Médicaments génériques : le ministère va élargir le cercle des importateurs
Par
Jean-Marie St Cyr
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Jean-Marie St Cyr
Face aux retards de livraison et aux tensions dans l’approvisionnement en médicaments, le ministère de la Santé envisage d’élargir le cercle des importateurs autorisés à faire venir des génériques. Une dizaine de grossistes seraient concernés par cette ouverture.
Pour faire face aux difficultés d’approvisionnement en médicaments, le ministère de la Santé envisage une « ouverture » permettant à un plus grand nombre d’importateurs d’accéder au marché des médicaments génériques. Une dizaine de grossistes seraient concernés. « Il ne s’agit pas d’importation parallèle de médicaments, mais de donner la possibilité à ces grossistes de faire venir davantage de médicaments génériques », précise le Dr Aswamed Dinassing, directeur général des services de santé. Ces produits devront respecter toutes les spécifications requises et provenir de fournisseurs agréés par le ministère.
Cette mesure intervient dans un contexte dans lequel l’approvisionnement en médicaments est soumis à de multiples pressions. Des retards de livraison ont été enregistrés, exposant les fournisseurs défaillants à des pénalités. Le Dr Dinassing précise qu’une nouvelle cargaison est arrivée en juin et que le ministère procède à des achats locaux, en cas de manque dans le secteur public.
Un cadre du ministère évoque une cause de pénurie évitable : des dossiers bloqués faute de respect des procédures ou des délais de livraison. « Les médicaments peuvent être retenus à la douane pendant plusieurs semaines en raison de l’absence de certains documents devant accompagner les produits », explique-t-il. Ce qui crée alors une « pénurie artificielle ».
Sur le plan du contrôle, le Dr Dinassing indique que la Pharmacy Board veille à ce que tous les médicaments entrant au pays soient conformes aux normes établies, dans le secteur public comme dans le secteur privé. Un cadre au ministère précise que plus de 95 % des médicaments du service public sont des génériques - le reste étant des originaux comme les vaccins ou les traitements contre le cancer - et que la loi impose l’enregistrement de tout médicament importé.
Localement, une entreprise dans laquelle le gouvernement détient 30 % des parts, contribue à cet approvisionnement. Titulaire d’un permis pour produire une trentaine de types de médicaments génériques - dont des traitements contre le diabète, la gastrite et des antibiotiques - elle fournit le ministère par appel d’offres tout en desservant le marché local. La qualité de sa production fait l’objet d’un contrôle rigoureux.
Du côté des importateurs privés, un pharmacien du secteur avance que la situation est globalement maîtrisée grâce à une planification rigoureuse et de solides relations avec les fournisseurs. Il reconnaît toutefois que des quotas sont parfois appliqués dans les pharmacies lors de tensions ponctuelles, notamment en fin d’année, en raison de ralentissements logistiques maritimes et aériens. Il souligne cependant que la situation reste sans commune mesure avec la période de la covid-19.
Les défis structurels demeurent : la disponibilité limitée des matières premières, la priorité accordée par certains laboratoires aux grands marchés et les perturbations géopolitiques et logistiques. Il y a aussi des contraintes financières. « La hausse continue des coûts du transport et du fret impacte directement le coût et la fréquence des commandes, tout comme la dépréciation de la roupie mauricienne face aux principales devises, dont le dollar américain et l’euro », explique le pharmacien. Les délais d’accès aux devises étrangères peuvent retarder les paiements aux fournisseurs et, par ricochet, l’expédition des commandes. « Malgré ces contraintes, les opérateurs du secteur mettent tout en œuvre pour assurer la continuité de l’approvisionnement et répondre aux besoins des patients. »