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Lutte contre la pandémie : 400 plaintes formulées pour des réactions post-vaccinales 

D’aucuns s’interrogent sur la sûreté des vaccins anti-COVID-19 pour les jeunes.

Des centaines de plaintes ont été enregistrées de la part de personnes disant avoir ressenti des effets secondaires après s’être fait vacciner contre la COVID-19. Quelques jeunes seraient notamment concernés. Ce qui amène à la question suivante : les vaccins sont-ils sûrs pour eux ? Le point. 
Un jeune qui meurt. Un autre qui a frôlé la mort. Environ 400 plaintes ont été formulées par des personnes faisant état d’effets secondaires notés à la suite de la vaccination contre la COVID-19 (voir encadré). Le 8 septembre 2021, Vinessen Magon, qui était âgé de 20 ans, est décédé alors que plus tôt il avait reçu une dose du vaccin AstraZeneca. Il est tombé dans le coma avant de rendre l’âme. 

Son cas a été transmis au comité de pharmacovigilance du ministère de la Santé qui l’étudiera. Une source du comité de vaccination explique qu’avant d’émettre un commentaire, il faudra analyser le dossier médical du défunt et déterminer s’il avait des antécédents de saignement ou d’autres maladies. « S’il a subi des prélèvements sanguins au moment de son admission, nous ferons un nouveau test », souligne cette source. C’est cette semaine que le dossier sera sur la table des spécialistes. 

Un autre jeune homme a failli y rester. Il s’agit d’un cycliste de 18 ans habitant le Sud. Des médecins lui ont diagnostiqué une « lower limb deep vein thrombosis » peu après qu’il a été vacciné contre la COVID-19. Ses parents ne veulent pas révéler son identité car c’est un sportif. Ils ne veulent pas non plus porter plainte vu qu’il va mieux. Mais sa mère estime qu’il est de son devoir d’alerter le public.  Le cycliste est tombé malade le soir même où il a reçu sa dose du vaccin Janssen de Johnson & Johnson à l’aéroport de Plaisance. C’était le 18 août 2021. Sa mère l’a encouragé à le faire afin qu’il puisse voyager ou encore participer à des compétitions nationales. 

Or, selon elle, lorsqu’il est rentré chez lui, il a commencé à se sentir lourd. Elle ajoute qu’il arrivait à peine à bouger ses membres. « À un certain moment, il ne pouvait même plus se mettre debout. Nous l’avons transporté dans une clinique privée le soir même », raconte la mère.  Le jeune homme a subi une batterie de tests ce soir-là, en l’occurrence des examens sanguins et un Echo Doppler à la jambe droite. Les médecins ont rapidement détecté qu’il avait une thrombose à la jambe. Le cycliste a immédiatement subi une intervention chirurgicale. 

Au 23 août 2021, il ne présentait aucune trace de coagulation sanguine, d’après son rapport médical (dont une copie a été remise par les parents au Défi Quotidien ; NdlR). « Il est désormais sous anticoagulants. Il devra se faire traiter durant un mois et porter un bas de contention », explique la mère du sportif, lequel est traumatisé par ce qu’il a vécu. 

Ce qui amène à la question suivante : les vaccins anti-COVID-19 sont sûrs pour les jeunes ? À cette question, le Dr Vinita Poorun, membre du comité de vaccination, répond qu’en se basant sur les études publiées jusqu’à présent, l’AstraZeneca et le Johnson & Johnson ne sont pas recommandés pour les personnes âgées de moins de 40 ans et ayant des problèmes de santé. « C’est le cas au Royaume-Uni concernant l’AstraZeneca. C’est un vaccin à vecteur viral (contient une version affaiblie du virus ; NdlR) », explique le Dr Poorun. 

Les deux vaccins sont associés à des risques de thrombose, surtout chez les femmes. Dans le cas de l’AstraZeneca, le risque s’élève à 3 sur un million de doses. Cela concerne essentiellement les femmes qui sont sous contraceptifs ou des personnes ayant des antécédents de thrombose. De plus, le vaccin est connu pour provoquer une baisse du taux de plaquettes dans le sang de certaines femmes. 

Cependant, le Dr Vinita Poorun tient à faire ressortir qu’il n’y a pas d’étude publiée à ce sujet sur le Covishield (l’AstraZeneca produit en Inde et largement utilisé à Maurice). « Mais il faut savoir que la COVID-19 triple les risques de thrombose », souligne la spécialiste. 

 

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