Malgré la manifestation de samedi - Pension : Ramgoolam persiste et signe, les syndicats haussent le ton
Par
Sharone Samy
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Sharone Samy
La réforme de la pension de retraite continue de cristalliser les tensions. Malgré la mobilisation populaire, Navin Ramgoolam exclut tout recul, tandis que les syndicats promettent de poursuivre leur combat.
Malgré la mobilisation de plusieurs milliers de personnes dans les rues de Port-Louis samedi dernier, le gouvernement refuse de revoir sa copie sur la réforme de la pension. Répondant mardi à la Private Notice Question du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a affirmé qu’il n’était pas question de faire marche arrière, estimant que le système actuel n’était plus soutenable financièrement. Une position qui a immédiatement ravivé la colère du Front commun syndical..
Pour Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress (MLC), les réponses du Premier ministre sont loin de dissiper les inquiétudes. « Le gouvernement donne aujourd’hui l’impression de ne porter ni intérêt, ni considération à la contribution inestimable de nos retraités au développement du pays », dit-il.
Selon lui, la forte mobilisation de samedi constituait un avertissement clair. « L’ignorer, c’est prendre le risque de fragiliser davantage la paix et la stabilité sociales. » Le syndicaliste lance un appel aux députés de la majorité ainsi qu’aux élus du MMM : « le silence n’est plus une option.» Il affirme que le Front commun poursuivra son combat jusqu’à ce que le gouvernement revoie sa copie.
Même constat du côté de la Confédération des Travailleurs des Secteurs Public et Privé (CTSP). Son négociateur, Reaz Chuttoo, estime que la déclaration du Premier ministre confirme la direction prise par le gouvernement. « Cette déclaration est sans surprise. Aujourd’hui, nous voyons clairement que l’État providence continue de s’effriter. Avec ces réformes, le gouvernement s’aligne sur ce que préconise le Fonds monétaire international depuis longtemps. » Pour lui, la mobilisation est plus que jamais nécessaire. « La population a aujourd’hui toutes les raisons de rester mobilisée. Le vote à main levée en faveur d’une grève générale reste d’actualité. » Il précise que le Front commun analysera minutieusement les dispositions du Finance Bill avant de décider des prochaines actions.
Le président de la Government Workers Federation (GWF)-CSG Solidarité, Clency Bibi, concentre ses critiques sur les incohérences qu’il dit constater au sein du gouvernement. Selon lui, les déclarations du Premier ministre contredisent celles du ministre de l’Intégration sociale et de la Sécurité sociale, Ashok Subron. « Il n’y a jamais eu autant de flou. Nous constatons une contradiction totale entre la réponse du Premier ministre et les déclarations d’Ashok Subron. » Il rappelle que ce dernier avait affirmé que la réforme du National Pension and Provident Fund (NPPF) ferait l’objet de consultations et ne serait pas intégrée au Finance Bill.
Même si Deepak Benydin, président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions (FPBOU), affirme ne pas être surpris par la réponse du Premier ministre, il se dit préoccupé par l’évolution du dossier. « Il y a quelques semaines, on disait que l’écoute de la population était une priorité. Aujourd’hui, nous avons l’impression que les décisions sont imposées. » Pour le syndicaliste, il devient difficile de continuer à invoquer l’héritage de l’ancien gouvernement près de deux ans après l’arrivée au pouvoir de l’Alliance du Changement.