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Mairie de Vacoas/ Phœnix : polémique autour d’une fondation pour une piscine de Rs 175 M

piscine Le projet est financé par Emirates.

Ce mercredi, le conseil municipal de Vacoas/ Phœnix sera appelé à adopter la création d’une fondation qui gérera la piscine municipale de la ville, que le maire Farhad Dowlut veut ultramoderne. Il s’agit là d’un investissement d’environ Rs 175 millions provenant entièrement d’Emirates sur un terrain de la municipalité. Des conseillers dénoncent l’opacité de la manœuvre et ont alerté le ministère des Administrations régionales qui s’en remettra au Premier ministre.

Les conseillers municipaux de Vacoas/ Phœnix sont appelés à avaliser la création d’une Vacoas/Phœnix Swimming Pool Foundation et approuver le paiement de Rs 9 100 pour enregistrer cette fondation ce mercredi lors d’une réunion du conseil.

Cette fondation réceptionnera les quelque Rs 175 millions qui seront utilisées pour la construction d’une piscine municipale 5-étoiles financée entièrement par Emirates. Plusieurs conseillers municipaux, appartenant pourtant à l’alliance MSM/ Muvman Liberater, s’élèvent contre ce projet et soutiennent que la création de cette fondation serait, non seulement illégale, mais plongerait le projet dans l’opacité absolue. Chose dont se défend avec véhémence le maire de Vacoas/ Phœnix, Farhad Dowlut. Alerté, le bureau du Premier ministre compte en informer le Premier ministre, Pravind Jugnauth, à son retour de l’Inde la semaine prochaine

« La création de cette fondation va à l’encontre de la Foundation Act de 2012 qui stipule qu’on n’a pas le droit de mettre une propriété qui ne vous appartient pas, en l’occurrence un terrain de la municipalité, dans une fondation », confie-t-on dans le camp des conseillers réfractaires. Le site en question se situe à Closel, Phœnix, près du centre Indira Gandhi pour la Culture.

Ils trouvent aussi particulièrement étrange que, parmi les membres de cette fondation, on retrouve le maire lui-même, mais aussi deux cadres de la municipalité et du ministère de la Jeunesse et des Sports ainsi que le représentant local d’Emirates. « Est-ce que cette démarche est légale », se demande un des protestataires.

Contacté, le maire Dowlut balaie d’un revers de main toutes les critiques. Ce projet de piscine, elle date de plusieurs années. Dans le budget 2017/ 2018, Pravind Jugnauth avait réservé Rs 75 millions pour le projet, « mais c’était largement insuffisant », affirme Farhad Dowlut. « Au lieu de prendre de l’argent du contribuable, Emirates a accepté de mettre environ Rs 175 millions à notre disposition. Mais, elle a exigé la création de cette entité, car elle procède ainsi dans chaque pays où elle investit dans ce genre de projets », avance le maire. Emirates, selon Farhad Dowlut, s’occupera de tout ce qui a trait à la construction alors que la mairie ne fera que mettre son terrain à la disposition.

« Au lieu d’avoir une piscine ouverte qui ne serait utilisable que pendant trois ou quatre mois, les citadins auront une piscine couverte, et chauffante de 25 mètres de long ainsi qu’un bassin pour que les enfants puissent apprendre à nager », souligne le maire. Et Emirates impose un cahier des charges très stricte en ce qui concerne l’entretien de cette infrastructure dont la construction devrait démarrer cette année-ci, espère le maire.

Et de préciser que le tout sera probablement équipé d’une cafeteria et d’un gym moderne. Le but est d’en faire un centre qui pourrait s’autofinancer. Le fait que la région compte plus de 15 établissements scolaires est une autre raison qui pourrait justifier le besoin d’une telle infrastructure.

« J’ai déjà évoqué tout cela dans des réunions au conseil municipal. Je ne comprends pas pourquoi certains viennent maintenant tout remettre en doute », s’insurge le maire.