de n’importe quel gouvernement. Ce qui est essentiel aujourd’hui, c’est de maîtriser les dépenses publiques et d’apporter plus d’efficience dans les institutions, surtout avec les répercussions attendues du rapport du PRB. Celui-ci entraînera inévitablement une hausse des dépenses de l’État. Or, sans mesures concrètes d’ajustement, cela viendra alourdir davantage le fardeau de la dette. Il est impératif d’augmenter la taille du Produit intérieur brut (PIB) en s’appuyant sur de nouveaux piliers de l’économie. C’est cette dynamique qui permettra de réduire le ratio dette/PIB. Le gouvernement ne peut plus se contenter de discours. Il est temps d’agir, d’investir dans les infrastructures et surtout dans les secteurs économiques émergents. Car à terme, la seule véritable solution pour alléger la dette est d’accroître la richesse nationale. Cela passe par la création de nouveaux secteurs économiques capables de stimuler la croissance et d’augmenter le PIB. »

Sanjay Matadeen, économiste : 
« La dette publique continue de progresser. Toutefois, le gouvernement devrait prendre des mesures pour tenter d’inverser cette tendance, en s’engageant sur deux fronts : réduire les dépenses publiques tout en augmentant les revenus de l’État. À ce stade, la majorité de la dette est libellée en roupies, et non en devises étrangères, ce qui limite l’exposition aux fluctuations monétaires. Si le besoin se fait sentir, le gouvernement pourrait envisager des négociations de type « G to G » avec des pays amis pour renégocier certaines dettes existantes à des conditions plus favorables : taux d’intérêt plus bas ou échéances plus longues. Par ailleurs, une autre façon de réduire la dette de manière durable, c’est d’augmenter la croissance. Le ratio dette/PIB s’améliorera si le PIB progresse. » 

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