Mamy Ravatomanga auditionné par la justice française à Melrose
Par
Ledweena Ramasawmy-Mohun
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Ledweena Ramasawmy-Mohun
Détenu à Melrose pour blanchiment d’argent, le magnat malgache a été entendu par des magistrats français dans le cadre d’une vaste enquête internationale s’étendant sur quatre pays.
Le magnat malgache Mamy Ravatomanga a été auditionné, en juin 2026, par une équipe du Parquet national financier (PNF) dans le cadre de l’enquête internationale ouverte à son encontre. L’information a été communiquée ce lundi 29 juin devant la Bail and Remand Court (BRC) par le Chief Investigator de la Financial Crimes Commission (FCC), Jean Lindsay Yannick Somauroo.
Présidée par la magistrate Ashmi Nuckchady, l’audience a permis de faire le point sur l’état d’avancement du dossier, marqué par une coopération judiciaire entre plusieurs juridictions. Une Joint Investigation Team a été mise en place entre la FCC et le PNF, ayant notamment conduit à l’audition de l’homme d’affaires à la prison de Melrose, où il est détenu.
Cette coopération internationale, explique le Chief Investigator, fait suite à une demande de Mutual Legal Assistance (MLA) reçue de la France en septembre 2025. Le document, qui faisait état de six infractions présumées (« six predicated offences »), s’inscrit dans le cadre du renforcement de la collaboration entre les deux autorités judiciaires.
L’enquête implique par ailleurs deux autres pays, en l’occurrence Madagascar et les Seychelles, rendant les investigations particulièrement complexes en raison de cadres juridiques différents. La FCC a ainsi sollicité un délai supplémentaire pour finaliser ses travaux.
Sur le volet opérationnel, des perquisitions ont été menées au sein de Rogers, société de gestion dont Mamy Ravatomanga est actionnaire. Une « disclosure order » a également été demandée pour 32 entités, soit 17 personnes physiques et 15 sociétés. À ce stade, 13 dépositions ont été enregistrées. Des ressortissants étrangers impliqués dans le dossier ont, par ailleurs, été identifiés en France et à Madagascar.
Dans le cadre de la procédure de caution, la défense, représentée par Me Khushal Lobine, a informé la cour qu’un comptable agréé, Mohammad Shakil Fakeermahamod, s’est porté garant pour l’accusé en cas de libération. Une demande de remise en liberté sous caution a été formulée. L’affaire sera réappelée le 20 juillet 2026 afin de faire le point sur l’évolution de l’enquête et la position de la FCC sur cette requête.
Mamy Ravatomanga fait l’objet d’une accusation provisoire d’entente délictueuse et de deux accusations de blanchiment d’argent devant le tribunal de Port-Louis. Selon la FCC, il est soupçonné d’avoir détenu des fonds de Rs 6,45 milliards et Rs 858,4 millions dans plusieurs institutions bancaires, des montants présumés issus d’activités illicites. Il est également accusé d’avoir participé à un accord avec plusieurs individus, dont David Jean Christian Thomas, Nasser Osman Beekhy et l’ancien commissaire de la FCC, Me Junaid Haroon Fakim, dans le cadre d’un présumé trafic d’influence lié à une enquête en cours.