Lutte contre le cyberharcèlement : les élèves appelés à dire non aux dérives numériques

Par Annick Daniella Rivet
Publié le: 27 février 2026 à 12:30
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Les participants à l’atelier sur le cyberbullying au MGI, Moka.
Les participants à l’atelier sur le cyberbullying au MGI, Moka.

Le Mahatma Gandhi Institute à Moka a accueilli un atelier de sensibilisation consacré au cyberharcèlement. L’événement a rassemblé élèves, enseignants, parents et autorités afin de promouvoir un usage responsable du numérique et de protéger les jeunes contre les risques liés à Internet.

Le Mahatma Gandhi Institute (MGI) à Moka a accueilli, le jeudi 26 février, un atelier consacré à la lutte contre le cyberharcèlement. Tout au long de la journée, les intervenants ont lancé un message clair : adopter un comportement responsable en ligne et protéger les jeunes contre les dérives numériques.

L’atelier a mis l’accent sur la responsabilité collective afin de promouvoir le respect, l’empathie et la sécurité dans l’espace numérique. Il visait à sensibiliser élèves, parents et enseignants aux dangers croissants du harcèlement en ligne.

Dans son allocution, le ministre de l’Éducation, le Dr Mahend Gungapersad, a dénoncé « la dégradation des valeurs sociales dans une société de plus en plus marquée par les technologies ». Il a insisté sur l’urgence d’accompagner les jeunes dans l’usage responsable du numérique et de cultiver des valeurs de respect et d’empathie en ligne. Le ministre a aussi encouragé les élèves à rejeter toute forme de harcèlement et à signaler les cas rencontrés, tout en réaffirmant « l’engagement du gouvernement à protéger les citoyens et les jeunes sur Internet grâce à une série de mesures concrètes ».

Pour sa part, le ministre des Technologies de l’information, de la communication et de l’innovation, le Dr Avinash Ramtohul, a mis en lumière l’ampleur du phénomène. En 2025, 6 073 cas de cyberharcèlement ont été enregistrés, le harcèlement en ligne étant la forme la plus répandue. Il a souligné le rôle des parents, « qui doivent surveiller de près l’usage des téléphones et des technologies numériques par leurs enfants », et annoncé que « le gouvernement prépare des lois pour renforcer la sécurité en ligne, notamment pour les enfants ».

Lisa Simrique Singh, coordinatrice résidente des Nations unies pour Maurice et les Seychelles, a, elle, rappelé les conséquences psychologiques et sociales durables du cyberharcèlement sur les jeunes. Elle a insisté sur l’importance d’une sensibilisation continue pour préserver le dialogue et les relations constructives entre eux et a réaffirmé « le soutien constant des Nations unies à Maurice pour promouvoir un usage responsable du numérique et construire un environnement en ligne plus sûr pour tous ».

Pour sa part, Jennita Appayah, consultante en sécurité informatique à la Cert-MU, a expliqué que de nombreux enfants utilisent quotidiennement différentes plateformes pour partager des contenus. « Nous constatons que les cas de cyberharcèlement sont en augmentation et concernent des enfants de moins de 18 ans. Cette situation peut avoir un impact grave sur eux », a-t-elle souligné. Elle a rappelé l’importance d’apprendre « à utiliser la technologie de façon responsable » et insisté sur le rôle des parents. « Il faut contrôler ce que font les enfants en ligne et le temps qu’ils y passent. C’est un travail qui concerne tout le monde : parents, éducateurs, élèves et autorités. Si nous prenons les mesures nécessaires, nous pouvons protéger les enfants. »

Sensibilisation et formation

Des campagnes de sensibilisation sont organisées chaque année, et les enseignants ainsi que le personnel scolaire sont formés aux dangers du numérique afin de mieux informer les élèves. Les élèves, parents et personnes âgées sont également sensibilisés, dans le but de créer une culture collective de vigilance et de responsabilité numérique.

Le recteur du Collège Royal de Curepipe, Ajay Kumar Bissoonauth, a expliqué : « Cette journée nous a permis d’apprendre beaucoup de choses, par exemple toutes les lois existantes. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde informatisé où les enfants ont accès à tout. Des ateliers comme celui-ci vont nous aider dans notre quotidien, nous donnent des informations et une ouverture d’esprit, et nous permettent d’apprendre de nouvelles choses. Nous avons donc été conscientisés et allons travailler avec les élèves pour mieux faire face à ces défis. »


Molly Cangy, en Grade 12 au John Kennedy College :

« Cet atelier est né d’une bonne intention, car on ne parle pas suffisamment du cyberharcèlement. Cela a été beaucoup banalisé. Après cet atelier, j’en parlerai au collège, car les informations reçues doivent être partagées par tous les moyens. »


Shambasivam Pillay Carpanen, en Grade 13 au Queen Elizabeth College :

« C’est un atelier très intéressant où nous avons appris comment fonctionne le cyberbullying, quelles méthodes utilisent les prédateurs pour manipuler les victimes. Nous devons réfléchir à la manière de minimiser au maximum les effets que les prédateurs ont sur elles. Notre rôle en tant que représentants de l’école — Head Boy, Head Girl, représentants du Student Council — est d’assister à ces ateliers et de partager le message reçu. Il existe de nombreux cas qui ne sont pas rapportés et il faut encourager les victimes à se manifester. »
 

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