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Maldives: la Cour suprême suspend douze parlementaires transfuges

La Cour suprême des Maldives (Photo crédit

La Cour suprême des Maldives a de nouveau suspendu douze parlementaires qui avaient fait défection du parti au pouvoir, une marche arrière permettant au gouvernement de sauver sa majorité suite à son coup de force.

Dans une décision dimanche soir, la plus haute instance judiciaire de ce petit archipel de l'océan Indien est revenue sur son jugement initial du 1er février qui annulait la suspension des législateurs par la commission électorale. Leur basculement conférait sur le papier la majorité à l'opposition.

L'ordonnance du 1er février, qui cassait également les condamnations d'opposants politiques, a provoqué la fureur du président Abdulla Yameen, plongeant les Maldives dans le chaos politique.

Les forces de l'ordre ont ainsi arrêté deux juges de la Cour suprême ainsi qu'un ancien président, demi-frère du président mais récemment passé dans l'opposition. L'état d'urgence a été déclaré.

La suspension des parlementaires confirme le revirement de la Cour suprême, réduite désormais à trois juges, sur sa décision originelle, qui avait été prise à l'unanimité. Le gouvernement accuse l'opposition, dirigée depuis son exil par l'ex-chef de l'État Mohamed Nasheed, de vouloir le renverser par un coup constitutionnel.

La suspension des législateurs devrait permettre à Malé de faire ratifier l'état d'urgence par les parlementaires lors d'une session lundi. Cette mesure d'exception, qui arrive normalement à expiration mardi, pourrait être prolongée.

La répression des autorités ces dernières semaines, qualifiée par l'ONU d'"attaque en règle contre la démocratie", a un peu plus entaché l'image de ce haut lieu du tourisme de luxe, associé dans l'imaginaire grand public aux plages de sable blancs et aux mers bleu turquoise.

AFP