Marie Noëlie Ami : 110 ans et un courage infaillible

Par Ajagen Koomalen Rungen 
Publié le: 14 mars 2026 à 18:30
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L'habitante de Pointe-aux-Piments reste lucide. Le foi occupe une place importante dans la vie de Marie Noëlie Ami. La bienveillance de la dame est remarquable, selon ses proches.
L'habitante de Pointe-aux-Piments reste lucide. Le foi occupe une place importante dans la vie de Marie Noëlie Ami. La bienveillance de la dame est remarquable, selon ses proches.

Assise dans son salon à Pointe-aux-Piments, Marie Noëlie Ami a un sourire paisible et un regard vif. Le 4 mars 2026, elle a célébré ses 110 ans. Elle est lucide, attentive et toujours prête à partager des mots d’encouragement. Elle garde la foi et l’espérance. « Il faut toujours avoir du courage », dit-elle calmement. 

Le 4 mars 1916, lorsque Marie Noëlie Ami voit le jour, Maurice est une île bien différente de celle d’aujourd’hui. Les routes sont peu nombreuses, les maisons sont simples et la vie se déroule lentement au rythme du travail et des saisons. 

Elle naît et grandit dans la région de Pointe-aux-Piments, un endroit qui est ancré dans son cœur. Pour elle, ce lieu représente bien plus qu’un village, c’est le théâtre de toute son histoire. 

« C’est ici que j’ai vu le jour, que j’ai grandi et que j’ai construit ma vie », raconte-t-elle avec émotion. Elle se souvient des chemins de terre, des maisons entourées de verdure et des enfants qui jouaient pieds nus du matin au soir. 

La pauvreté faisait partie de la vie quotidienne, mais la solidarité était forte. « Nous n’avions pas beaucoup de choses, mais les gens avaient du cœur », explique-t-elle. « Quand quelqu’un avait besoin d’aide, les voisins étaient toujours prêts à tendre la main. »

Une enfance simple

Les souvenirs d’enfance de Marie Noëlie Ami sont remplis d’images simples et sincères. Les tâches familiales, les jeux avec les autres enfants et les longues conversations avec les anciens composaient ses journées. À cette époque, les personnes âgées transmettaient leurs conseils et leur expérience de la vie. Les jeunes écoutaient avec respect. 

« Les anciens nous apprenaient surtout à respecter les autres et à rester humbles », dit-elle. Malgré les difficultés économiques, elle garde de cette période une impression de bonheur simple. « Nous étions pauvres, mais nous savions partager », raconte-t-elle. 

« Et quand les gens partagent, la vie devient plus douce. » C’est aussi pendant ces années qu’elle développe une habitude : encourager les autres avec des paroles positives. « Un mot gentil peut changer la journée de quelqu’un », avance-t-elle.

Une jeunesse au travail

Comme beaucoup de jeunes de son époque, Marie Noëlie Ami commence à travailler très tôt. La vie demande des efforts et chacun doit contribuer à aider la famille. Elle occupe plusieurs emplois au fil des années. Elle travaille comme femme de ménage, laboureur dans les champs et également au moulin. Les journées sont longues et fatigantes, mais elle ne se plaint pas. 

« Le travail n’est jamais une honte. Ce qui compte, c’est d’être honnête et de faire les choses avec dignité. » Malgré la fatigue, elle garde une attitude positive. Elle motive souvent les personnes qui se sentent découragées. « Quand une personne passe par un moment difficile, il faut lui rappeler qu’elle peut se relever », dit-elle. Cette façon de penser deviendra un trait de sa personnalité.

La rencontre avec Renel

À 18 ans, un événement important change sa vie. Elle rencontre Renel, un pêcheur de la région. La mer rythme la vie de cet homme simple et courageux qui passe de longues heures à travailler pour gagner sa vie. Entre eux, la complicité naît rapidement. « Il était un homme bon et travailleur », raconte-t-elle avec un sourire. Leur relation se construit sur le respect et la confiance. « L’amour ne se résume pas à de belles paroles », explique-t-elle. « L’amour, c’est rester ensemble même quand la vie devient difficile. » Ils se marient en 1935 lors d’une cérémonie simple, mais pleine de joie. Pour eux, c’est le début d’une nouvelle vie.

Une grande famille

Un an après leur mariage, leur premier enfant naît. Marie Noëlie Ami a alors 20 ans et découvre la responsabilité de devenir mère. Au fil des années, la famille s’agrandit. Elle aura sept enfants, cinq garçons et deux filles. 

La maison devient un lieu animé où les rires d’enfants remplissent les journées. Mais la vie n’est pas toujours facile. L’argent manque souvent et chaque jour demande des sacrifices. « Une mère doit être forte », dit-elle. « Même quand elle est fatiguée, elle continue pour ses enfants. »

Pour nourrir sa famille, Marie Noëlie Ami travaille dur et ne compte pas ses efforts. Elle se souvient des périodes pendant lesquelles la nourriture était rare et quand il fallait faire preuve de courage. 

« Parfois, je dormais avec le ventre vide, mais mes enfants avaient toujours quelque chose à manger », raconte-t-elle. Les repas étaient simples : manioc bouilli, patates ou légumes. Pourtant, ces plats restent gravés dans la mémoire de ses enfants. 

« Un repas simple devient un festin quand il est partagé avec amour », indique-t-elle. Aujourd’hui encore, elle préfère manger des légumes, une habitude héritée de ces années de simplicité.

Les épreuves de la vie

La vie apporte aussi des moments de grande tristesse. Au fil des années, certains de ses enfants disparaissent. Aujourd’hui, seuls deux sont encore en vie : Philippe, 75 ans, et Wilson, 72 ans. Lorsqu’elle parle de ceux qui sont partis, sa voix devient plus douce. 

« Une mère n’oublie jamais ses enfants », murmure-t-elle. Ces pertes ont été des épreuves très difficiles, mais elle a trouvé la force de continuer grâce à sa foi. « C’est la volonté de Dieu. Nous devons tous partir un jour. »

Le 25 septembre 1971, un autre moment douloureux survient dans sa vie. Son époux Renel décède. Elle doit alors continuer seule et rester forte pour sa famille. « La vie ne s’arrête pas parce que le cœur est triste », explique-t-elle. « Il faut continuer pour ceux qui restent. »

Avec le temps, la famille de Marie Noëlie Ami s’agrandit. Aujourd’hui, elle compte 39 petits-enfants et 80 arrière-petits-enfants. Lors des réunions familiales, la maison se remplit de rires et de conversations. Elle observe cette grande famille avec fierté et gratitude. « Quand je vois tous ces enfants autour de moi, je remercie Dieu. »

Même à 110 ans, Marie Noëlie Ami encourage les autres. Les voisins et les membres de sa famille aiment venir discuter avec elle. Elle trouve toujours les mots justes pour réconforter quelqu’un.

La volonté de Dieu

La foi occupe une place essentielle dans sa vie. Elle va à la messe à l’église Saint-Jean-Marie-Vianney, souvent accompagnée par ses petits-enfants. Pour elle, sa longévité n’est pas un mystère. 

« Si je suis arrivée à 110 ans, c’est la volonté de Dieu. Je ne sais pas ce que demain nous réserve, mais je demande seulement que ma famille reste unie et heureuse. »

Beaucoup de visiteurs lui demandent quel est son secret pour vivre aussi longtemps. Elle répond toujours avec le même sourire. « Il n’y a pas de secret. Mangez simple, travaillez honnêtement et gardez un cœur tranquille. »

Marie Noëlie Ami transmet une sagesse précieuse. Ses phrases sont courtes, mais pleines de sens. « Soyez bons avec les autres. Aidez quand vous le pouvez et gardez la foi. » Ces mots résonnent comme un héritage.

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