Marie Dorothée Venkatasamy, une troisième centenaire à la Ruth House

Par Pradeep Daby
Publié le: 16 mars 2026 à 15:45
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marie
La centenaire, Marie Dorothée Venkatasamy, entourée de Ghislaine Marie (à g.) et Marilyn Williams.

L’île Maurice a célébré son deuxième centenaire de 2026 en la personne de Marie Dorothée Venkatasamy, née le 24 février 1926 à Curepipe. L’évènement a été organisé à la Ruth Home, Rose Hill, où la centenaire est prise en charge. Elle est la troisième centenaire hébergée par la maison de retraite, la plus âgée fêtera ses 102 ans cette année.

C’est un centenaire aux yeux bleus, au sourire facile, qui nous accueille à la maison de retraite à Rose Hill. Dans sa chambre à l’étage, les photos pieuses voisinent avec celles de sa famille, ses enfants et petits-enfants. « Nous sommes une petite famille », indique Marie Dorothée Venkatasamy, née Auleebux dans une famille de cinq enfants. « Mon père était directeur d’école et ma mère, une Française, était femme au foyer. C’est elle qui m’a donné ces yeux bleus, mais je ne me souviens pas trop d’elle. Tout ce que je sais, c’est qu’elle était arrivée à Maurice durant la guerre. Elle est décédée alors que j’étais encore jeune, », confie-t-elle, entourée de Ghislaine Marie et Marilyn Williams, deux responsables du centre. Scolarisée au collège Becherel, elle réussit son parcours secondaire et deviendra enseignante à l’école Notre-Dame-des-Victoires.

Dodoll

À 22 ans, celle qu’on surnomme affectueusement Dodoll épouse Sylvain Venkasamy, lui enseignant à l’école Saint-Enfant-Jésus à Rose Hill. Après son mariage, le couple s’installe près de l’église Notre-Dame-de-Lourdes, que la jeune femme fréquente assidûment. De leur union naissent trois progénitures, aujourd’hui réduites à deux.

Dodoll sera enseignante durant toute sa vie, mais, au décès de son mari et après le mariage de ses enfants et un conseil de famille, elle accepte d’être placée dans le centre de retraite de Rose Hill en 2018. « J’avais les services d’un garde-malade, mais j’ai fait une chute. C’était devenu un peu compliqué pour mes deux enfants, Jean et Sylviane, d’être constamment auprès de moi », raconte-t-elle encore. À la Ruth Home, il n’y a pas longtemps, elle descendait dans la salle à manger voir d’autres pensionnaires en compagnie desquelles elle riait à gorge déployée. Depuis, c’est devenu un peu dur pour elle de descendre et de remonter les escaliers, expliquent Ghislaine Marie et Marilyn Williams. Toujours chevillée par sa foi, un taxi la conduit à la messe dominicale à l’église Notre-Dame-de-Lourdes. Très proches de la centenaire, Ghislaine Marie et Marilyn Williams confient que celle-ci a encore des réflexes de l’enseignante. « Elle est très disciplinée et parfois elle peut être sévère », expliquent-elles.

Thé sucré et biscottes

Ses journées quotidiennes ressemblent à du papier musique avec le réveil à 6 heures suivi de son petit déjeuner avec du thé sucré et des biscottes. Ensuite, elle se repose un peu avant le déjeuner, pendant lequel elle mange de tout. « Mais elle a une préférence pour le poulet et son péché mignon est le chocolat. Il arrive qu’elle n’ait pas trop d’appétit », confie Ghislaine Marie. Durant ses années actives, elle a beaucoup voyagé, mais en France, où elle s’est aussi rendue, elle avoue n’avoir jamais ressenti le besoin de rechercher les proches de sa mère. Férue de lecture de romans policiers et de séries à la télé, la centenaire éprouve de temps en temps des trous de mémoire, mais elle reste lucide et attribue sa longévité à sa foi.

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