Maurice-Russie : les images oubliées d’une histoire commune
Par
Waren Marie
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Waren Marie
Des navires soviétiques aux étudiants mauriciens à Moscou, une exposition dévoile les images méconnues d’un demi-siècle de liens entre Maurice et la Russie, au-delà des relations officielles.
Une route poussiéreuse entre Mahébourg et Curepipe en 1968. Des marins soviétiques posant devant le monument de Vladimir Lénine à Port-Louis. Des étudiants africains, asiatiques et européens réunis à Moscou autour de la langue russe. Une usine textile mauricienne en pleine activité dans les années 1980. Ces photographies, vieilles de plusieurs décennies, racontent une histoire peu connue : celle des liens tissés entre Maurice et la Russie depuis plus d’un demi-siècle.
Présentée vendredi 12 juin 2026 au Hennessy Park Hotel à Ébène, à l’occasion de la Fête nationale de la Fédération de Russie, une exposition photographique a plongé les invités dans les archives de cette relation bilatérale, depuis les premières années qui ont suivi l’indépendance de Maurice.
À travers une vingtaine de clichés, l’exposition retrace une époque où les relations entre Port-Louis et Moscou se développaient dans le contexte particulier de la Guerre froide. En 1973, le Premier ministre Seewoosagur Ramgoolam rencontrait ainsi Alexei Kosygin à Moscou, alors président du Conseil des ministres de l’Union soviétique, dans le cadre des efforts de Maurice pour diversifier ses partenariats internationaux.
Mais ces archives racontent aussi une histoire humaine. Elles montrent des étudiants mauriciens partis se former en Union soviétique, à l’image de Ramjutun Uday, qui participait en 1979 à une Olympiade de langue russe destinée aux étudiants étrangers. Elles témoignent également d’échanges scientifiques et maritimes, notamment avec la présence de navires soviétiques dans le port de Port-Louis au début des années 1970.
Certaines images rappellent les moments où cette coopération a pris une dimension plus concrète. Après le passage dévastateur du cyclone Gervaise, le navire soviétique Sergei Lazo avait rejoint Maurice pour participer aux opérations de secours, acheminant du matériel et apportant une aide aux régions sinistrées.
D’autres photographies racontent simplement le quotidien d’une île en transformation : une usine de tricotage de Port-Louis en 1985, une fête des récoltes en 1977, ou encore des enfants au Fort Adelaide en 1979, autant de scènes qui replacent cette histoire diplomatique dans la réalité sociale et économique de Maurice.
Plus que des archives diplomatiques, ces clichés sont les fragments d’une époque où les relations internationales se racontaient aussi à travers des navires, des étudiants, des catastrophes naturelles et des rencontres humaines.