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Maintenance : Victoria Landscape Care, l’art de manier pioche, râteau et cisailles

Victoria Landscape Care

Recommencer une vie après 40 ans. Avoir trois enfants à sa charge. Passer du statut d’employé à celui du chef d’entreprise. Il, le directeur de Victoria Landscape Care, l’a réussi à la force de ses poignets, de la confiance dans ses capacités et une foi inébranlable en Dieu.

Nous sommes en 2011. Gérard Seevathean est sans emploi. Il est catégorique. Il a perdu son job de superviseur en jardinage dans un hôtel du littoral ouest parce qu’il a commis une erreur. C’est une erreur pour laquelle il a payé un prix fort. C’est une erreur qui le ramène sur un chemin plus sinueux mais, au final, un futur bien meilleur qu’au début de la présente décennie.

« L’erreur m’a poussé à effectuer un exercice de rétrospection. J’a du recommencer à zéro. De 2011 à 2014, j’ai travaillé pour des particuliers, et un contracteur qui m’envoyait bosser dans des hôtels », explique Gérard Seevathean, 51 ans, et habitant à Albion. « En 2014, j’ai décidé de m’installer à mon propre compte. J’ai écouté ce que m’a suggéré la voix du cœur. J’ai suivi l’inspiration du tout puissant. »

Ainsi Victoria Landscape prend forme dans un environnement de confiance et une volonté de bien faire envers et contre tous. Car Gérard Seevathean, n’ayant pas de diplômes secondaires, a roulé sa bosse dans des secteurs où il faut être solide. Il a tour à tour été dans la maçonnerie, la réfection des routes et les eaux usées. Il transmet cette énergie aux neuf employés recrutés à l’entrée en opération de l’entreprise. Comme l’indique le nom, l’entreprise est proche de la nature. Sa tâche consiste à l’embellir. L’entretien, la création de parterres, à petite ou grande échelles, l’élagage des arbres sont quelques-uns des services que la compagnie offre à la clientèle. D’ailleurs, ces travaux sont effectués sans que le béton ne s’immisce.

Si la compagnie prend volume et vitalité, le groupe Medine Limited y a grandement contribué. Car le premier contrat de Victoria Landscape sera avec le premier opérateur économique à l’Ouest du pays. L’entreprise se retrouve à enrichir et à embellir l’environnement végétal de Casela World of Adventures, le centre commercial de Cascavelle, Tamarina. Des contacts sont établis avec des établissements hôteliers du littoral, auxquels se greffent des travaux pour des particuliers.

Victoria Landscape est tout aussi un modèle d’entreprise familiale qui fait recette. Alors que Gérard Seevathean est sur le terrain, à superviser les travaux, la cadette de la famille, Séfora, 23 ans, s’occupe de la comptabilité et de l’administration. Après avoir bouclé ses études secondaires, elle intègre l’équipe presque au même moment où Victoria Landscape ait pris forme.  En tant qu’administratrice, elle reconnaît d’emblée l’évolution vers une structure ayant un statut légal, ce qui a permis d’accélérer sa croissance. « Nos clients cherchent notre numéro d’enregistrement auprès du Registrar of Companies. Ils demandent si nous sommes inscrits auprès de la Mauritius Revenue Authority et si nous avons notre VAT Number », fait-elle ressortir. « C’est plus professionnel. Les clients sont plus enclins si une entreprise dispose de tout cela. »

Victoria Landscape fait partie du secteur primaire de l’économie mauricienne, un segment qui ne contribue qu’à 3.4 % de la création de richesses en 2018. Mais ce n’est pas pour autant que les opportunités d’emplois pour des jeunes formés et qualifiés venant de centres de formation de l’État ne manquent pas. L’entreprise apporte sa contribution en prenant sous sa responsabilité, le temps d’un stage pour ces jeunes, qui trouveront chemin dans les métiers de la terre, de la nature.