Main-d’œuvre étrangère : une plateforme numérique pour accélérer le recrutement des travailleurs indiens
Par
Leena Gooraya-Poligadoo
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Leena Gooraya-Poligadoo
La pénurie de main-d’œuvre continue de peser sur plusieurs secteurs clés de l’économie mauricienne. Pour répondre à cette situation, l’Economic Development Board (EDB) a officiellement lancé, ce lundi à Ébène, une plateforme numérique destinée au recrutement de travailleurs indiens.
Développé en partenariat avec le gouvernement indien à travers la National Skill Development Corporation, ce système vise à simplifier et à accélérer les procédures de recrutement et d’arrivée des travailleurs étrangers à Maurice.
Selon le président de l’EDB, Sanjay Bhunjun, les secteurs de la construction, de l’hôtellerie, des TIC, du commerce et des services financiers font actuellement face à un important manque de main-d’œuvre.
Grâce à cette nouvelle plateforme, les entreprises mauriciennes pourront soumettre leurs demandes directement en ligne.
L’EDB analysera ensuite les dossiers avant de les transmettre aux autorités indiennes chargées d’identifier les profils recherchés.
Autre nouveauté : l’élimination des intermédiaires. Les employeurs n’auront plus besoin de passer par des agences privées pour recruter des travailleurs étrangers. Un projet pilote avait déjà été testé avec Super U, et 22 entreprises utilisent déjà le système.
Selon le CEO de Super U, Pascal Tsin, malgré un nombre important de candidatures reçues localement, très peu aboutissent réellement à une embauche.
« Sur 100 demandes reçues, à peine cinq candidats se présentent et restent intéressés par le poste », dit-il.
Pascal Tsin estime que cette pénurie de main-d’œuvre s’est aggravée après la pandémie de COVID-19. Il évoque notamment un changement de mentalité chez certains jeunes, mais aussi des problèmes sociaux, comme la drogue.
Face à ces difficultés, Super U s’est progressivement tourné vers le recrutement de travailleurs étrangers. L’entreprise emploie actuellement environ 250 expatriés, soit près d’un tiers de ses effectifs. Ces travailleurs proviennent principalement du Népal, de Madagascar et du Bangladesh.
Selon le haut-commissaire de l’Inde à Maurice, Anurag Srivastava, cette plateforme représente une avancée importante pour répondre aux besoins croissants en main-d’œuvre dans plusieurs secteurs de l’économie mauricienne.
Le diplomate affirme que ce mécanisme de recrutement « de gouvernement à gouvernement » garantit un processus à la fois transparent, sécurisé et structuré, aussi bien pour les employeurs mauriciens que pour les travailleurs indiens.
Leena Gooraya-Poligadoo