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Maurice, paradis tropical… des déchets compris

Par Waren Marie
Publié le: 7 June 2026 à 14:00

Alors que le pays célèbre la Journée mondiale de l’environnement, les décharges sauvages se multiplient : déjà 575 plaintes enregistrées depuis le début de l’année.

Un sac-poubelle jeté dans un terrain vague. Des canettes abandonnées sur une plage. À Maurice, ces scènes deviennent si fréquentes qu’elles finissent presque par faire partie du décor. Pourtant, derrière cette banalisation se cache une réalité inquiétante : depuis le début de l’année 2026, 575 plaintes pour « illegal dumping » ont déjà été enregistrées à travers le pays.

Pour une île vendue comme une carte postale tropicale, le contraste est brutal. Lagons turquoise et plages immaculées continuent d’attirer les visiteurs, mais dans l’ombre des brochures touristiques, les déchets gagnent du terrain. Les dépôts sauvages se multiplient le long des routes ou au pied des ravines, malgré les sanctions prévues par la loi. Célébrée le vendredi 5 juin, la Journée mondiale de l’environnement ramène le sujet au cœur du débat public : Maurice est-elle en train de perdre le respect de ses propres espaces communs ?

À la tête de la Police de l’environnement, l’inspecteur Vishwanaden Amasay estime que la clé réside dans la mobilisation des citoyens. Il insiste d’ailleurs sur un point crucial : toutes les plaintes reçues sont traitées de manière strictement confidentielle. Une garantie d’anonymat essentielle pour encourager les Mauriciens à signaler les comportements irresponsables qui dégradent leur région.

Mais derrière les détritus abandonnés, il y a aussi une facture qui s’alourdit pour les contribuables. Le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, en a fait l’un de ses principaux combats. En début d’année déjà, il dénonçait le coût grandissant des opérations de nettoyage financées par l’État.

Chaque année, des millions de roupies sont dépensées pour ramasser les déchets jetés dans les caniveaux ou sur les plages. Un argent public qui fait cruellement défaut ailleurs, notamment dans les projets d’infrastructures ou l’embellissement du territoire. Le problème touche aussi à la santé publique : si notre environnement n’est pas propre, c’est notre santé qui en souffre. 

Le message est simple : arrêter de salir pour enfin protéger. À force de nettoyer derrière les contrevenants, Maurice donne parfois l’impression de courir après ses propres déchets. Combien de temps encore l’île pourra-t-elle préserver son image de paradis ?

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