Menaces de mort : l’organisateur d’événements Muz placé en détention

Par Kursley Thanay, Irshaad Olitte
Publié le: 14 mars 2026 à 10:25
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Muzaffair Ali Lallmamode a demandé une injonction contre ses détracteurs.
Muzaffair Ali Lallmamode a demandé une injonction contre ses détracteurs.

Après avoir porté plainte pour diffamation sur les réseaux sociaux, Muzaffar Lallmamode, alias « Muz », s’est retrouvé lui-même arrêté par la police dans le cadre d’une affaire de menaces verbales.

Figure controversée sur les réseaux sociaux ces derniers jours, l’organisateur d’événements et gérant de centre d’appel Muzaffar Lallmamode, dit « Muz », 32 ans, a été arrêté et placé en détention policière.

L’homme s’était présenté au poste de police de Vallée-des-Prêtres pour consigner une plainte pour « Breach of ICTA », affirmant être la cible d’allégations graves diffusées sur Facebook. Selon sa déposition, plusieurs publications l’associeraient au trafic de drogue synthétique et au blanchiment d’argent.

Toutefois, après l’enregistrement de sa plainte, les policiers l’ont informé qu’il faisait lui-même l’objet d’une plainte pour menaces verbales. Celle-ci remonte au 13 décembre et avait été déposée par son ancien partenaire d’affaires.

Selon ce dernier, Muzaffar Lallmamode s’était rendu à son commerce situé à Plaine-Verte. Il aurait alors débranché la caméra CCTV installée au bureau de réception avant de proférer des menaces.

D’après la déposition du plaignant, il aurait déclaré : « Si to pa donn mwa 30 milyon ki to finn kokin ar mwa, mo pou koup to de lame ek to de lipie, met twa lor enn sez roulan, ek mo pou koup to madam ek to de zanfan, ek tou dimounn ki pou ena. » Après ces propos, Muzaffar Lallmamode aurait quitté les lieux.

Ce n’est pas la première fois que Muzaffar Lallmamode attire l’attention des autorités. En août 2025, il avait été arrêté à Port-Louis avec 16 600 dollars américains et 390 000 roupies dans sa voiture. Dans cette affaire, il fait actuellement face à une accusation provisoire de blanchiment d’argent. La Financial Crimes Commission (FCC) l’avait également interrogé dans le cadre de l’enquête liée à l’affaire Wendip Appaya.

Par ailleurs, le 5 mars dernier, Muzaffar Lallmamode avait lui-même porté plainte pour menaces au couteau et agression au poste de police de Moka. Il avait évoqué un incident qui se serait produit à l’hôpital C-Care, où il était admis.

Plus récemment, il avait également saisi la Cour suprême afin d’obtenir une injonction contre plusieurs personnes qu’il accuse de le diffamer sur les réseaux sociaux. Dans sa demande, il soutenait être victime de menaces et d’intimidation à travers différentes publications en ligne. Les défendeurs cités dans l’affaire sont Ishtihaq Caunhye, Suhayl Mamode et Yogeshwar Sing Priyam, présentés comme des travailleurs sociaux. Le constable Baichoo est également cité comme défendeur, tandis que le commissaire de police figure comme codéfendeur.

Siégeant en référé devant la Cour suprême, la juge Sulakshna Beekarry-Sunassee a ordonné, le 9 mars, que les personnes mises en cause s’abstiennent de publier tout contenu jugé diffamatoire à l’encontre de Mohammad Muzaffar Ali Lallmamode sur les réseaux sociaux.


La police réclame la vidéosurveillance de la clinique Wellkin

Dans un contre-affidavit déposé devant la Cour suprême, le commissaire de police avance qu’il souhaite vérifier les allégations de Mohammad Muzaffair Ali Lallmamode. Il précise qu’il a sollicité les images CCTV de la clinique Wellkin à la suite de la plainte de ce dernier.

Le commissaire de police (CP) a déposé un contre-affidavit devant la Cour suprême le vendredi 13 mars 2026, dans le cadre de la demande d’injonction présentée par Mohammad Muzaffair Ali Lallmamode. Ce document a été juré par l’inspecteur Abdool Sameer Fazullah au nom du CP, cité comme codéfendeur dans l’affaire. Il a été présenté par les conseillers légaux du CP, Mes Akhil Ramdahen, Principal State Counsel, et Arveena Ghose, Principal State Attorney.Dans sa demande, Mohammad Muzaffair Ali Lallmamode allègue qu’il a été menacé par Ishtifaq Caunhye, Suhayl Mamode et Yogeshwar Sing Priyam, en présence du constable Baichoo. Il sollicite une injonction pour empêcher toute menace ou publication diffamatoire à son encontre sur les réseaux sociaux.

L’ordre intérimaire obtenu précédemment par Mohammad Muzaffair Ali Lallmamode contre les quatre défendeurs, visant à leur interdire de publier sur les réseaux sociaux, n’a pas été prolongé cette fois-ci.

Dans sa réponse, le CP précise qu’il ne fait aucune admission par rapport aux incidents survenus aux postes de police de Beau-Bassin et de Rose Hill.

S’agissant de l’agression alléguée à la clinique C-Care Wellkin, il confirme que Mohammad Muzaffair Ali Lallmamode a porté plainte le 6 mars 2026 contre Yogeshwar Sing Priyam. Ce dernier s’est présenté au poste de police de Moka le 7 mars 2026, et a déclaré : « Mo pa pou done okenn lenquête dan sa case-la. Mo pou dir tou dan la cour. »

Le CP ajoute qu’il a demandé à la direction de la clinique Wellkin la vidéosurveillance du 6 mars 2026, tandis que des membres du personnel devraient être entendus. Le CP indique par ailleurs qu’il se conformera à toute décision de la Cour suprême dans cette affaire.

La juge a demandé aux parties de soumettre des arguments en droit sur la question de savoir si une injonction peut être accordée pour empêcher la commission d’un délit. Une audience dans cette affaire est prévue le 18 mars.

Elle a également précisé qu’Ishtifaq Caunhye et Suhayl Mamode peuvent ne pas déposer d’affidavit, puisqu’ils ne sont pas tenus de s’autoincriminer.

Lors de l’audience, Mohammad Muzaffair Ali Lallmamode était représenté par Mes Sailesh Seebaruth, Junayd Chummun, Neil Pillay et Pazany Thandarayan, avoué. Ishtifaq Caunhye était représenté par Mes Bilaal Chattaroo et Nadeem Hyderkhan, tandis que Me Anas Sakhawoth représentait Suhayl Mamode.
                                                        
 

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