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Lutte anticorruption : le comité parlementaire de l’Icac paralysé

icac Shakeel Mohamed, Raffick Sorefan, Joe Lesjongard, Marie-Claire Monty, Toolsyraj Benydin et Rajcoomar Rampertab.

Censé veiller à la bonne marche de la commission anticorruption, le comité parlementaire sur l’Icac est totalement paralysé. Ses six membres, des députés, sont censés se rencontrer chaque mois. Cette fois, ce sont cinq mois qui séparent la dernière réunion de la prochaine.

Alors que le directeur général de l’Independent Commission against Corruption (Icac), Navin Beekarry, est sous un feu roulant de critiques de l’opposition et du public, le comité parlementaire qui veille à sa bonne marche ne se réunira qu’en février. La dernière rencontre s’est tenue en octobre, alors que le comité est censé se réunir chaque mois.

Shakeel Mohamed, député travailliste, a réclamé une rencontre d’urgence la semaine dernière pour débattre de la présence de Navin Beekarry à Londres, le mardi 15 janvier, dans le cadre de l’affaire MedPoint devant le Privy Council. De l’avis quasi général, le comité parlementaire a un fonctionnement loin d’être satisfaisant. « Le comité est une bonne chose, mais ce sont ses membres qui font de lui une instance respectable. Nous sommes censés nous réunir une fois par mois. C’est loin d’être le cas », reproche Shakeel Mohamed, seul député de l’opposition, après que le Mouvement militant mauricien (MMM) et le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) se sont retirés du comité.

« Nous n’avons plus confiance en l’Icac. Rien ne nous permet de lui faire confiance. Alors pourquoi siéger à ce comité ? » demande Dan Baboo, Whip de l’opposition. Même son de cloche au MMM : « On ne croit pas en l’Icac. Elle n’a rien d’indépendant. »

Ce qui est étonnant c’est que des critiques fusent même au sein de la majorité. « Ce comité est inutile. On ne sait rien de ce qui se passe à l’Icac. Y siéger est une perte de temps. L’Icac fait son petit business comme elle l’entend », déplore un député de la majorité.
Joe Lesjongard, président du comité parlementaire et adjoint-Speaker, concède que cette instance ne fonctionne pas. Il accuse l’opposition pour cela. « On a un problѐme. Quand le PMSD et le MMM ont décidé de ne plus envoyer personne y siéger, ils ont déséquilibré son fonctionnement. Cette situation, j’en ai hérité. L’absence des membres de l’opposition, à l’exception de Shakeel Mohamed, rend difficile l’obtention du quorum nécessaire pour se réunir », affirme Joe Lesjongard.

Le comité parlementaire sur l’Icac compte six membres : Joe Lesjongard, Toolsyraj Benydin, Marie-Claire Monty, Rajcoomar Rampertab, Raffick Sorefan et Shakeel Mohamed. L’article 59 (2) de la Prevention of Corruption Act stipule que le comité parlementaire doit compter neuf membres, donc cinq désignés par le Premier ministre et quatre par le leader de l’opposition.

Des questions sur la commission pas autorisées

L’opposition affûtait ses armes pour le 26 mars, date de la reprise des travaux parlementaires. Elle voulait poser des questions sur le fonctionnement de l’Icac et la présence de Navin Beekarry, directeur de la commission, à Londres dans le cadre de l’affaire MedPoint devant le Privy Council. Mais l’opposition devra réfréner ses ardeurs.

Un de ses députés, qui s’apprêtait à envoyer une question parlementaire, a été informé par le bureau de la Speaker de l’Assemblée nationale qu’il ne pourra pas le faire.  « Le protocole veut que les questions soient traitées par la commission parlementaire sur l’Icac. Comme cette instance existe déjà, il n’y a pas lieu pour les députés de poser des questions sur l’Icac au Parlement », avance le député.

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