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Marie Hélène Gérard : l’amour debout au milieu des ombres

Par Le Dimanche /L' Hebdo
Publié le: 8 mars 2026 à 18:00
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Marie Hélène Gérard incarne une maternité faite de courage silencieux.

Marquée par la perte d’une jumelle siamoise et le handicap de la seconde, Marie Hélène Gérard porte seule sa famille. Portrait d’une mère dont la volonté défie chaque jour la fatalité.

Marie Hélène Gérard, 43 ans, sait exactement quel jour sa vie a basculé. Avant ce jour, il y a une femme qui travaille à l’usine à Beau-Vallon, qui suit des cours pour devenir éducatrice pré-primaire, qui élève trois fils, qui croit au foyer qu’elle construit avec son mari depuis le 28 avril 1999.

Et puis vient l’accouchement. Des jumelles siamoises. Une opération pour tenter de les séparer. L’une des petites ne survit pas. L’autre, Marie-Cléanne, s’accroche à la vie. Marie Hélène sort de là avec une fille dans les bras et une morte dans le cœur. Elle doit apprendre à sourire à celle qui reste, tout en portant le deuil de celle qui est partie. Elle doit se lever le lendemain, et le jour d’après, et tous les jours suivants, avec cette double réalité cousue en elle pour toujours. « Jusqu’à aujourd’hui, j’avoue pleurer encore ma fille disparue. »

Marie-Cléanne grandit. Elle a aujourd’hui 7 ans. Elle a besoin d’aide pour se déplacer ; chaque pas, chaque mouvement demande un appui. Marie Hélène est là. Toujours là. Le matin, le soir, pour chaque moment difficile.

En 2019, elle se sépare de son mari. Ses fils – 19, 17 et 10 ans à l’époque – choisissent tous de rester avec elle. Elle quitte Vieux-Grand-Port pour s’installer chez ses parents à Sainte-Croix. Sa mère, 67 ans, est en mauvaise santé. Une personne de plus qui a besoin d’elle.

Alors, elle organise. Chaque matin, elle se lève avant tout le monde. Elle prépare le petit-déjeuner, le déjeuner, s’assure que chacun part avec ce qu’il faut – les deux fils aînés au travail, le troisième au collège, Cleanne accompagnée, sa mère installée. Puis, elle part travailler à son tour. Le soir, elle recommence dans l’autre sens.

« Très forte dans la tête et dans l’action. » C’est ainsi qu’elle se décrit. Pas comme une héroïne. Comme une femme qui a regardé tout ce que la vie lui envoyait et qui a décidé, chaque matin, de ne pas plier. Elle pleure encore sa fille. Elle tient Cleanne debout. Elle fait les deux en même temps, depuis ce jour qui a tout changé. C’est ça, sa vie. Entière, douloureuse, et debout.

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