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Maintenant ou Jamel : un grand moment d’humour

Jamel Debbouze Six ans après sa première scène à Maurice, Jamel a conquis le cœur des Mauriciens à nouveau.

Six ans après son dernier spectacle, Jamel Debbouze est remonté sur la scène du Centre Swami Vivekananda à Pailles pour son nouveau one-man-show, le samedi 26 janvier. Une initiative de Inbox Productions, en partenariat avec MCiné et Radio Plus.

Telle une boule d’énergie, il a débarqué sur la scène du SIVCC, les étoiles plein les yeux, le sourire jusqu’aux oreilles, en bondissant. Jamel Debbouze nous a livré près de deux heures de rire aux larmes. Il a d’ailleurs fait salle comble pour son one-man-show unique.

Les retrouvailles avec le public mauricien étaient chaleureuses. Il a quitté le froid de la France pour la chaleur des tropiques. « Ki pozisyon Moris, serye pa serye ? Ça fait des années qu’on s’est pas vu. C’était Ramgoolam le Premier ministre à l’époque. Entre-temps il y a eu deux Jugnauth », lance-t-il d’emblée. L’humoriste franco-marocain, qui semble avoir beaucoup appris de notre île, donne le ton de son spectacle dès sa première phrase. « Ha je l’adore, le London Boy. Il roule toujours en Rolls Royce », en parlant de Ramgoolam.

L’humoriste a fait des clins d’œil à nos politiciens tout au long de son spectacle.
L’humoriste a fait des clins d’œil à nos politiciens tout au long de son spectacle.

Il s’en prend à ceux du premier rang, serre des mains. « Ils sont tous bizarres ceux du premier rang, je vais vous attaquer, alors que ceux du dernier rang… Dommage que vous êtes pauvres, sinon on serait ami ». Les éclats de rire résonnent dans la salle. Au premier rang, l’on distingue le leader de l’opposition Xavier-Luc Duval.

Tout le long du spectacle, il parlera de nos villages. « Fond-du-Sac, vous êtes livrés à vous-même ici ? Il y a des personnes qui viennent taguer les panneaux blancs la nuit ? » Mais aussi Bois-des-Amourettes où il n’y a ni bois ni amourette, et puis des quartiers riches tels que Grand-Baie. « C’est beau, les gens se vouvoient », marmonne-t-il avant d’ajouter, « et puis il y a des quartiers pauvres comme Roche-Bois où les gens se mordent. Il y a des gens de Roche-Bois dans la salle ? On va vous aider ».

Son humour noir a touché les cœurs des Mauriciens notamment, ses clins d’œil à nos politiciens « À Maurice, il y a plein de Jugnauth, lui son but, c’est qu’on devienne tous des Jugnauth. Jugnauth, il a dit prend ma place, je vais dormir ». Jamel n’y est pas allé de main morte à propos de nos politiciens : « Parlons de Tarolah, il a une belle langue. Quand j’ai vu sa vidéo, j’ai eu envie de lui envoyer une glace à la vanille ».  « Xavier-Luc Duval, c’est mon préféré. J’aime sa politique, j’aime son symbole : Le kok, enfin le zizi. Suivez-moi, je vais vous montrer mon symbole. Et le nom de son parti PMSD - Prends-moi s’il te plaît Duval ».

Comme à son dernier passage à Maurice, Jamel s’est aussi moqué des rires et des cris du public, entre les koalas et les écureuils qui copulent. Il parle du Maroc, du festival Le Marrakech du rire qu’il a créé il y a sept ans. « Le Maroc, c’est un pays en voie de développement comme Fond-du-Sac. Il y a trois Uber au Maroc. J’en ai appelé un pour venir me chercher, il m’a dit : viens toi ». Et Macron, « il est plus petit que moi, s’esclaffe-t-il. 39, ce n’est pas un âge présidentiel, c’est une pointure !  ». Un passage par Trump et sa coupe. « Il a un cheveu long de 100 mètres qu’il enroule dans sa tête ».

Jamel consacre une grande partie du spectacle à ses enfants, dont son fils Léon qui s’interroge sur sa double culture et des souvenirs de sa circoncision, « j’avais dix ans, j’ai encore mal » et de sa fille Lila et de son obsession pour la Reine des Neiges, ou encore de l’homosexualité. Il parlera aussi de ses vacances au bled et de son père. Une chose est sûre, Jamel est reparti avec un chapeau neuf offert par l’organisateur de l’évènement durant le spectacle. « En réalité, on ne me l’a pas volé, je l’ai perdu et j’espérais que la prod soit assez conne pour m’en offrir un. Voilà ils ont mordu. » Il conclura avec la phrase : « Si je veux profiter de mes enfants : c’est maintenant ou Jamel ».