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Lors d’une bagarre : son poignet est sectionné le premier jour de l’an

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Shane Mackenzie Heureuse, 46 ans, un habitant de La Tour Koenig, a eu un poignet sectionné, le samedi 1er janvier. Cela, après que Jean Clarel Marday, 40 ans, l’ait infligé d’un coup de « kouto sinwa », lors d’une bagarre sur l’aire de stationnement d’un centre commercial de sa localité. 

Le jeudi 6 janvier, Shane est revenu sur le jour fatidique, soit le premier jour de cette année 2022. Il raconte qu’il est sorti pour acheter du pain. Il a remis de l’argent à un ami qui était dans une file d’attente. Entre-temps, il a échangé quelques mots avec deux autres amis du quartier. À un moment, après avoir récupéré son pain chaud qu’il dégustait, il a entendu des injures à son égard. « To pou arete vinn dan sa lendrwa la twa. »

Au même moment, Jean Clarel Marday s’est dirigé vers un colporteur, qu’il a bousculé. Shane est intervenu. Le suspect a ainsi abandonné sa première cible, pour s’en prendre à lui. La victime l’aurait aperçu lorsqu’il s’est saisi d’une arme tranchante dans un commerce de poulet frais.

Shane apprend à vivre avec un poignet en moins.
Shane apprend à vivre avec un poignet en moins.

« Linn pran kouto sinwa linn fons lor mwa »

« Linn pran kouto sinwa linn fons lor mwa », raconte Shane. Après un premier coup, il affirme avoir encaissé plusieurs autres. La scène s’est déroulée très vite, et la victime a été atteint au bras, mais sur le coup, il affirme n’avoir pas ressenti des douleurs. Ce n’est que lorsqu’il a été atteint à la tête qu’il a pris un véritable coup. « Monn santi enn kout so lor la tet, e li ti fini koup mo lamin me mo pann realize », relate Shane. 

Des policiers sont alors intervenus. Alors qu’il était à terre, Shane a vu une policière ramasser son poignet sur le sol. « Monn trouv mo lamin dan so lamin, e linn met sa dan enn bwat. Sa enn zafer sokan », confie-t-il.

À ce moment, Shane raconte s’être saisi d’un morceau d’un sac en « goni » pour envelopper son poignet, qui saignait abondamment. La police l’a alors conduit à l’hôpital, alors que son agresseur a été maîtrisé.

Shane Mackenzie Heureuse

Désormais, Shane dit s’interroger sur ce qui adviendra de ses proches. Il affirme qu’il était le gagne-pain de la famille. « Mo tonton 70 zan aveg e diabetik ress ar mwa e mo ena osi mo mama ki vie. Mo mem get zot ». Il raconte être celui qui fait toutes les courses. 

Employé dans le domaine de la construction comme maçon, Shane est conscient qu’il ne pourra plus poursuivre son métier. « Kan monn trouve pena lamin, monn pans mo mama en premie ». Il dit avoir l’habitude de braver les épreuves de la vie pour la survie de sa famille. Il ne cache pas sa fierté qu’une de ses nièces vient de rejoindre la force policière. « Nou ti pou fet sa me inn ariv sa maler la... »

Commentant l’origine de la dispute, il affirme que son assaillant est, depuis toujours, de nature à provoquer. Il explique que depuis qu’il est venu vivre dans sa localité huit ans de cela, il a multiplié les disputes. Shane est attristé qu’il ne pourra plus s’adonner à sa passion qui est la boxe et le basketball. « Depi tipti mo ti pe foss laz pou al fer la box... », confie-t-il avec un sourire. 

Désormais, c’est une nouvelle vie que Shane compte démarrer. Il est catégorique, il explique qu’il veut demeurer indépendant, même avec un poignet en moins. Il regrette cependant avoir eu des échanges avec son assaillant ce jour-là. « Si mo pa ti ouver mo labous, pa ti pou ariv sa », déplore Shane.

« Linn pran kouto sinwa linn fons lor mwa ».
« Linn pran kouto sinwa linn fons lor mwa ».

Shane confie qu’en décembre 2020, Jean Clarel l’avait agressé avec une arme blanche, durant la période des fêtes de fin d’année. Il avait eu des coupures au visage lors de cette agression.

L'uniforme du constable Reeaz Teelhawood.
L'uniforme du constable Reeaz Teelhawood.

Un acte de bravoure risqué

Le constable Reeaz Teelhawood, est le policier qui a désarmé Jean Clarel Marday, avant de le maîtriser avec l’aide de ses collègues. Il explique qu’au moment des faits, sa priorité était de sauver la vie de l’homme en détresse. « Monn santi ki agreser la kav tape pou touye ». À cet instant, le constable Teelhawood s’est rué vers les deux protagonistes qui se battaient. Il a approché l’agresseur par derrière, avant de le désarmer. Il a ensuite sécurisé le couteau sous son pied. Entre-temps, d’autres policiers sont intervenus pour éloigner l’arme du suspect. « Li ti pe rod repran sa pou tape… ». 

La scène a été filmée et Reeaz Teelhawood affirme que la vidéo est devenue virale. Ses proches ont été plusieurs à le féliciter, tout comme ses collègues. Il se dit encouragé par les commentaires du public sur les réseaux sociaux. « Monn fer mo travay kouma bizin e mo ban superyer inn felisit mwa. »

Le suspect fait l’objet d’une enquête pour agression avec circonstances aggravantes et demeure en détention. L’arme tranchante a été récupérée.

Reconstitution des faits vendredi

Jean Clarel Marday.
Jean Clarel Marday.

Dans la matinée du vendredi 7 janvier, Jean Clarel Marday a participé à une reconstitution des faits, sur l’aire de stationnement du centre commercial. L’exercice a été placée sous la supervision du SP Armoogum de la CID de Port-Louis Sud. Le suspect a expliqué comment il a subtilisé l’arme tranchante dans une « poultry shop », avant de se ruer vers la victime et l’assener des coups avec. Il a indiqué l’endroit où lui et Shane Heureuse ont eu les premiers échanges ce jour-là. Une Woman Police Sergeant (WPS) a aussi participé à l’exercice. Elle a montré l’endroit où elle a récupéré le poignet sectionné de la victime. L’exercice s’est déroulé sous les caméras du Scene of Crime Office. Le policier Teelhawood a aussi participé à l’exercice. Il a expliqué comment il est intervenu pour maîtriser Jean Clarel Marday, avant de le désarmer. 
 

 

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