Publicité

«Means testing» : un gel qui ne clôt pas la controverse

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 23 June 2026 à 10:26
Image
jerome dev amit
Pour Jérôme Boulle, ce retrait soulève des questions sur la prise de décision au sein du gouvernement. Dev Sunnasy, dirigeant de Linion Moris, a appelé à un véritable débat national sur l’avenir de la pension de vieillesse. Amit Bakhirta, fondateur et CEO

Ce revirement rapide sur le « means test » relance les interrogations sur la méthode gouvernementale et ouvre un débat plus large sur la soutenabilité du système de pension à Maurice.

Annoncé vendredi dans le Budget puis gelé dès lundi après une vague de critiques, le « means test » appliqué à la pension universelle continue de susciter des réactions. Dans l’émission « Au Cœur de l’Info », hier, plusieurs intervenants ont analysé ce revirement et ses implications sur la réforme des pensions.

Le gouvernement est revenu sur l’une des mesures les plus controversées du Budget 2026-27. Deux jours après l’introduction d’un mécanisme de Means Test visant à réduire la pension universelle en fonction des revenus, le Premier ministre Navin Ramgoolam a annoncé son gel. Une décision qui n’a pas clos le débat. Jérôme Boulle, ancien parlementaire, y voit un problème de gouvernance. 

« Retirer la mesure phare deux jours après le Budget est très grave », a-t-il déclaré, évoquant un manque de concertation au sein de l’alliance. Il estime aussi que la pension a éclipsé l’ensemble des autres mesures budgétaires.

Dev Sunnasy, de Linion Moris, salue le recul mais critique l’absence de consultations. Selon lui, tout le monde reconnaît la nécessité d’une réforme, mais pas dans ces conditions. Il souligne l’incompréhension provoquée dans la population, rappelant que la pension représente un droit acquis pour des personnes ayant contribué toute leur vie.

L’économiste Amit Bakhirta adopte une position plus nuancée. Il considère que le gouvernement a eu raison de suspendre le « means test », mais insiste sur la nécessité d’une réforme structurelle. Pour lui, le problème n’est pas le principe mais la méthode d’introduction. Il cite l’exemple des Pays-Bas, où le système repose sur plusieurs piliers combinant pension publique, retraite privée obligatoire et fonds d’investissement.

Il appelle aussi à dépasser le débat immédiat sur les économies attendues, estimées à 6 à 7 milliards de roupies. Selon lui, l’enjeu central reste la soutenabilité du système et la meilleure gestion des fonds publics existants, notamment ceux du National Pensions Fund.

Quelle est votre réaction ?
Publicité
À LA UNE