Marée noire : un nouveau plan national de réponse avalisé par le conseil des ministres
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Defimedia.info
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Le Conseil des ministres a avalisé, vendredi, une version entièrement révisée du National Oil Spill Contingency Plan (NOSCP), visant à renforcer la capacité de Maurice à prévenir et à gérer efficacement les déversements accidentels d’hydrocarbures en mer.
Parmi les principales innovations du nouveau dispositif figure un changement dans le mécanisme d’intervention. Désormais, l’évaluation de la réponse ne reposera plus uniquement sur le volume de pétrole déversé.
La sensibilité environnementale de la zone touchée sera également prise en compte afin d’adapter les opérations de manière plus ciblée.
Le plan prévoit aussi l’intégration de volontaires formés dans les opérations en cas de menace de marée noire.
Ces intervenants incluent notamment des pêcheurs, des gens de mer, des ONG et des associations féminines. Ils bénéficieront d’une formation spécialisée sur la gestion des marées noires, dispensée en continu par sept officiers mauriciens formés au Japon avec l’assistance technique de la Japan International Cooperation Agency (JICA).
Autre changement majeur : la mise en place d’une codirection des opérations. Celles-ci seront désormais menées conjointement par le directeur de l’Environnement et le directeur du Shipping, afin d’améliorer la coordination sur le terrain.
Dans le cadre de cette révision, les rôles et responsabilités de plusieurs institutions ont également été redéfinis, notamment ceux du National Disaster Risk Reduction and Management Centre, de la Beach Authority, du Mauritius Hydrographic Service, du Mauritius Oceanography Institute, du Department of Continental Shelf and Maritime Zone Administration, du ministère de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, ainsi que des organisations non gouvernementales et des volontaires.
Sur le plan logistique, les équipements anti-pollution disponibles à la Special Mobile Force (SMF) et à la National Coast Guard (NCG) comprennent notamment des barrages flottants, des écrémeurs, des réservoirs destinés au stockage des hydrocarbures récupérés et des absorbants d’huile.
Les procédures d’acquisition de barrages flottants supplémentaires sont par ailleurs en cours de finalisation.
Le ministre de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique, Rajesh Bhagwan, a rappelé que l’échouement du MV Wakashio en 2020 avait été un véritable « eye opener ».
Selon lui, cet incident a mis en évidence les limites du plan précédent, qui datait de 2003, et a conduit à faire de sa révision une priorité afin de combler les lacunes et d’améliorer la capacité de réponse du pays.
Le nouveau plan tient également compte des recommandations de la Cour d’investigation sur l’affaire Wakashio. Le ministre a souligné la contribution déterminante des volontaires et des organisations de la société civile lors des opérations de nettoyage en 2020, précisant que certaines de leurs propositions ont été intégrées dans le dispositif actualisé.
Par ailleurs, une nouvelle cartographie des zones les plus exposées aux déversements d’hydrocarbures sur le littoral de Maurice et de Rodrigues a été réalisée.
À noter que le premier plan national de contingence remonte à 1990 et avait été élaboré avec le soutien du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Il avait ensuite été révisé en 2003 en collaboration avec la Commission de l’océan Indien dans le cadre d’un projet régional soutenu par le Global Environment Facility et la Banque mondiale.