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Litige : les déboires d’un Suisse à Maurice

Marc Henri Collaud Le Suisse dit qu’il doit traverser les terrains de deux voisins pour accéder à sa propriété.

Marc Henri Collaud s’est installé à Maurice il y a quatre ans. Depuis, ce Suisse de 69 ans n’a fait que rencontrer des problèmes, notamment au niveau d’un passage menant au terrain qu’il a acheté. Il a soif de justice.

Marc Henri Collaud, un Suisse de 69 ans, assure sa propre défense en Cour dans un litige qui l’oppose à son voisin. L’étranger, qui s’est installé à Maurice il y a quelques années, disait avoir rencontré plusieurs difficultés avec un passage menant au terrain qu’il a acheté à Terre-Rouge en 2014.

Pour faire valoir ses droits, il avait retenu les services de plusieurs hommes de loi. Il se dit cependant très déçu. « J’ai retenu les services d’au moins une douzaine d’hommes de loi, dont certains sont très connus sur l’île. J’ai dépensé près de Rs 150 000 avec eux.  Vous savez quoi ? J’ai l’impression qu’ils ont plutôt soutenu la partie adverse », estime le Suisse. Ne faisant plus confiance à ses avocats, il a décidé, il y a trois ou quatre mois, de se passer de leurs services. Il défend donc lui-même son cas devant la Justice.

Une prochaine audience est prévue dans quelques jours. Marc Henri Collaud devra se défendre contre quatre inspecteurs du département sanitaire du ministère de la Santé. Car alors qu’il réclame justice dans le litige en cour, c’est lui qui se retrouve maintenant dans le box des accusés. Le département sanitaire lui reproche d’avoir laissé une fosse septique pour des toilettes à un endroit de sa propriété. Sauf qu’il affirme qu’il n’y a jamais eu de toilettes à cet endroit, « tout simplement parce qu’elles n’ont jamais été construites ».

Pour bien comprendre l’affaire, il faut remonter à 2014. Année durant laquelle le Suisse a acheté le terrain. Ce lot d’une superficie de 300 toises se trouve en troisième position des propriétés existantes. Le plaignant affirme qu’on a modifié la largeur de la voie de sortie du terrain.

Arpentage

Marc Henri Collaud précise que dans le procès-verbal d’arpentage en date du 8 juillet 2014, il est indiqué que l’accès mesurait plus de 20 pieds. Or, au moment de la signature du contrat, la même voie est passée à six pieds de largeur. Les mesures étaient écrites en anglais alors que tout le reste était en français. Comment expliquer ce rétrécissement ? s’interroge-t-il.

Après que Marc Henri Collaud a acheté son terrain, un voisin a demandé un nouvel arpentage. L’exercice a eu lieu le 26 décembre 2014. Le Suisse a constaté que la voie menant à son terrain avait encore été modifié. Conséquence : pour avoir accès à sa propriété, il doit passer à travers deux autres terrains dont les propriétaires n’avaient pas été informés du problème.

Ce n’est pas tout. Le voisin a fait construire un mur en béton sur le passage. Alertée, la police de Terre-Rouge est intervenue à deux reprises pour lui demander de suspendre les travaux. Mais il est passé outre. Les travaux se sont poursuivis et ils ont été achevés. Aujourd’hui, un mur de plus de 2,5 mètres se dresse sur le passage. « Les fondations sont fragiles. D’ici deux à cinq ans, il commencera certainement à pencher sur mon terrain », estime Marc Henri Collaud.

Dans l’espoir de trouver une solution, le Suisse dit avoir frappé à toutes les portes. D’abord celle du conseil de district de Pamplemousses, mais sans résultat. Interrogé, le président du conseil de district de Pamplemousses, Sunael Purgus, dit que le conseil aurait pu entamer des poursuites contre le voisin accusé d’avoir obstrué le passage de Marc Henri Collaud « si ce dernier n’avait pas encore saisi la justice ».

Aujourd’hui, le Suisse, qui est propriétaire d’un terrain pour lequel il a déboursé Rs 2,2 millions, n’a pas facilement accès à sa propriété. Depuis quatre ans, il doit se faufiler à travers les terrains de deux voisins pour entrer chez lui et pour sortir.