Madagascar : le chef militaire impose des tests au détecteur de mensonges aux futurs ministres
Par
Defimedia.info
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Le dirigeant militaire de Madagascar, Michael Randrianirina, a annoncé que les futurs ministres devront se soumettre à des tests au détecteur de mensonges afin d’écarter les profils corrompus. Cette décision intervient après le limogeage, sans explication, du Premier ministre et de l’ensemble du gouvernement plus tôt ce mois-ci, selon un article publié par The Guardian le vendredi 20 mars.
Arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État en octobre 2025, dans un contexte de manifestations menées par la jeunesse sous la bannière « Gen Z Madagascar », Michael Randrianirina affirme vouloir instaurer des contrôles d’intégrité via polygraphe pour sélectionner les membres du prochain cabinet. Celui-ci devrait être dévoilé dans les prochains jours.
Selon lui, ces tests permettront d’identifier « qui est corrompu » et « qui peut soutenir la lutte des jeunes », tout en reconnaissant ne pas rechercher des candidats « totalement irréprochables », mais présentant un niveau d’intégrité « supérieur à 60 % ».
Les protestations, initialement déclenchées par des coupures d’eau et d’électricité, ont rapidement évolué vers une contestation plus large du système politique. D’après l’Organisation des Nations unies, au moins 22 personnes ont été tuées lors des premiers jours de mobilisation.
Le 9 mars, le chef de l’État a nommé Mamitiana Rajaonarison au poste de Premier ministre, précisant que seuls les candidats ayant réussi le test au détecteur de mensonges seraient auditionnés pour intégrer le gouvernement.
Cette mesure suscite toutefois des critiques, notamment au sein du mouvement Gen Z Madagascar. Certains militants remettent en cause la fiabilité scientifique du polygraphe, qualifiant l’initiative de « ridicule » et « embarrassante », tout en reconnaissant une certaine amélioration par rapport au régime de l’ancien président Andry Rajoelina.
Pays parmi les plus pauvres au monde, Madagascar dispose pourtant d’importantes ressources naturelles, souvent exploitées selon des ONG par des réseaux mêlant responsables politiques et acteurs économiques corrompus. En 2025, l’île se classait 148e sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International.
Source : The Guardian