Interview

Marc Frentzel : «Maurice peut devenir une plateforme majeure sur l’Intelligence Artificielle»

Marc Frentzel Marc Frentzel, directeur Systems Engineers South EMEA (VMWARE France)

Est-ce que Maurice possède des compétences et connaissances spécifiques sur l’Intelligence Artificielle (IA) ?
Effectivement. On peut devenir une plateforme majeure en raison de notre position auprès de l’Afrique. D’ailleurs, les Mauriciens adoptent très vite et aisément la technologie. Cela nécessite des données précises voire une connaissance en IA pour développer les bonnes solutions. Toutefois, Maurice doit mettre en œuvre avec succès cette mesure et élaborer en conséquence des cadres juridiques pour la mise en place du Conseil de l’Intelligence Artificielle

Comment cela peut être bénéfique pour Maurice ?
Les technologies de l’Intelligence Artificielle (IA) peuvent améliorer l’efficacité dans plusieurs domaines. Au-delà des avantages économiques, elles peuvent être mises à profit pour perfectionner la société et relever certains des défis auxquels sont confrontées les personnes au quotidien en favorisant l’inclusion sociale, la sécurité, le diagnostic des maladies, la protection de l’environnement, l’amélioration des services publics, la lutte contre les activités criminelles et le trafic de drogue, gestion de l’énergie et transport. Je vous cite l’exemple où l’Intelligence Artificielle peut être utile dans le secteur bancaire pour analyser en temps réel les applications. À savoir que VMWARE propose des solutions d’informations pour mieux sécuriser le Blockchain, FinTech et Bitcoin qui sont recommandés pour les entreprises mauriciennes.

Croyez-vous que la transformation numérique doit être ancrée dans l’économie mauricienne ?
Certainement. Par le biais de la microfinance, la transformation numérique, la digitalisation et l’économie numérique représentent un grand facteur dans la croissance et la productivité de l’île Maurice. Cela dit, il faut surtout exploiter la transformation des informations utilisées ou fournies des informations numériques. Il faut souligner également l’importance grandissante que jouent les secteurs de l’informatique et de la technologie. Il ne serait donc pas opportuniste de constater que l’économie digitale constituerait un futur pour l’Afrique de demain, parallèlement à l’agriculture intensive et FinTech dans le secteur financier à Maurice.

À l’ère de la digitalisation, comment prévenir la cybercriminalité ?
Absolument, qui dit la digitalisation dit la cybercriminalité. Il faut privilégier le “cyber hygiene” en accordant aux applications et aux utilisateurs uniquement les droits dont ils ont strictement besoin ; compartimenter finement les ressources pour limiter au minimum la propagation d’une menace. En outre, c’est nécessaire d’encrypter les données pour garantir leur confidentialité ; renforcer l’authentification en utilisant plusieurs critères et pas seulement un mot de passe. Il faut appliquer régulièrement les mises à jour pour empêcher les pirates d’exploiter des failles connues. Il faut anticiper les attaques possibles, observer les applications si elles fonctionnent correctement, et déconnecter les applications non-autorisées.