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Mauvais stockage des médicaments : Adrien Duval évoque des entrepôts infestés de rats

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 29 avril 2026 à 11:01
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Dans « Au Cœur de l’Info », du mardi 28 avril, il a été question du rapport accablant du Public Accounts Committee (PAC) qui révèle de graves défaillances dans le stockage des médicaments.

Au cours de l’émission, Prem Sewpaul a reçu Adrien Duval, président du Public Accounts Committee (PAC), en visioconférence, aux côtés du Dr Vasantrao Gujadhur, Senior Adviser au ministère de la Santé, de Ram Etwareea, député MMM et membre du PAC, et de Radhakrishna Sadien, négociateur syndical. 

Le constat dressé par le Public Accounts Committee est sans appel. Dans son dernier rapport spécial, une démarche rare, le précédent remontant à 1997, l’instance parlementaire tire la sonnette d’alarme sur la gestion des entrepôts de médicaments du ministère de la Santé. En toile de fond : un gaspillage estimé à près de Rs 300 millions et des stocks évalués à Rs 1,8 milliard, encore consignés dans des carnets, faute d’informatisation.

Les médicaments étaient stockés dans des conditions alarmantes : des entrepôts sans électricité, exposés à des températures dépassant les 35 degrés, à l’humidité, aux moisissures et aux infestations de rats. Des conditions jugées incompatibles avec les normes sanitaires, alors même que ces médicaments sont destinés à être administrés à des patients à travers tout le pays.

Face à ces révélations, Adrien Duval se montre particulièrement alarmiste. « Le rôle du PAC, c’est de veiller à ce que l’argent public soit utilisé à bon escient. Mais là, il était devenu évident qu’il fallait tirer la sonnette d’alarme », affirme-t-il. « Nous parlons de médicaments utilisés dans les services publics, et même privés. Cela concerne la santé de tout le pays », déplore-t-il. 

Le député dénonce surtout des incohérences flagrantes dans la gestion des stocks : « Nous avons des produits toxiques stockés dans des espaces climatisés, alors que des médicaments essentiels utilisés pour des opérations chirurgicales ou des traitements de dialyse sont conservés dans des conditions déplorables ». Il évoque également des entrepôts « impossibles pour travailler », marqués par « la poussière, le manque de luminosité et l’infestation de rats ».

Pour lui, la situation n’est pas nouvelle, mais elle a été ignorée trop longtemps. « Ce que nous relevons aujourd’hui date de plusieurs années. Rien n’a été fait pour changer la situation ». Il parle d’un « drame collectif », engageant la responsabilité des gouvernements successifs. Parmi les urgences identifiées figurent la fermeture immédiate de deux à trois entrepôts et la mise en place d’un entrepôt moderne, tant en infrastructure qu’en gestion.

Un diagnostic largement partagé par le Dr Vasantrao Gujadhur, qui évoque un « problème systémique ». Selon lui, le PAC a mis en lumière des enjeux d’« occupational health and safety », avec un risque sanitaire réel, une chaîne d’approvisionnement « en échec » et une situation qui perdure « depuis plus de dix ans ».

Toutefois, il nuance en apportant des éléments de contexte. « Plusieurs discussions ont eu lieu à différents niveaux. Le bureau de l’audit avait déjà fait mention de ces problèmes ». Des contraintes structurelles et administratives ont freiné les actions, fait-il ressortir. « Il y a un manque de ‘procurement officers’, et certaines procédures prennent du temps ». Il assure néanmoins que des mesures sont enclenchées : « Une ‘expression of interest’ a été lancée, le processus est en cours, mais cela ne se règle pas du jour au lendemain ».

Du côté syndical, Radhakrishna Sadien affiche une certaine exaspération. « Le rapport est choquant, certes, mais ce n’est pas la première fois que nous entendons cela ». Il rappelle que des alertes avaient déjà été lancées, notamment dans le rapport de l’audit de 2021. « Je me demande quel est le but de ces rapports. Est-ce juste pour les mettre dans les tiroirs ? ». Une question qui traduit un sentiment d’immobilisme face à des problèmes récurrents.

Une lecture que ne partage pas entièrement Ram Etwareea. Le député estime que le tableau dressé est quelque peu exagéré. « Il me semble qu’il y a eu une certaine dramatisation du problème », avance-t-il, évoquant un risque de récupération politique. Il souligne néanmoins que des manquements existent, tout en rappelant que « le ministère a déjà effectué plusieurs visites et pris connaissance de la situation ». Selon lui, l’enjeu est désormais de « travailler sur des solutions concrètes plutôt que de pointer du doigt ».

Transfert imminent vers Phoenix, promet Anil Bachoo

Le ministre de la Santé, Anil Bachoo a réagi à la publication, hier, du rapport accablant du Public Accounts Committee sur le stockage des médicaments. Il annonce qu’un bâtiment a été identifié à Phoenix pour accueillir les produits actuellement entreposés dans des sites jugés défaillants, notamment à Plaine Lauzun et à New Grove.  Le transfert des médicaments, en particulier depuis les entrepôts les plus dégradés, devrait intervenir dans les mois à venir, une fois les procédures complétées. « Si tou pe pase bien, nou pou fer transfer dan bann mwa ki pe vini. Kan mo pran desizion legalman. Si tou korek, mo pou al de lavan deswit », a-t-il déclaré.

Face aux constats du rapport, le ministre reconnaît que la situation est préoccupante. Il souligne, toutefois, que les manquements relevés concernent en grande partie la gestion de l’ancien gouvernement. « Consultancy finn fer. Zot inn pey enn gro larzan, me ziska ler pena okenn batiman ki finn fer », a-t-il déploré.Cependant, il admet que la situation ne s’est pas encore nettement améliorée depuis sa prise de fonction : « Mo pa pou dir ki pena problem. Problem ena. Mo pa pou dire non », avant d’assurer que des mesures correctives sont en cours pour remédier aux défaillances relevées. 

Parmi les priorités figurent la réorganisation du stockage et l’amélioration des infrastructures. Des solutions durables seront aussi mises en place pour mieux conserver les médicaments. 

Sarvesh Bhugowandeen

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