Maladies infectieuses : l’État déploie un dispositif multisectoriel
Par
Jean-Marie St Cyr
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Jean-Marie St Cyr
Face à une flambée simultanée de plusieurs maladies infectieuses, le ministère de la Santé a déployé un dispositif multisectoriel d’envergure. Bilan des cas recensés et des mesures engagées pour protéger la population.
Deepuis janvier 2026, Maurice fait face à une résurgence préoccupante de plusieurs maladies infectieuses. Le chikungunya constitue la menace la plus répandue, avec 2 816 cas locaux enregistrés au 11 mai 2026, dont 102 encore actifs. Cinq cas importés ont également été recensés, tous guéris, a indiqué Anil Bachoo, ministre de la Santé. C’est en réponse à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition Joe Lesjongard.
Selon lui, la situation est bien différente pour la leptospirose. Sur 21 cas rapportés, six patients sont décédés. Ils présentaient tous des comorbidités et ont développé des formes sévères de la maladie. Concernant le Mpox, deux cas importés ont été détectés, un Mauricien et un étranger, tous deux en provenance de Madagascar. Tous deux ont été déclarés guéris, et aucun de leurs contacts n’a présenté de signes d’infection, a affirmé le ministre Bachoo.
Face à cette situation, le ministère de la Santé a adopté l’approche « One Health », reconnaissant que ces maladies se situent à l’interface de la santé humaine, animale et environnementale. Plusieurs piliers structurent la réponse nationale : renforcement de la surveillance épidémiologique, un diagnostic précoce, une gestion clinique standardisée, le contrôle des rongeurs et l’assainissement de l’environnement. Des protocoles cliniques actualisés pour la leptospirose ont été diffusés auprès des médecins, avec pour consigne de ne pas attendre la confirmation biologique avant d’initier le traitement.
« Sur le terrain, les chiffres témoignent d’une mobilisation intensive : 25 341 locaux inspectés, 105 905 locaux traités avec des larvicides, et des opérations de brumisation menées en 81 535 endroits », a aussi expliqué le ministre Bachoo. Par ailleurs, 100 000 moustiques mâles stériles sont relâchés chaque semaine. Du côté des autorités locales, quelque 3 100 terrains vagues ont été nettoyés et 2 800 mises en demeure adressées aux propriétaires négligents.
En parallèle, une campagne de sensibilisation d’envergure a été lancée dans 224 séances communautaires. Il y a eu 200 interventions à la radio et à la télévision. Il y a plus de 30 000 affiches et dépliants sur neuf plateformes numériques. Face à ces menaces sanitaires, les stocks de médicaments essentiels, d’équipements de protection et de kits de diagnostic sont jugés suffisants dans l’ensemble des hôpitaux régionaux.
Le ministre a toutefois rappelé que la victoire contre ces maladies ne peut être que collective. « Le public a également un rôle important à jouer en maintenant ses terrains dans un état propre », a-t-il souligné, déplorant que de nombreux citoyens ne respectent pas cette obligation, au détriment de leur voisinage.
Anil Bachoo a aussi soutenu que le ministère de la Santé bénéficie du soutien de l’Organisation mondiale de la santé et de la Commission de l’océan Indien.