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Meena : «J’ai dû changer mes habitudes d’achats»

Par Jenna Ramoo
Publié le: 3 May 2026 à 14:46
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À quarante ans, Meena incarne cette classe moyenne que l’on croit épargnée, mais qui vacille sous le poids invisible de la vie chère. Cadre dans le secteur privé et mère de deux enfants, elle jongle désormais avec les chiffres et les sacrifices pour que la table reste, en apparence, un lieu de partage. Mais derrière la convivialité des repas, se cache une stratégie de survie.

Aujourd’hui, un dîner typique chez Meena se veut simple : un plat chaud « fait maison » où le riz et les pâtes servent de base pour étirer quelques légumes et protéines. Ce qui était hier banal est devenu une exception. Sortir au restaurant, flâner dans un Food Court ou simplement ouvrir sa porte à des amis plus d’une fois par mois sont désormais des plaisirs classés au rayon des souvenirs.

Pour maintenir l’équilibre, Meena a dû changer ses habitudes. Les grandes marques ont déserté son caddie, remplacées par des alternatives génériques. Parfois, elle renonce, tout simplement. Devant le prix des mangues locales ou du lait en brique, elle détourne le regard : le budget a ses raisons que le cœur ne peut plus ignorer. Le moment de la caisse est devenu une épreuve de vérité. S’il lui arrive de reposer un article sous le regard des autres, elle s’efforce que ce ne soit jamais de la nourriture, mais des produits ménagers. Car sur l’essentiel, Meena refuse de fléchir... du moins pour ses enfants.

Dans l’intimité de sa cuisine, la réalité est plus cruelle. « Il m’arrive souvent de réduire ma propre part de viande ou de poisson pour que mes enfants aient leur compte », confie-t-elle. Et quand les casseroles sonnent creux, elle s’efface totalement, se contentant d’un morceau de pain au thon ou de simples nouilles instantanées tandis que ses petits finissent leur repas. Les « plaisirs » d’autrefois comme ces biscuits craquants et ces chocolats importés qu’elle aimait s’offrir, elle ne les regarde même plus. Ils appartiennent à un autre monde.

Ce compromis alimentaire laisse des traces. Meena avoue une fatigue un peu pesante, un corps qui accuse le coup des menus appauvris. Heureusement, ses enfants semblent encore préservés, ne montrant aucun signe de baisse d’énergie mais le manque est là, visible sur la nappe : les fruits frais en abondance, les desserts, le fromage et la variété des légumes ont déserté le quotidien.

Pourtant, le week-end reste un dernier bastion de résistance. Si la semaine est une course contre la montre et contre les prix, le samedi et le dimanche voient le couple s’activer aux fourneaux. Ils cuisinent un « extra », un petit luxe culinaire pour maintenir l’illusion que la vie est encore douce, pour protéger le sourire de la famille.

Pour tenir, Meena et son mari sont devenus des experts en survie économique. Ils comparent chaque supermarché, traquent la moindre promotion et hiérarchisent l’essentiel avec une rigueur militaire. « Nous nous adaptons sans cesse au budget. Nous priorisons l’alimentaire au détriment de tout le reste et nous cuisinons tout à la maison pour éviter le moindre frais superflu. »

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