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Mauritius International Art Fair : à la rencontre de fascinantes formes artistiques

Quatre des artistes internationaux participant à la Mauritius International Art Fair (MIAF), organisée par ZeeArts et l’Economic Development Board, nous invitent dans leur univers. Ils pratiquent des formes artistiques différentes et certains mêlent le bien-être à l’art. 


Diaa Allam.
Diaa Allam.

Diaa Allam : art se conjugue avec automobile

Diaa Allam est un des rares artistes à pratiquer l’art sur les véhicules. Le 10 août, il a montré son talent de calligraphe sur une Land Rover Defender au Port-Louis Waterfront. Sa passion pour la calligraphie arabique remonte à son enfance. « Je pratique la calligraphie sur plusieurs surfaces. Ce n’est qu’en 2015, quand j’ai quitté l’Égypte, mon pays natal, pour Dubaï, que j’ai découvert une nouvelle possibilité. J’ai d’abord élaboré une calligraphie sur ma propre voiture. J’étais satisfait du résultat. J’ai renoué l’expérience avec une autre voiture. » 

Il s’agit de sa première visite à Maurice. Il confie qu’il ne connaissait pas l’île avant de recevoir l’invitation de faire partie de la MIAF. Il s’est documenté et était fasciné par le paysage de Maurice. Diaa Allam est d’ailleurs un Urban Planner and Landscape Architect. Il a fondé Naht De-signs, la première marque de calligraphie arabique dans le domaine de la mode et du lifestyle aux Émirats arabes unis. C’est aussi un spécialiste du graffiti. 

Diaa Allam fait de la calligraphie sur voiture.
Diaa Allam fait de la calligraphie sur voiture.

Jérôme TOQ’R ou l’art de l’interprétation spontanée

L’artiste français a participé notamment à la fête des Lumières.
L’artiste français a participé notamment à la fête des Lumières.
Jerome
Jérôme TOQ’R se spécialise dans l’interactive public art.

Jérôme TOQ’R, artiste plasticien français, faisait partie de la délégation. Il a participé à plusieurs festivals d’art, comme la fête des Lumières à Lyon, La Nuit blanche. Il débarque à Maurice après 35 ans.

Autodidacte, il a évolué dans un univers artistique avec son oncle sculpteur. « J’ai aussi été très sensibilisé à l’art et aux installations artistiques sur l’espace public à travers des rencontres avec des artistes comme Josep Grau Garriga en particulier, en 1989. J’ai une formation initiale en sciences sociales et sciences de l’éducation. Responsable de formation, j’accompagnais tous mes cours avec des ateliers de pratiques artistiques », confie-t-il. Progressivement, l’art a pris toute la place dans sa vie et il a décidé de se consacrer à des projets artistiques coopératifs.

En effet, son parcours artistique a été jalonné de performances coopératives associant la population, les enfants et les adultes à la réalisation des œuvres. « Parfois, quelques dizaines de personnes, le plus souvent plusieurs centaines, croisent les pinceaux, partagent les couleurs et occupent l’espace de la toile. Les œuvres sont très souvent mises en lumière avec des dispositifs de rétroéclairages, qui produisent des effets de transparences et offrent à la toile l’impression d’être un vitrail. »

Chaque œuvre est une invitation à la déambulation, une façon aussi de redécouvrir l’espace qu’elle occupe. Dans des lieux souvent classés pour leurs valeurs patrimoniales, historiques, architecturales ou symboliques, il propose un accès à l’art simple, ludique, souvent monumental, qui passe parfois par le faire ensemble.
Dans cette même perspective, à l’occasion de la Mauritius International Art Fair (MIAF), il a réalisé, avec des Mauriciens, seize toiles assemblées en quatre cubes, réalisées in situ et en couleurs, lors d’une performance où la population était invitée à mettre en couleurs ses dessins. Le soir, la nuit tombée, chaque cube est mis en lumière. Inspiré de Maurice, qui apparaît à travers quelques éléments symboliques : la nature, l’urbanité, les animaux et les humains s’organisent des équilibres précaires, parfois proches du chaos, d’où émerge pourtant une certaine cohérence, une harmonie.

« Je privilégie l’idée d’art coopératif. Je suis un peu comme un chef d’orchestre qui donne le tempo et bat la mesure pour des musiciens. Je propose une partition graphique, une palette de couleurs que chacun s’approprie pour interpréter la toile. »

Il propose un grand coloriage collectif, où il n’est pas grave de déborder, où ce qui compte est de faire ensemble et d’accepter les différences de chacun. « Faire ensemble est primordial, la coopération permet d’unir les énergies, de franchir des obstacles impossibles en solitaire, d’agir ensemble. »

Le rôle du public est, pour l’artiste, primordial. « Il est le moteur de mon engagement artistique. Dans tous les projets artistiques que je prépare, qu’il s’agisse d’installations éphémères ou d’œuvres pérennes, je me questionne sur la nature de l’intervention de la population. Quand ? Comment ? Pour faire quoi ? Pour vivre quoi ? Je tisse des liens sensibles entre les individus, avec leur histoire, leur patrimoine, avec comme détermination de faire ensemble. »


Karen-Marie Axworthy : l’art contribue au bien-être

Karen-Marie Axworthy pratique le Hatha Yoga et crée des mandalas.
Karen-Marie Axworthy pratique le Hatha Yoga et crée des mandalas.

45 minutes de pur bonheur et de relaxation ont été proposées aux Mauriciens le 7 août. Cette session de Hatha Yoga était animée par Karen-Marie Axworthy, du Royaume-Uni. Puis, une séance de création de mandalas a eu lieu. 

« J’aime ajouter une touche de magie à mes sessions de Hatha Yoga. Je veux que les gens quittent ma classe avec une dose de magie et une sensation de bien-être », dit-elle. C’est la première fois que Karen-Marie Axworthy visite Maurice. Elle est émerveillée par le paysage de Maurice. Elle confie qu’elle a eu l’occasion de faire une excursion en hors-bord et de rencontrer des dauphins, ainsi que trois baleines. « Ce sont des créatures magnifiques, presque mythiques. Je ne comprends pas pourquoi certains veulent faire du mal à ces animaux. » 

Le Hatha Yoga est une variante du yoga, mais l’objectif reste le même. « Yoga signifie unité. Le Hatha Yoga ne se concentre pas uniquement sur les postures. Des techniques de respiration et de méditation y sont inclus également », ajoute-t-elle. Elle indique qu’elle démarre une session en demandant aux participants de fermer les yeux. La main est alors placée en position de mudra, soit la forme d’un lotus. « Le lotus est un symbole en Inde. Peu importe notre origine, nous avons la possibilité de nous épanouir et de nous développer en une belle personne », fait-elle ressortir.

Ensuite, les participants pensent à une phrase positive, avant d’enchaîner avec les postures pour s’étirer et travailler le corps. Karen-Marie Axworthy agrémente la séance avec des techniques de respiration, de l’aromathérapie, des sons et des cristaux, sa touche magique.

« J’aime cette sensation de sérénité et de vigueur que me procure une session de yoga. Je l’appelle Yoga Glow. Le corps, l’esprit et l’âme sont en harmonie. Tout comme l’art, je trouve que le yoga peut changer le monde. » Elle ajoute que le yoga a de nombreux bienfaits. Il nous apaise et nous détend.

« Le yoga est bien plus qu’une activité pour aider à mincir. Le yoga est un code de conduite pour bien vivre sa vie. Le yoga aide à se sentir libre dans son corps. Il connecte à quelque chose de plus grand… Vous pouvez lui donner l’appellation de dieu, cosmos ou univers. Il nous connecte à notre monde intérieur et à l’univers. »
Elle a commencé par créer des mandalas pour s’amuser. Elle a trouvé que cette création contribue à pratiquer la pleine conscience, soit vivre le moment présent à travers les émotions et pensées. « Cet art est une forme de méditation et il est accessible à tous. Je trouve que la création de mandalas se conjugue mieux avec une séance de yoga. Je ne le fais pas après chaque session. Le yoga ouvre davantage l’esprit. De ce fait, il a un impact sur l’art que nous souhaitons produire. » 

Karen-Marie Axworthy indique qu’elle a pratiqué le yoga de temps à autre pendant plusieurs années. Puis, elle a quitté un endroit paisible au Royaume-Uni pour s’installer dans la ville moderne et frénétique qu’est Dubaï. Elle s’intéresse d’ailleurs à l’art depuis toute petite. « Dans la vie, tout arrive pour une raison. Je devais être là où je suis actuellement. Et Dubaï m’a permis de me reconnecter avec le yoga et l’art. » 

La professionnelle a pris connaissance de la MIAF à travers Zaahira Muthy, fondatrice de ZeeArts. Elle a déjà fait partie de cette communauté.


Sébastien Echappé : quand le corps et l’art ne font qu’un

Sébastien Echappé est body paint artist depuis dix ans.
Sébastien Echappé est body paint artist depuis dix ans.

Il crée des merveilles sur le corps à partir de peinture. Le Réunionnais Sébastien Echappé, aka Seb Body Art, est l’un des rares artistes de Body Art de l’océan Indien. Il pratique cet art depuis dix ans et ne s’en est jamais lassé. Cet artiste autodidacte confie avoir toujours aimé dessiner, mais ne savait pas qu’il avait du talent. « Il y a dix ans, un ami m’a invité au Festival de coiffure. J’ai alors été amené à faire mon premier body paint, un tribal sur un bodybuilder. » Il s’en souvient encore. Comme une évidence, il réalise l’ampleur de son travail et prend connaissance de son talent. Il est d’abord sollicité par des mannequins, puis participera au Salon de l’art, à une comédie musicale pour laquelle il peint un « homme-piano », une sirène ou encore un Avatar. « C’est à partir de là que tout a décollé pour moi. » Il est également contacté à l’île Maurice pour un reportage, participera à des émissions télévisées et des concerts. « Mon art a fait le tour de Maurice, mais aussi de l’océan Indien, notamment au Carnaval international des Seychelles ou encore au concours Miss Rodrigues. »

Son art a fait le tour de l’océan Indien.
Son art a fait le tour de l’océan Indien.
L’artiste autodidacte met en place des concepts.
L’artiste autodidacte met en place des concepts.

« Tout est dans ma tête.Je m’inspire de tout ce qui m’entoure, d’une situation, d’une musique, d’un tuto sur YouTub, que je personnalise », explique-t-il. Il a d’ailleurs mis sur pied différents concepts pour des séances photo, le dernier en date étant un reptile auquel il a ajouté des reliefs, des gilets jaunes. Peindre un mannequin peut durer une heure pour un « full body ». « Selon moi, le body art ne doit pas tomber dans la vulgarité. On peut faire de belles choses sans du nu. D’ailleurs mes mannequins sont toujours habillés », précise-t-il.

Une performance live au Caudan était prévue le samedi 10 août. Une dizaine de mannequins peints en live ont déambulé au Caudan Waterfront pour se faire photographier avec le public. Le public a ainsi pu découvrir divers personnages dans des peintures les unes plus impressionnantes que les autres, une danseuse en papillon, un robot et des personnages liés à différents thèmes tels que la nature et le feu. L’ancienne Miss Mauritius Anne-Murielle Ravina faisait partie des mannequins du défilé.

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