Loreto Junior School de Curepipe : deux plaintes pour attentat à la pudeur consignées contre l’ex-enseignant
Par
Annick Daniella Rivet
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Annick Daniella Rivet
La direction du Loreto Junior School de Curepipe a signalé, vendredi, deux cas présumés d’attentat à la pudeur impliquant des élèves de 11 et 12 ans. Si l’enseignant a déjà été licencié, les parents, soutenus par la PTA, dénoncent, eux, des retards dans les démarches et exigent que les instances compétentes agissent sans délai.
De rebondissement en rebondissement. L’affaire de mœurs qui secoue la Loreto Junior School de Curepipe et qui a retenu l’attention pendant toute la semaine, a connu un nouveau développement vendredi après-midi. Une plainte a été logée au Family Support Service de Phœnix. La direction évoque deux cas présumés d’attentat à la pudeur concernant des élèves âgées de 11 et 12 ans, inscrites en Grade 7. Il est indiqué que l’enseignant mis en cause a été suspendu de ses fonctions en 2025 avant d’être licencié cette année.
Lors de la déposition, il est précisé que c’est à la suite d’une enquête interne que les faits auraient été révélés. Du côté du ministère de l'Égalité des genres et du Bien-être de la famille, il revient que les deux enfants recevront un soutien psychologique. Cependant, les parents sont désormais encouragés à porter plainte auprès de la police. Contactée, Sœur Marie-Ange, co-responsable de l’Institut de Lorette, s’est refusée à tout commentaire.
Le Dr Mahend Gungapersad, ministre de l’Éducation, a indiqué que les services du ministère donneront tout le soutien voulu aux victimes. « Pour nous, c’est zéro tolérance concernant des cas d’abus envers les enfants. J’encourage toutes les victimes à venir de l’avant et à la police d’agir en conséquence. Il nous faut protéger les enfants. »
Pour sa part, le président de la Parents Teachers’ Association (PTA), Jean-Luc Rancier, précise que les parents ne comptent pas rester les bras croisés. « Nous souhaitons savoir pourquoi il n’y a pas eu de déposition pour les anciens cas ? » Il dit ne pas comprendre comment, lors de la réunion de jeudi, il a été affirmé qu’une plainte avait déjà été déposée, alors que ce n’était pas le cas. « Ils essaient de noyer le poisson. Pourquoi la plainte a-t-elle été déposée tardivement ?
Pourquoi rien n’a été fait pendant tout ce temps ? » Jean-Luc Rancier souligne que les instances compétentes doivent agir dans les plus brefs délais.
Par ailleurs, nous avons essayé, par plusieurs moyens, de contacter la personne pointée du doigt pour une déclaration, mais nos nombreuses tentatives sont restées vaines.
Caroline (nom d’emprunt) a 26 ans. Elle raconte, en exclusivité, l’emprise qu’elle a subie adolescente, dans une relation avec un adulte en position d’autorité. En brisant le silence, elle veut protéger les élèves d’aujourd’hui et de demain.
Son récit met en lumière l’emprise psychologique et les séquelles durables.
« Je veux que les choses soient très claires. Si je parle aujourd’hui, ce n’est pas pour créer un scandale, c’est parce que je sais ce que cela fait à 14, 15 ou 16 ans de se retrouver prise dans une relation avec un adulte qui détient l’autorité, l’expérience et le pouvoir. À cet âge-là, on ne comprend pas qu’on est en train d’être conditionnée. On croit être spéciale, on croit être aimée, on croit choisir mais en réalité, on est progressivement isolée, influencée, façonnée psychologiquement. C’est cela l’emprise et quand on réalise ce qui s’est passé, il est souvent trop tard, l’estime de soi est brisée, les repères sont confus, la confiance est détruite. Je vis encore aujourd’hui à 26 ans avec les séquelles de cette relation.
Si je trouve le courage de parler, c’est parce que je refuse qu’une autre mineure traverse ce que j’ai traversé. Ma plainte est un acte de protection, elle vise à protéger les élèves actuelles et futures, parce que lorsqu’un adulte en position d’autorité franchit les limites avec une mineure, ce n’est jamais une histoire privée, c’est une question de sécurité collective.
Je dois aussi dire ma profonde déception face à la gestion de cette affaire. Lorsqu’une institution scolaire est alertée, sa priorité absolue devrait être la protection des enfants et le soutien psychologique des victimes. Or, ce que j’ai ressenti, c’est une volonté de préserver une image, une réputation plutôt que d’assurer un encadrement clair et des mesures de protection visibles. Et cela, je le dis avec gravité.
Quand une institution protège son image avant ses élèves, elle fragilise la confiance de toute une communauté. Je ne parle pas par haine, je ne parle pas par vengeance, je parle parce que le silence protège les abus et que la parole protège les enfants. Si mon témoignage aujourd’hui peut éviter à une seule mineure de vivre la même chose que j’ai vécu… alors il aura servi à quelque chose. »
En juillet 2025 : Après un spectacle de l’école, une photo est publiée sur Facebook. Un commentaire est aussitôt publié demandant comment cet enseignant pouvait-il encore exercer à l’école. La photo est par la suite enlevée.
13 août : Une jeune femme, qui étudie en Australie, décide d’adresser une plainte à la direction de l’école. Elle le fait avec sa meilleure amie qui, elle, étudie en France. Dans sa plainte, elle décrit les dommages psychologiques subis. Elle écrit aussi avoir eu ses premiers rapports sexuels à l’âge de 15 ans, étant encore mineure avec un homme de 25 ans son aîné.
18 août : Une enquête a été diligentée et l’employé mis en cause suspendu. Un communique de l’école est envoyé aux parents pour les informer et les rassurer.
11 février 2026 : Une lettre de l’école adressée à la victime lui fait savoir que l’enseignant ne faisait plus partie du personnel.
13 février : Une vidéo de 5 minutes 56 secondes est mise en ligne à 13h13 sur TikTok. Générée par l’intelligence artificielle, elle retrace la chronologie de l’affaire et promet d’autres révélations.
14 février : Le Défi Plus publie en exclusivité cette affaire dans son édition du samedi. Le ministre de l’Éducation, le Dr Mahend Gungapersad, et l’Ombudsperson for Children, Aneeta Ghoorah, appellent tous deux à la vigilance. Ils rappellent que la loi prévoit des sanctions sévères pour les abus sexuels sur des mineurs de moins de 16 ans.
Le même jour, la direction de l’établissement écrit aux parents d’élèves. Elle les invite à participer à une rencontre pour le jeudi 19 février.
Mercredi 18 février : Une autre vidéo montrant la photo d’un homme où le prénom et le nom sont indiqués fait surface sur TikTok. Il est décrit sur cette plateforme comme « le prédateur ».
Jeudi 19 février : La direction de l’école émet un communiqué où elle fournit des précisions sur la gestion de cette affaire. Il est indiqué que la direction du Loreto Institute a réagi aux allégations d’abus visant un ancien enseignant. L’établissement souligne que certaines accusations jugées hautement diffamatoires, relayées anonymement sur les réseaux sociaux le 13 février 2026, l’accusent à tort d’une prétendue volonté d’étouffer une affaire nécessitant une transparence totale.
Le Loreto Institute rappelle qu’en juillet 2025, il avait demandé à une personne se déclarant victime d’un présumé abus, survenu une dizaine d’années plus tôt, de formaliser ses griefs. La plainte reçue, la direction a immédiatement, compte tenu de la gravité des faits, sollicité l’avis d’un Senior Counsel et mis en place un processus juridique strict. Une enquête indépendante a été ouverte, l’employé mis en cause suspendu à titre conservatoire dès le 18 août 2025, et un communiqué a été envoyé aux parents pour les informer et les rassurer.
L’employé concerné ne fait désormais plus partie du personnel. La présumée victime et son témoin ont été informés, et il leur a été indiqué qu’une éventuelle plainte pénale relèverait de leur seule initiative, dès lors qu’elles sont majeures.
Le même jour, la direction de l’école rencontre les parents lors de trois réunions distinctes. À la sortie, les propos des parents traduisaient la colère et le mécontentement. Plusieurs d’entre eux dénoncent un manque de transparence de la direction.
Vendredi 20 février : Vers 13 heures, la directrice de l’école a porté plainte au Family Support Bureau à Phœnix pour deux cas allégués d’attentat à la pudeur (attempt upon chastity).