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Malgré le coup d’arrêt sur le deal avec les Britanniques - Chagos : Maurice garde l’espoir d’un accord

Par Patrick Hilbert
Publié le: 15 avril 2026 à 12:20
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Robbie Bulloch est désormais le principal négociateur britannique dans le dossier Chagos.

Malgré un coup d’arrêt dans les négociations avec Londres sur les Chagos, le gouvernement mauricien maintient ses efforts et espère relancer le dialogue lors d’une réunion décisive prévue le 22 avril.

À Port-Louis, l’on ne veut pas céder au désespoir. Maurice continue d’espérer un dénouement favorable dans le dossier des Chagos, même si les choses se sont grandement compliquées ces derniers jours.

Le gouvernement mauricien assure poursuivre ses démarches diplomatiques et juridiques, alors qu’une réunion prévue pour le 22 avril est considérée comme une étape potentiellement décisive.

Mardi après-midi, en marge des célébrations du Nouvel An tamoul au Mahatma Gandhi Institute, le Premier ministre Navin Ramgoolam a été interrogé par une journaliste de Radio Plus sur l’évolution du dossier des Chagos. Sa réponse a été brève : « Pa kas latet. Atann mo pou reponn dan Parlman. » Aucune précision supplémentaire n’a été donnée à ce stade par le chef du gouvernement.

Cependant, selon des informations disponibles, des consultations seraient déjà en cours au niveau gouvernemental avec des hommes de loi mobilisés sur le dossier, afin d’examiner les différentes voies possibles. Le gouvernement britannique, de son côté, a sollicité une rencontre avec la partie mauricienne. Une équipe du Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO), dirigée désormais par Robbie Bulloch, directeur de l’Overseas Territories and Polar Directorate (OTPD), tiendra une session de travail avec la délégation mauricienne le 22 avril à Maurice.

Cette réunion est présentée comme une étape clé. Elle devrait permettre aux Britanniques de clarifier leur position sur l’avenir du processus engagé avec Maurice. Dans l’entourage des discussions, on évoque une « dernière chance » pour tenter de faire avancer un projet d’accord désormais fragilisé.

Mardi, Stephen Doughty, ministre d’État pour l’Europe, l’Amérique du Nord et les Territoires d’outre-mer, a indiqué devant la Chambre des communes qu’un traité visant à transférer la souveraineté des Chagos à Maurice est désormais devenu « impossible to agree at political level ». Il a également affirmé que le projet de loi lié au dossier ne pourra pas achever son parcours parlementaire.

Cette situation découle notamment du retrait du soutien américain au projet initialement négocié entre Londres et Port-Louis, en coordination avec Washington. Le projet, qui était arrivé à un stade final au Parlement britannique, prévoyait la cession de la souveraineté des Chagos à Maurice, tout en garantissant la poursuite des opérations militaires sur Diego Garcia via un bail de 99 ans entre le Royaume-Uni et les États-Unis.

Selon les autorités britanniques, ce changement de position des États-Unis remet en cause un élément essentiel de l’accord : la modification d’un arrangement bilatéral datant de 1966 entre Londres et Washington. Sans cet ajustement, la ratification du traité devient impossible, bloquant de facto le processus législatif.

Le ministre britannique a également indiqué que, dans ces conditions, le projet de loi relatif à Diego Garcia ne pourra pas être adopté durant la session parlementaire en cours et ne pourra pas être reporté à une session ultérieure, en raison de son état d’avancement.

Dans le même temps, il a été précisé que le gouvernement britannique estime toujours que l’accord initial reste, sur le principe, la meilleure option pour garantir l’avenir de la base militaire et envisager un programme de réinstallation pour les Chagossiens, même si tous ne partagent pas cette vision.

Donald Trump avait initialement soutenu le projet avant de revenir sur sa position, qualifiant ensuite l’initiative d’« erreur ». Il a également exprimé publiquement son opposition à toute cession de Diego Garcia.

Dans ce contexte, un ancien haut diplomate britannique, Lord Simon McDonald, a estimé que le dossier pourrait être mis « en sommeil » pour une durée indéterminée, voire prolongée sur plusieurs années, ou même des décennies, en raison de sa complexité politique et stratégique.

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