Matricide à Phoenix de Beedwantee Beeharry - sa fille : «Nous lui avons dit de ne plus aller chez elle, mais elle repartait toujours»

Par Le Défi Plus
Publié le: 7 mars 2026 à 18:30
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Beedwantee Beeharry a succombé aux coups portés par son fils mardi soir.
Beedwantee Beeharry a succombé aux coups portés par son fils mardi soir.
  • Kaylash Sharma, le présumé meurtrier, avait sombré dans l’alcool

Beedwantee Beeharry, 63 ans, mère aimante et active sur TikTok, a été victime de violences répétées de son fils à Phoenix. Derrière son sourire se cachait un calvaire familial qui a tragiquement pris fin mardi soir.

Beedwantee Beeharry, âgée de 63 ans, était une mère attentionnée et dévouée, connue à Phoenix et très active sur TikTok. Son sourire chaleureux masquait cependant une souffrance profonde qu’elle traînait depuis plusieurs années. Mère de deux enfants — un garçon et une fille —, elle vivait avec son fils Kaylash Sharma, en qui elle espérait trouver soutien après tant d’années d’efforts et de sacrifices. Malheureusement, au lieu de réconfort, elle a vécu un véritable enfer. Le soir du mardi 3 mars, elle a été frappée si fort par son propre fils qu’elle ne s’est plus réveillée. Un drame familial qui bouleverse sa famille, mais aussi tout le quartier où elle vivait.

Beedwantee Beeharry a longtemps vécu à Allée Jacques, Saint-Paul, Phoenix. Cette femme aimable ne vivait que pour sa famille. « Cela fait de nombreuses années que je la connais. Nous avons travaillé à l’usine. Elle a travaillé dur et a pu économiser pour s’acheter cette parcelle de terrain et y construire sa maison. Je connais ses enfants depuis qu’ils sont petits, dont son fils », relate un voisin.

Directeur d’une compagnie de sécurité

Avec son époux, ils faisaient tout pour leurs enfants. Leur fille s’est mariée et est partie s’installer à Brisée Verdière. Leur fils Kaylash Sharma s’est aussi marié. Il est père de famille également. Il y a quelque temps, il était directeur d’une compagnie spécialisée dans la sécurité. Toutefois, à en croire son entourage, il a sombré dans l’alcool, négligeant ses proches. « Son mariage n’a pas tenu à cause de son attitude. Il boit et devient violent. Il cherche des ennuis auprès de tout le monde », raconte Bijianand, un autre voisin.

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Le fils est passé aux aveux après ce meurtre.
Le fils est passé aux aveux après ce meurtre.

Luchmee, la fille de Beedwantee et sœur de Kaylash, explique que son penchant pour la boisson a tout détruit. « Il boit beaucoup. Même lorsque notre père était encore en vie, il nous brutalisait », avance-t-elle. Les visites chez ses parents à Allée Jacques étaient devenues des moments embarrassants : « Lorsque nous nous rendions chez maman, il s’en prenait à nous, haussant le ton et nous chassant ». Elle s’abstenait alors de se rendre chez sa mère pour éviter les ennuis.

Cependant, « li pa resli dormi ena fwa so lakaz. Mo frer tro fatig li », indique Luchmee. Sa mère passait alors le week-end chez elle. Un moment de répit et de calme pour la sexagénaire qui racontait alors à sa fille toutes les peines qu’elle rencontrait avec Kaylash. À chaque fois que sa maman repartait, elle s’inquiétait. Elle se souvient lui avoir dit maintes fois de ne pas y retourner et de rester avec elle. « Plizier fwa nou finn dir li ress la mem, me li pa le », se rappelle Luchmee. « Sak kout, Kaylash ti p dir mo mama li pou touy li, me mo mama pa ti pran li kont », ajoute-t-elle. « Je ne comprends pas pourquoi elle tenait tant à retourner chez elle », soupire-t-elle.

La retraitée avait également trouvé un autre moyen de fuir les violences de son fils. « Elle était très active sur TikTok.

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Beedwantee Beeharry
La victime était très active sur la plateforme TikTok.

C’était sa façon de décompresser et de penser à autre chose », confie sa fille. À chaque fois qu’elle se retrouvait seule chez elle, Beedwantee en profitait pour se mettre en scène et poster ses vidéos sur la plateforme. Sur des chansons bollywoodiennes, des cantiques et des chants religieux, elle se laissait aller, oubliant pour quelques instants les violences de son fils. Mardi prochain, cela va faire un an que son époux est mort, emporté par la maladie. « Mon père lui manque beaucoup. Elle a fait une vidéo où elle tient sa photo », poursuit-elle.

Très attachée à sa maman, Luchmee ne s’attendait pas à ce que son frère commette un acte aussi atroce. « Nou pa ti atann li pou fer sa », lâche-t-elle encore sous le choc. « Mon monde s’est écroulé », lâche-t-elle.

Dans le voisinage, les habitants sont tous affligés par ce drame familial et indignés par l’attitude de Kaylash. « Nous avons tous eu affaire à lui. Un jour, il s’en était pris à mon frère, je suis intervenu et je l’ai frappé », fulmine Bijianand Mudhoo. « Pas plus tard que le matin où il y a eu ce crime, il avait foncé en voiture sur un habitant du quartier. Il fait n’importe quoi. Quand il est saoul, même les gens qui passent devant sa porte sont la cible de ses invectives », déplore le voisin.

Mardi, Beedwantee était à la maison quand tout a basculé. « Kaylash buvait et s’était rendu auprès de sa mère pour lui demander de lui remettre de l’argent afin qu’il s’achète encore deux bouteilles de bière. Sa maman a refusé », relate Bijianand. Lors de cette énième dispute, la sexagénaire n’a pu fuir. Son fils l’a frappée violemment contre le mur à plusieurs reprises. Beedwantee Beeharry a succombé à ses blessures. L’autopsie a révélé qu’elle était morte des suites d’une dislocation de la nuque. 

Placé en état d’arrestation, Kaylash a été inculpé pour meurtre. « Ce mardi, une prière était prévue pour le premier anniversaire de la mort de mon père. Ma mère se préparait déjà à ce moment, hélas… », lâche Luchmee. Les funérailles de Beedwantee ont eu lieu jeudi dernier au domicile de sa fille.

« Celui qui ne connaît pas la valeur de sa mère ne connaît pas la valeur de la vie. »

Beedwantee Beeharry était suivie par 1,786 abonnés et totalisait 35,900 likes sur TikTok. Elle y mettait tout son cœur.

Dans l’une de ses publications, une voix résonne : « Celui qui ne connaît pas la valeur de sa mère ne connaît pas la valeur de la vie. Avant d’apprendre à marcher, c’est elle qui t’a porté. Avant que tu ne saches parler, c’est elle qui a compris tes silences… » Des propos qui illustrent tragiquement le calvaire qu’elle endurait face à son fils.
 

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