Magazine

Mauricianisme : Edwin de Robillard, l’interculturel et la solidarité dans les actes

Mauricianisme Edwin de Robillard raconté par ses proches et Alain Jeannot.

Si le nom d’Edwin de Robillard n’évoque rien ou pas grand chose à la nouvelle génération, celle des années 70-80 se souvient encore d’un homme à la silhouette fragile, toujours souriant et d’une éternelle bonne humeur contre vents et marées. C’est l’image et l’exemple de ce pionnier de la solidarité et fraternité qu’Alain Jeannot, écrivain et travailleur social, veut faire connaître aux jeunes, parce que son parcours de travailleur social et porte-drapeau du ‘mauricianisme’ sur tous les plans demeurent plus que jamais d’actualité.

Pour restituer sa mémoire, Alain Jeannot, soutenu par son petit-fils,  Norbert de Robillard, et un de ses ‘compagnons-bâtisseurs’, R. Pillay, a organisé un atelier de travail, le jeudi 2 août au collège St-Esprit, avec pour thème ‘Le dialogue interculturel et l’engagement social’.  On peut dater l’engagement d’Edwin de Robillard au lendemain des passages des cyclones Alix et Carol, classés parmi les plus dévastateurs que Maurice ait connus. Durant ces jours sombres, il va aider à reconstruire les maisons détruites en faisant appel à la solidarité de tous les Mauriciens. Pioches et pelles à la main,  avec un groupe de personnes de bonne volonté, on se met à  chercher des poutres et feuilles de tôles. Car, il veut donner l’exemple afin que naisse un élan national  pour reconstruire le pays.

Cette solidarité, il la croit possible, voire innée en tout être humain, car chez lui, l’humanisme est supérieur à toute forme d’idéologie. Même s’il puise sa force dans ses convictions religieuses, il prône un œcuménisme indispensable pour donner corps à cette fraternité. Pour s’en convaincre, rappelle Alain Jeannot, il suffit de s’attarder sur les neuf stèles qu’il a fait ériger autour de l’île au nom de Solidarité Fraternelle Mauricienne et qui comportent des messages d’harmonie en cinq langues, « un témoignage de son engagement pour le vivre ensemble ».

« Il a également été co-fondateur de la Blood Donors Association, éditeur à La Vie Catholique et La voix des jeunes et citoyen du monde enregistré ayant participé aux 19e et 20e assemblées de l’UNESCO, pour ne citer que quelques réalisations», poursuit Alain Jeannot pour souligner son engagement élargi sur plusieurs fronts. Norbert de Robillard, lui, se rappelle que son grand-père avait vendu sa villa située à Roches-Brunes pour se dévouer corps et âme aux idéaux qu’il s’était fixés. «Il était jovial, humain, dévoué à sa famille et très engagé dans l’aide au voisinage. Même quant tout allait mal, il conservait le sourire », se souvient-il.  Avec un groupe d’amis, baptisés ‘Les compagnons bâtisseurs’, il parcourt l’ile, courant les rues, poussant les salles de rédaction pour leur remettre ses pamphlets prêchant toujours la solidarité.

Avec, entre autres, José Allet, il fonde la branche locale de  Service Volontaire International, une association à but non-lucratif.  « Il rappelle que les devoirs de l’homme s’accompagnent aussi des droits», explique José Allet.

Son largesse d’esprit, il la doit aussi à ses nombreux voyages, qui l’avaient emmené dans une quarantaine de pays, surtout en Afrique subsaharienne.

Comment perpétuer la mémoire d’un tel homme et ériger son parcours en exemple, à l’heure de l’accoutumance des jeunes à leurs smartphones et le triomphe du matérialisme et de l’individualisme ? À  l’heure des questions aux élèves du St-Esprit, collège qu’Edwin de Robillard et Alain Jeannot ont fréquenté, on s’est rendu compte de la difficulté de transmettre les valeurs de fraternité et de solidarité. Mais Alain Jeannot, qui en a pris la température, ne compte pas baisser les bras, puisque «l’exemple d’Edwin de Robillard vaut d’être raconté à travers l’ile, parmi les jeunes », insiste-t-il.

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !