À l’issue du Bureau politique - MMM : la discipline de parti brandie face aux «frondeurs»
Par
Jean-Marie St Cyr, Patrick Hilbert
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Jean-Marie St Cyr, Patrick Hilbert
Réuni le lundi 23 mars, le Bureau politique du MMM a affiché sa majorité en faveur du maintien au gouvernement. Son président Reza Uteem a rappelé les règles constitutionnelles du parti, en l’absence du leader Paul Bérenger et de Joanna Bérenger, qui ne se sont pas présentés à la réunion.
À l’issue du Bureau politique (BP) très attendu du MMM, tenu le lundi 23 mars, le président du parti, Reza Uteem, a dressé un bilan de la participation : sur 37 membres, 22 ont répondu présents, deux se sont excusés et 13 étaient absents. Il a toutefois précisé que parmi ces absents, la majorité sont des membres cooptés récemment, qui n’ont pas de droit de vote.
Lors de la conférence de presse réunissant les députés du MMM ayant choisi de rester au gouvernement, Reza Uteem a tenu à rappeler un fait juridique important : le MMM n’a encore reçu aucune lettre de démission de ses membres. « Tout le monde fait encore partie du MMM, y compris le leader Paul Bérenger, qui a démissionné de son poste de Premier ministre adjoint le vendredi 21 mars, et Joanna Bérenger, qui a renoncé à son poste de Junior Minister à l’Environnement le lundi 23 mars. »
Sur le déroulement de la réunion, Reza Uteem a indiqué qu’il y a eu « des discussions très franches où chacun a pu s’exprimer librement ». Les membres du BP ont également reconnu la contribution de Paul Bérenger à la tête du parti au sein du gouvernement. La réunion a aussi pris acte d’une déclaration que ce dernier avait lui-même formulée le mercredi 18 mars : à l’issue de son point de presse, Paul Bérenger avait indiqué que la « grande majorité » des membres du Comité central (CC) avait décidé que le MMM ne devait pas quitter le gouvernement.
C’est précisément sur cette décision du CC que Reza Uteem a fondé son argumentaire constitutionnel. Il a rappelé que si le MMM « préconise le droit à la différence d’opinion » et que chacun est libre de s’exprimer, « la discipline du parti doit prévaloir ». Il a ainsi réaffirmé la hiérarchie des instances : l’Assemblée des délégués est l’instance suprême du parti et, entre deux réunions de cette assemblée, c’est le CC qui fait autorité. « Quand le CC décide, dans sa ‘grande majorité’, que le MMM doit rester au gouvernement, le MMM n’a pas le droit d’aller à l’encontre de son CC », a-t-il martelé.
S’adressant à ceux qui se réclament des valeurs du militantisme, le président du MMM a été catégorique : ils doivent commencer par respecter la constitution du parti. « La discipline, c’est cela la valeur du militantisme », a-t-il lancé.
Pour la suite, Reza Uteem a annoncé la tenue d’un CC le samedi 28 mars à la salle du conseil de la mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill, où les représentants des divers comités régionaux pourront s’exprimer sur la situation. Il a également souligné que la composition de la réunion du BP — avec la présence du président, du secrétaire général, des quatre leaders adjoints, ainsi que des présidents de l’aile jeune et de l’aile féminine — témoigne du fait que la grande majorité des membres du BP soutient la décision du CC de maintenir le MMM au gouvernement.
Une série de départs est intervenue lundi. Parmi, Shaffick Ahmad, qui a soumis lundi sa lettre de démission en tant que Senior Advisor au Bureau du Premier ministre adjoint. Shaad Chellapermal a, pour sa part, quitté son poste de président du National Youth Council. « Je suis et je serai toujours dirigé par mes principes et vraies valeurs militantes », dit-il. L’avocat Nabil Moolna a, de son côté, indiqué que, « fidèle aux valeurs militantes et à l’homme qui les incarne », il démissionne comme conseiller auprès de l’Attorney General. « J’observerai personnellement un devoir de réserve quant à l’action gouvernementale, par respect pour la confiance que m’a témoignée Gavin Glover. Je lui souhaite bonne chance. Le pays avant tout. » Kishore Pertab, autre Senior Advisor (Policy and Strategy) au Bureau du Premier ministre adjoint, souligne qu’il a également décidé de se retirer de son poste de membre du conseil d’administration de l’Economic Development Board et de ses sous-comités. Les autres conseillers de Paul Bérenger, Daniella Bastien et Vijay Makhan, ont eux aussi renoncé à leurs fonctions vendredi.