Marise Figaro, 83 ans, meurt noyée : des retrouvailles familiales qui s’achèvent par une tragédie
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Le Défi Quotidien
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L’insouciance des vacances a viré au drame à Tamarin. Après la noyade de Marise Figaro, 83 ans, son fils dénonce avec amertume la lenteur des secours et les failles du système.
Ce qui devait être d’heureuses retrouvailles s’est tragiquement transformé en deuil pour la famille Figaro. Benjamine Marise Figaro, une octogénaire de 83 ans, a péri noyée le lundi 13 avril alors qu’elle séjournait dans un campement à Tamarin. Au-delà de la perte, ses proches pointent aujourd’hui du doigt la lenteur jugée « inadmissible » des services de secours.
« Je voulais simplement profiter de ma maman pendant ces vacances », confie Benny, le cœur brisé. Pour ce fils établi en Suisse, ce séjour à Maurice revêtait une importance particulière. Arrivé sur l’île le 3 avril dernier avec son épouse et leur petite fille, il n’était pas revenu au pays depuis un an. « L’année dernière, nous étions venus pour présenter notre fille à ma mère. Cette année, nous voulions passer un peu plus de temps ensemble », explique-t-il.
Après un premier séjour à Grand-Baie et quelques visites familiales, la famille s’était installée dimanche soir dans un campement à Tamarin pour quelques jours de détente. Le lundi matin, la famille profite de la plage dès les premières heures. Malheureusement, le bonheur sera de courte durée.
« Ma mère se baignait de son côté pendant que nous avancions un peu plus loin dans l’eau avec ma femme et ma fille. C’est là que nous l’avons perdue de vue », relate Benny. En se retournant, la famille aperçoit l’octogénaire en difficulté, luttant contre les flots. Malgré une intervention rapide de ses proches pour la ramener sur le sable, et bien qu’elle soit encore consciente à sa sortie de l’eau, l’état de Marise Figaro se dégrade brutalement. Elle perd connaissance quelques instants plus tard.
Le récit de Benny se fait alors plus amer lorsqu’il évoque l’organisation des secours. Malgré les appels répétés des témoins et des proches vers les numéros d’urgence médicale, le temps s’écoule sans qu’aucune ambulance ne se présente. « Ce sont d’abord les employés de l’hôtel voisin qui nous ont aidés, notamment leur infirmière qui a dirigé les manœuvres de réanimation. Les garde-côtes ne sont arrivés qu’une bonne demi-heure plus tard, suivis de la police après 45 minutes », déplore-t-il.
L’indignation de la famille atteint son paroxysme lorsqu’une ambulance privée finit par arriver, une heure après l’alerte, sur réquisition de la police. « Un policier m’a expliqué qu’une ambulance était en panne, une autre déjà occupée, tout comme le SAMU. Je ne comprends pas comment il est possible qu’aucune ambulance d’un hôpital public n’ait pu intervenir », s’indigne le fils de la victime. Si Benny concède que cela n’aurait peut-être pas sauvé sa mère, il estime que cela aurait au moins apporté une lueur d’espoir dans ce chaos.
« Hier, la colère était vive. Aujourd’hui, c’est l’incompréhension totale. Comment fonctionnent les urgences médicales à Maurice ? », s’interroge-t-il. L’autopsie a confirmé que le décès est dû à une asphyxie causée par la noyade.
Marise Benjamine Figaro laisse derrière elle l’image d’une femme rayonnante. « Ma mère était la joie de vivre incarnée, très conviviale, toujours entourée de ses voisins et de ses amis », conclut son fils. Les funérailles ont eu lieu mardi après-midi, marquant la fin tragique d’un voyage qui se voulait être celui de la tendresse retrouvée.