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Médicament contre la COVID-19 vendu sans ordonnance - Molnupiravir : un business lucratif pour certains

La prise de Molnupiravir sans ordonnance peut avoir de graves effets sur la santé.

La vente de comprimés de Molnupiravir, utilisés dans le traitement contre la COVID-19, a augmenté ces dernières semaines. Diverses sources affirment que des patients se les sont procurés sans ordonnance. Un business qui est devenu lucratif pour certains. 

Utilisé dans le traitement contre la COVID-19, le Molnupiravir semble avoir la cote. Une hausse des ventes a été notée depuis quelque temps, selon plusieurs sources. C’est ce que confirme également Siddique Khodabocus, président du Pharmacy Council. « Il y a une reprise assez conséquente de la vente de Molnupiravir en comparaison avec mai. Les pharmacies disent recevoir de nombreuses prescriptions pour ce médicament », affirme-t-il.

Des sources soutiennent cependant que des patients arrivent à en faire l’acquisition sans détenir d’ordonnance signée par un médecin. Ce qui est une pratique dangereuse, prévient le Dr Soobaraj Sok Appadu, National COVID-19 Coordinator. « Le Molnupiravir est comparable à un antibiotique qui ne peut être pris que sur prescription », dit-il. 

Certaines pharmacies feraient ainsi fi de ces règlements afin d’écouler leur stock et relancer leur chiffre d’affaires, soutiennent divers interlocuteurs. « Si la plupart des pharmaciens respectent les règlements, il y a néanmoins des brebis galeuses qui ne font pas honneur à la profession », explique un pharmacien sous le couvert de l’anonymat. 

La prise d’un tel médicament sans ordonnance peut avoir de graves effets néfastes, selon le Dr Sok Appadu. « Peu importe le produit, tout médicament peut avoir des effets indésirables sur l’organisme. C’est pour cela qu’il faut bien respecter le dosage et les conseils du médecin. »

Le Molnupiravir peut provoquer une allergie et engendrer des réactions sévères : irritations de la peau, étouffement et resserrement de la gorge, entre autres. Il peut aussi induire une résistance aux virus par la suite. Le médicament peut également interagir avec d’autres produits, ce qui est dangereux, insiste le Dr Sok Appadu. 

Il ajoute que le Molnupiravir est utilisé uniquement chez les patients positifs à la COVID-19 et qui ont des symptômes de la maladie. « C’est un antiviral utilisé dans le traitement de cette maladie afin de diminuer la réplication du virus, ce qui l’empêchera de se multiplier et d’entraîner des effets indésirables », explique-t-il. 

Le Dr Sok Appadu fait ressortir que le Molnupiravir est disponible dans le service de santé publique sur la présentation d’une ordonnance d’un médecin, lequel aura pris en considération de multiples facteurs avant de prescrire le médicament. 

Siddique Khodabocus est d’avis que les patients n’achèteraient pas un médicament qui coûte en moyenne plus de Rs 1 000 s’ils n’étaient pas positifs à la COVID-19. « Il y a des médicaments qui sont classifiés comme des antibiotiques et des psychotropes pour lesquels il faut une ordonnance afin de s’en procurer. » 

Or, dit-il, le Molnupiravir ne tombe pas dans cette catégorie, comme la plupart des médicaments qu’il est possible d’acheter au comptoir sans ordonnance. « Même le paracétamol devrait se vendre sur prescription, mais il n’y a aucun règlement qui oblige cela », regrette une pharmacienne sous le couvert de l’anonymat. 

Pour Siddique Khodabocus, contrôler la vente de tous les médicaments afin qu’ils soient vendus uniquement sur prescription soulèverait un tollé au sein de la population. « Notamment en ce qu’il s’agit des produits destinés à traiter des patients atteints de maladies non transmissibles comme le diabète et l’hypertension artérielle, entre autres. »

Il estime que le pharmacien est suffisamment qualifié et apte à donner un médicament s’il connaît bien le patient. Siddique Khodabocus tient toutefois à faire ressortir qu’il n’encourage pas la vente de Molnupiravir sans la présentation d’une ordonnance. Mais il est d’avis qu’il y a une réalité à prendre en considération et que nous ne pouvons appliquer à Maurice tout ce qui se fait à l’étranger. 

Selon lui, le Pharmacy Council veut introduire le concept de « Prescribing Pharmacist » pour que les pharmaciens puissent eux-mêmes prescrire des médicaments aux patients sans qu’ils n’aient à consulter un médecin. « Une formation plus poussée serait alors offerte aux pharmaciens. » 

Hausse des cas ? 

Si la vente de Molnupiravir a augmenté, cela signifie-t-il qu’il y a une hausse du nombre de cas de COVID-19 ? Le Dr Sok Appadu précise que le virus est encore en circulation et qu’il y a encore des admissions au New ENT Hospital à Vacoas. Mais le ministère de la Santé, d’après les chiffres officiels qu’il communique, indique que le nombre de cas a baissé ces dernières semaines.

Davantage de Home Self-Testing Kits vendus, selon Siddique Khodabocus 

Siddique Khodabocus constate que la vente des COVID-19 Home Self-Testing Kits a grimpé ces dernières semaines. Il attribue cette hausse à un possible relâchement au sein de la population en ce qui concerne le protocole sanitaire. 

Il note également que la vente des masques sanitaires stagne. Ce qui est, selon lui, une conséquence de certaines déclarations faites pour que le port du masque ne soit plus obligatoire. « Tout cela a pu contribuer à un relâchement en matière de respect des gestes barrières », estime-t-il. Il demande à la population de rester vigilante car la COVID-19 est encore présente.

 

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